‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 108 sur 139 · GEORGES, ELMIRE · texte numérisé non relu

GEORGES, ELMIRE

Georges {à pari').

Tiens, ce n'est pas lui ! ,., . ,..:.•,.■ .r ?.

Elmire.

Ah ! vous voilà, enfin !

Georges {à pari).

Il paraît que nous sommes en pays de connaissance. {Haui.) Mais oui, mademoiselle, me voici.

Elmire. ' . . ■

Vous ne pouviez arriver plus à propos.

Georges.

Vraiment ! {A pari.) Où donc m'a-t-elle connu, celle-là?

Elmire.

J'ai eu fort à faire, allez.

J'en suis désolé, veuillez m'en croire.

Elmire.

Oh ! mais les choses ont bien tourné à la fin.

Georges.

Alors j'en suis des plus charmés. {A pari.) A quoi veut-elle en venir, définitivement ?

Elmire.

Tout s'est arrangé au gré de nos désirs.

Georges.

C'est fort heureux ! {A pari?) Je veux qu'on me pende si je comprends quelque chose à tout ceci !

Elmire.

D'abord, il ne voulait pas entendre parler de notre union.

Georges.

De notre union, dites- vous ?

El.mire,

'^ui, et sa première pensée a été de vous interdire la maison.

Georges (à part).

Ah çà ! que me chante-t-elle donc enfin ? serais-je devenu le fiancé d'une inconnue et sans le savoir!

El.mire.

Mais toute notre difficulté roulait sur un malentendu ; nous étions, l'un et l'autre, sous la plus étrange des méprises.

Georges {à part).

Je pense que la méprise se continue.

Il vous prenait pour un autre.

Georges {à part).

Ma foi, je ne sais pas s'il n'avait pas raison ; je commence moi-même, à douter de mon identité.

Elmire.

Ah ! si vous aviez vu sa colère quand je lui ai dit que je n'en épouserais jamais un autre que vous.

Georges.

Vous lui avez dit cela? {A part?) Au fait, elle commence à m'intéresser, cette enfant-là.

Elmire.

Vous étiez, disait-il, un étourdi, un fainéant dont la seule préoccupation, dans le moment, était de mettre la main sur son argent...

Georges (à part).

Aï ! Aï ! Il paraît que le bonhomme a reçu de mes nouvelles !

ERREUR n'est PAS COMPTE 279

Elmire {riant).

Et tout ce temps-là, figurez-vous que j'avais oublié de lui dire votre nom.

Georges {à part).

A la bonne heure ; cela me rassure un peu.

Elmire.

Et quand je vous ai nommé !

Georges.

Vous m'avez nommé !

Sans doute; que vouliez- vous que je fisse ?

Mais comment avez- vous fait pour me nommer?

Elmire.

Il m'en a bien coûté, je vous assure ; mais, une fois la glace rompue, j'ai compris qu'il ne fallait plus reculer, et j'ai tout avoué.

Georges.

Vous avez tout avoué !

Elmire.

Oui, et lorsqu'il a appris qu'il s'agissait de vous, oh ! alors sa colère a fait place à une joie immense. ..C'était précisément vous qu'il avait rêvé pour son gendre.

Georges (à /ar/).

Décidément, c'est elle qui rêve !

Elmire.

Alors, comme vous le pensez bien, toutes les difficultés se sont aplanies et son consentement ne s'est pas fait attendre.

Georges.

Mais comprenons-nous un peu s'il vous plaît, mademoiselle. EteF-vous bien sûre que c'était de moi qu'il s'agissait ?

28o mélanges poétiques et littéraires

Elmire.

En voilà une question, par exemple; je crois vraiment, mon cher ami, que le bonheur vous fait déraisonner.

Georges {à part).

Il y en a certainement un de nous deux qui déraisonne.

Au reste, c'est tout naturel. ..Quant à moi, je suis presque folle de joie.

Georges {à part).

Pourvu qu'elle n'ait que cette folie-là.

Elmire.

Maintenant que j'ai donné le premier assaut, vous ne devez plus hésiter à poursuivre l'attaque ; mon père est sur le point de rentrer et je vous laisse à l'attendre... Allons, bonne chance ! {Elle sorï.)

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