DEUXIEME PARTIE
Résultats de la Bonté.
-r^ouR mieux saisir les résultats salutaires de la Bonté, nous --*" allons envisager la famille et la société actuelles, où cette vertu règne, hélas! parfois si peu. Nous montrerons ensuite, par contraste, ce que seraient le foyer et la société si la Bonté les embaumait toujours de son parfum vivifiant.
Le plus grand obstacle que l'homme rencontre ici-bas dans la pratique de la Bonté, c'est l'égoïsme, antithèse même de cette vertu. Ce vice est ancré dans notre cœur au point de ternir nos actions les plus belles.
L'anonymat dans les bonnes œuvres est chose excessivement rare. Combien de gens font des aumônes fastueuses pour voir leurs noms en vedette sur une liste, vont dans les fêtes de charité surtout pour se divertir, entrent dans les cercles philanthropiques par amour des honneurs et de l'autorité, pratiquent enfin la vertu non pour elle-même, mais pour les louanges qu'elle leur attire ! Seuls, les ressorts puissants du Christianisme peuvent, relevant la nature humaine si terre à terre livrée à ses seules forces, ennoblir le mobile de nos actes. Ces ressorts font-ils défaut, la vie du mortel justifie trop souvent la parole énergique du grand comique latin, Plaute : « Homo homini lupus — l'homme est un loup pour l'homme. » Oui, loup d'autant plus cruel qu'il a, contrairement à la bête, l'intelligence pour nuire et souvent le savoir, puissance formidable, pour commettre le mal avec raffinement et mieux se