SCENE I
Georges Durand (^seu/, en costume de voyage').
Tel que vous me voyez, j'arrive directement de Calcutta. Voilà cinq ans que je parcours le monde à la recherche de...l'inconnui et le résultat clair de mes poursuites se résume en une conviction, bien arrêtée chez moi, qu'il n'est rien de nouveau sous le soleil... C'est une information que je donne gratuitement au public, quoiqu'elle me coûte bien cher, à moi. ..Oui, sapristi, cher est le mot, puisque mon patrimoine tout entier y a passé et que je me trouve, en conséquence, réduit à ma plus simple expression, comme puissance financière. ..Une situation semblable n'est pas gaie, à la vérité, mais elle présente toujours son bon côté ; et comme j'ai pris pour habitude, depuis que la fortune me tourne le dos, de ne regarder qu'au bon côté des choses, je m'en tiens à mon habitude... Au reste, plus j'envisage ma position, plus j'y trouve des motifs de contentement, ..D'abord les soucis et les inquiétudes de la richesse ne troublent pas mon sommeil j je suis parfaitement indifférent aux variations de la Bourse ; les accidents de hausse et de baisse ne m'affectent pas le moins du monde ; je n'ai plus, en un mot, qu'à concentrer toutes mes préoccupations sur mon intéressante individualité. ..Il est vrai qu'elle est, pour le quart d'heure, d'un placement un peu difficile, mon individualité... Mais cela ne m'inquiète guère. Ma famille a bon nom, mon frère Edouard est bien posé dans le commerce. Pourquoi ne pas escompter le crédit de ma parenté ?.. .C'est pour tenter une première expérience de cette nature que je veux renouveler connaissance avec cet excellent M. Bonval avant de me présenter chez mon frère... On conçoit que ce ne serait pas gentil de tirer sur lui en arrivant. ..Mais, j'entends venir mon homme ; préparons-nous à l'assaut.
ERREUR n'est PAS COMPTE 277