‹ Mélanges poétiques & littérairesChapitre 90 sur 120 · LE PHONOGRAPHE · texte numérisé non relu

LE PHONOGRAPHE

A cette heure, tu tiens toute ma destinée.

Ah ! consens ou je meurs si ta bouche ne dit :

J'aime mon Alidor, comme lui son Edith !

EDITH, avec finesse.

Je consens, Alidor, je consens !

Ah ! répète toujours ! que je l'entende encor : Je chéris mon Edith, ainsi qu'elle Alidor !

Tiens, l'amour me rend aussi poète! Pas mal, hein! Luc?

LUC DRiAN, lui baisant la main. Chère petite adorée! Tu as toutes les qualités... {Le phonographe recommence pour la troisième fois) :

Oui, c'en est fait, Edith, cher objet de ma flamme...

LUC DRIAN, exaspère.

Ah ! non, par exemple. Assez ! Pamphile... Pamphile... enlève donc cette mécanique !

(Pamphile arrête l'appareil et sort, tout penaud, de derrière le paravent. Madame Lizard et Edith rient aux éclats.)

LUC DRIAN, avec une irritation comique. Ah ! je comprends tout, maintenant. (^4 Pamphile.) Coquin, c'est toi qui t'es permis! Viens ici, gredin... Plutôt, non, va-t-en ! Je ne te veux plus à mon service !

PAMPHILE, simulant la douleur.

Oh ! Monsieur...

EDITH

Et moi, je te prends au nôtre, dans notre futur home. Pour ton châtiment, tu seras le clou de notre prochaine Fancy- Fair, avec cet excellent phonographe, ton complice, et, désormais, nous t'appellerons non plus Pamphile, mais Philophone ou l'Ami moderne.

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