LETTRE-PREFACE
a exercer votre verve satirique sur ces vices qui déchaînent les colères des moralistes, onais bien 'plutôt à railler sur de faibles écarts de conduite ou de petits ridicides. Toutes ces pièces dénotent une entente remarquable, un sens étendu de l'art théâtral et une optique exacte des exigences de la scène.
Voyons, par exemple, comme dans Un bonheur en attire un autre, l'action est sûrement condAiite. Nous sommes en préi^ence d'un ménage bien assorti, où le soleil du bonheur luit sans cesse. Un instant, cependant, on a la sensation que ce bonheur est menacé. Mais une explication amenée à propos dissipe le nuage et Gontran, modèle des maris, retrouve dans Hélène la perle des femmes.
Nous avons, nous. Canadiens, à ce qu'il paraît, " les défauts de nos qualités." Entendant l'hospitalité comme les Montagnards écossais de la Dame l)lanche, nous l'accordons parfois trop facilement à des étrangers peu recommandables. Mal nous en prend trop souvent, comme l'éprouve le pauvre M. Dwmont des Faux brillants, qui s'en laisse imposer par un Faquino quelconque, faux baron, au beau ramage, comme il en tombe de temps à autre dans notre monde. L'imposture est bientôt démasquée, non sans que le trop accueillant Dumont ait reçu une bonne leçon dont on pourrait profiter ailleurs.
C'est une ra,re élégance de style et une grande facilité de dialogue qui font la valeur des vaudevilles le Lauréat et Fatenville. Ces deux compositions nous offrent des couplets lesteme7it tournés et d'une coupe artistique. Comme la musique doit bien se marier à ces paroles ailées !
Le volume se ferme sur divers travaux ou se fait remarquer une satire de quelques cents vers dans lesquels les travers du jour sont, à bon droit, fort malmenés. Comme dans les compositions qui précèdent, il y a à noter ici des vers de facture élégante, une prose qui coule de source et d'une fort agréable lecture.
Il m'est arrivé de me demander, mon cher collègue, pourquoi vous vous étiez tourné vers les fictions dramotiques