‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 104 sur 120 · PREMIÈRE PARTIE 32l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE 32l

Presque tous nos malheurs ici-bas viennent, en effet, de l'ignorance de nos passions et de notre faiblesse à les réprimer.

L'antiquité païenne, malgré son égoïsme éhonté, l'avait si bien compris, que ses écoles philosophiques les plus florissantes étaient celles qui avaient pris la bonté comme base de leur enseignement. Pour leurs vertus, dont principalement la Bonté, la Grèce antique honorait les sept sages à l'égal des dieux.

Ainsi que l'Hellade, autrefois, nous prisons peu maintenant l'orgueil d'Antisthène, drapé dans son manteau troué, comme un roi dans sa pourpre ; le stoïcisme de Zenon, insensible à la douleur, ou le cynisme de Diogène, habile à cribler les Athéniens de ses sarcasmes ; mais nous admirons la sublime doctrine du divin Platon et de Socrate, son maître. Quelle admirable et douce figure que celle du fils de Sophronisque ! Il unit son destin à celui de l'acariâtre Xantippe, pour s'exercer à la patience, consacre ses jours au perfectionnement moral de ses concitoyens et boit avec calme et sans murmures, au milieu dé ses disciples éplorés, la ciguë, récompense des Athéniens pour tous ses bienfaits !

Si la bonté d'un païen fut telle, quelle ne doit pas être la nôtre, dont les racines plongent aux sources mêmes du Christianisme!

Nous n'avons jamais, bien entendu, les deux genres de bonté dans toute leur plénitude : ce serait l'âge d'or sur la terre ; mais nous devons toujours, jusqu'à la tombe, consacrer tous nos efforts à les accroître en nous, à les propager dans le monde. Pour s'en persuader, il suffira d'envisager leurs résultats heureux pour la famille et la société.

C'est ce que nous allons considérer dans la seconde partie de cette étude.

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