‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 110 sur 120 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

et constante n'est guère possible sans la possession simultanée de la religion. Si donc, dans sa sagesse, l'heureux pratiquant de la Bonté pousse encore son zèle ardent et généreux jusqu'à puiser souvent à l'Océan de bonté qu'est l'Eucharistie, pour accroître la sienne, alors il jouira dans son terrestre exil d'un bonheur aussi grand que possible; et, par surcroît, ce bonheur lui méritera l'éternelle félicité, car il est tout fait de vertus, monnaie dont on achète le Ciel. Oh! oui, bienheureux les bons, les doux, les pacifiques, parce qu'ils posséderont la terre et le Ciel! Le Ciel, béatitude éternelle et parfaite, but suprême vers lequel ont convergé tout les efforts des Saints, les travaux des docteurs, les combats des vierges et l'héroïsme des martyrs ! le Ciel dont l'Ecriture Sainte dit : L'oreille n'a point entendu, les yeux n'ont point vu, le cœur n'a jamais pu sentir ce que Dieu réserve à ses élus, dans son royaume !

Hélas! comme la brume, sous la Grande Ourse, interceptant les rayons de l'astre du jour, cache aux pâles habitants du Nord les splendeurs de la nature et fait régner, dans les solitudes glacées du pôle, la désolation et la mort, ainsi, pour un grand nombre, la fumée des passions obscurcit leur intelligence, leur voile les beautés de la vertu, remplit leur âme de tristesse et ruine, pour toujours, leurs destins dans le temps et dans l'éternité.

Ah! s'ils pouvaient chercher, s'ils savaient voir, s'ils voulaient lire et comprendre, ils trouveraient la clef du bonheur, qu'ils pensent rencontrer dans une voie qui conduit aux abîmes!

Pour nous, bien convaincu qu'en la Bonté l'homme trouve le plus grand facteur de sa félicité sur la terre et au delà du tombeau, quelles sont les conclusions à tirer de nos considérations. Nous allons les développer dans la quatrième et dernière partie de cette étude.

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