‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 109 sur 139 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

' ' Georges (seul).

Oh ! mais je m'y perds de plus en plus ! Moi, Georges Durand, arrivé ce matin en ligne directe de Calcutta, moi, le fiancé de cette jeune personne que je n'ai jamais vue!. ..Y comprenez- vous quelque chose, vous autres ? Il y a certainement là-dessous quelque malentendu... Mais qu'importe ; le rôle d'amoureux me sourit assez dans le moment et je m'y prête sans résistance, en attendant que les choses se débrouillent. {Il chante.)

L'aventure est amusante, Je n'y comprends rien, ma foi ; C'est quand je ne suis plus moi, ) . Que j'ai les vœux d'une amante.

Mon succès n'est pas flatteur Pour un homme qui s'estime ; Mais c'est un triomphe intime Pris sur mon compétiteur.

Puisque c'est nous que l'on aime Quand on nous prend pour autrui, 11 vaut mieux rester ainsi Que de passer pour soi-même,

[ bîs.

bis.

ERREUR n'est PAS COMPTE 281

C'est bien singulier tout de même et je ne comprends pas... (// réfléchit.^ Tiens 1 tiens!! tiens!!! J'y suis maintenant!... Parions que c'est au profit de ce coquin d'Edouard que je joue au fiancé depuis un quart d'heure. ..Pourtant j'aurais cru que notre ressemblance d'autrefois se serait un peu perdue pendant mon long voyage... Mais il paraît que les accidents de la fortune n'ont pas altéré ma bonne mine et que je suis toujours \ç. fac-similé de mon digne frère... Tant mieux après tout; ces complications ne pourront qu'aider au succès de mes petites entreprises et, puisqu'on le veut absolument, je consens à demeurer, jusqu'à nouvel ordre, le futur gendre de mon futur créancier...

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