‹ Melanges poetiques et litteraires. --Chapitre 96 sur 139 · SCENE XXI · texte numérisé non relu

SCENE XXI

FATENVILLE, DUCLOS Fatenville.

Legrand !

Duclos {ouvrant la lettre).

Vous permettez ?

Fatenville.

Sans doute. {A part.) Si c'était celui que je connais ! Tâchons de découvrir.

{Pendant que Duclos s'approche de la rampe., met ses lunettes et parcourt la lettre., Fatenville le suit et cherche., le lorgnon à rœil, à /ire par-dessus son épatile.)

Duclos {A part).

Madame de Beauvoir morte subitement!... Grand Dieu, est-ce possible!... Et notre ami Arthur son légataire universel!... Comme les choses vont dans ce monde ! Au fait, je me suis toujours beaucoup intéressé à ce pauvre Arthur et si les affaires n'étaient pas aussi avancées.... Mais poursuivons... Qu'est-ce que je vois là !... Fatenville un imposteur ! un avocat sans causes... qui passe son temps à poser aux coins des rues... qui a ruiné son père par ses extravagances!... Oh! ce doit être une erreur... Pourtant c'est Legrand qui m'écrit cela; Legrand qui ne ment jamais... Il

faut qu'il y ait quelque chose... {//se ret02irne vrcement et surprend Fate?ivi/le, qui lève prompttvient la vue vers le plafond et reste dans cette attitude pendant qjte Duclos le regarde fixemetit pour qjielques instants^

Duclos {après une pause, contenant sa colère). Que faites- vous là, monsieur?

Fatenville {embarrassé).

Je... Je... J'examinais... ce... ce...

Duclos {éclatant).

Infâme imposteur ! c'est ainsi que vous trompez ma confiance ! Je me permettais encore de douter même des paroles sf franches de mon meilleur ami... Mais ce dernier trait m'a ouvert les yeux... Sortez d'ici, vil intrigant 1

Fatenville {se remettant et prenant un air de dignité offensée).

Monsieur, je ne suis pas habitué à un pareil langage et je ne souffrirai pas que Ton insulte ainsi à ma dignité sans me pourvoir en justice

Duclos {le saisissant par les épaules et le poussant dans les coulisses).

Sortez, vous dis-je, et prenez contre moi toutes les procédures qu'il vous plaira; cela vous fournira peut-être l'occasion de plaider votre première cause.

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