‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 111 sur 120 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Conclusions pratiques à tirer de cette étude.

OES conclusions, selon nous, se divisent en deux points : nous pouvons être bons et nous devons être bons.

Nous pouvons être bons. Il est des personnes qui possèdent une certaine bonté naturelle, résultant de leur tempérament apathique et paresseux. Cette espèce de bonté, que nous appellerons inconsciente et passive, est peu méritoire, parce qu'elle n'exige guère d'efforts individuels et, dès lors, ne produit presque pas de fruits. Comme un poète l'a dit : « A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire '. » Ce n'est point là ce qui constitue véritablement la Bonté. Nous n'en parlerons donc pas.

Nous envisageons ici la classe des mortels possédant la culture intellectuelle et le don d'observation, doués de cette nature ardente qui produit les grands coupables ou les héros, suivant que leurs facultés tendent vers le mal ou vers le bien. C'est d'elle que sont sortis les Tibère ou les Titus, les Messaline ou les Hélène, les Luther ou les Dominique, les Borgia ou les Jeanne d'Arc.

Pourquoi visons-nous surtout les individus à tempérament de feu? Parce qu'il est évident que, s'ils peuvent être constamment bons, a fortiori pourront l'être ceux qui possèdent l'une des natures intermédiaires, c'est-à-dire comprises entre le lymphatisme et la nervosité.

1 Pierre Corneille, dans Le Cid (acte II, scène II).

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