SCÈNE V
MADAME DE LIMANGE, gOgUeUarde.
Tiens, il paraît que ce nom ne t'est pas indifférent !
RENÉE DE LINON
Oh ! Monsieur de Borand ne pense guère à moi.
MADAME DE LIMANGE.
Non, mais tu penses beaucoup à lui. {Tirant d'un carnet, qu'elle tenait caché, le portrait de Monsieur de Borand et le montrant.) En voici la preuve.
RENÉE DE LINON, vivemeut émue.
Son carnet ! Son portrait !
MADAME DE LIMANGE.
Par lui perdus ici, que tu as retrouvés et gardais précieusement. J'y vois même la trace de ...
RENÉE DE LINON, indignée.
Ma tante, de grâce !... Vous êtes cruelle!
MADAME DE LIMANGE, riaut.
Ah ! petite cachottière ! Tu vois qu'il est parfois bon de fureter dans les affaires des autres; c'est même un devoir lorsqu'on a leur tutelle. J'ai voulu restituer honnêtement à Monsieur de Borand ce qu'il avait perdu chez moi; mais, il m'a priée de le rendre à l'heureux trouveur. Allons, allons, petite sotte, pourquoi ne pas rire comme moi de l'incident? (Elle lui remet le carnet contenant le portrait.)
RENÉE DE LINON, rouglssaute.
Oh ! ma tante, qu'avez-vous fait ? Dans quelle situation je vais me trouver vis-à-vis de Monsieur de Borand !
MADAME DE LIMANGE.
Bah ! bah ! tu n'en mourras pas. Tu me remercieras même, peut-être, de ce que j'ai fait. Attends les suites de l'heureuse aventure. (Elle sort, en riant.)