‹ Mélanges politiques et historiquesChapitre 11 sur 44 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La Kiaiico est facile à gouvci iicr. Les causes et les rdsullals (le la riivolulion imposent à son gouvernemenl, ([uel qn’il soit, des conditions que la Charte a remplies. Ces conditions sont les .seules (|ui tiennent à des intén'ts gdmfraux et puissants; le gouvernement (jui les maintient et qui use en m(!*me lempsde tous ses droits ii’a rien à craindre; une senle règle lui importe à suivre, c’est de se mgiitrer, dans sa conduite et dans toutes ses mesui'es, aussi national, aussi (étranger à tout parti, qu’il a voulu l’f'tre et qu’il l’a éld en elTet dans le Iraiti* solennel qu’il a conclu avec la nation. Les partis ne sont redoutables pour un gouvernement que lors- (lu'ils ont dans 1a nation même des racines profondes; et ils n’inquiètent la nation que loi'squ’elle leur suppose, auprès du gouvernement, des appuis

DU GOUVF.HNEMEM’ REPRÉSENTATIF.

et du crédit. ,\ussi esl-ccen essayant de se concilier tantôt la faveur de l’opinion publique, tantôt la bienveillance de l’autorité, qu'ils espèrent acquérir la force qu'ils n’ont point par eu.x-inèines. (pioi tendent les tbéories et les assertions que nous venons de combattre? N’ont-elles pas pour objet de persuader, d’une part, à la France, qu’elle peut se fier, pour le maintien de la Charte, aux hommes qui semblent le plus intéressés à la détruire; d’aulre part, au gouvernement, qu’il a tort de se fier à des hommes que la Charte a eu pour but de lui acqué*rir? On se sert ainsi, pour séduire et endormir la France, des principes que la révolution a produits, et pour effrayer le gouvernement, des lerreui’s que la révolution a laissées: on présente d'une main à la nation le fantôme du despotisme, et de l’autre, au Roi, celui de la révolution; on attaque l’autorité auprès des peuples par les théories républicaines, et les peui)les auprès de l'autorité par les calomnies contre-révolutionnaires; on dit à la France qu’elle n’est gouvernée que par des satellites du despotisme, au roi qu’il n’est servi que par des ennemis de la royauté; et on exige avec la même fureur, de la France, qu’elle croie sur-le-champ ci la convereion des intérêts que la révolution a blessés, du Roi.

MÉLANGIiS POLITIQUES.

qu'il ne croie jamais à la conversion des intérêts que la révolution a fait naître.

Le gouvernement et la nation sont encore, il est vrai, bien inexpérimentés et trop accessibles peutêtre à la méfiance; cependant l’artifice est trop clair pour qu’ils s’en laissent abuser. Puisque de tels moyens n'ont réussi ni en avril I8II1, ni en juillet 1815, ils doivent être impuissants aujourd’hui, car chaque jour le Hoi et la P’rance se connaissent mieux et s’unissent davantage. La session de 1815 avait dû edrayer les amis du trône et de la patiie. La manière dont celte session a été commentée, défendue, pi-éconisée depuis le 5 septembre dernier, a achevé de les éclairer; ils savent maintenant quel est le sens caché de ces mots augustes : religion, justice, morale, liberté, qu’on répète avec tant d’affectation, parce que l’empire qu’on leur connatt doit prêter sa force aux desseins qu’ils couvrent. Nous aussi nous voulons la religion, la liberté et la justice, mais nous les voulons pour le senice de la monarchie, et non pour celui d’un parti; nous les voulons pour affermir l’ordre, et non pour l’ébranler-, pour établir l’union et la paix, non pour semer ia division et le trouble ; nous n’appelons pas ces noms sacrés au secours des réactions, des haines.

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desainhilions, dos délations; nous ne les invo(inons <|ue pour ramener la confiance, répandre pai loul la sécurité, et consolider l’ouvrage de la sagesse royale. Noilà ce ([ne nous deinandoiisà la nouvelle Chambre, et ce (pie nous espérons de s«*s travaux. Si elle répond à l’aUente du Hoi et de la France, les partis déclameront d’abord contre elle; ils useront, pour la décrier, de toutes les armes du mensonge et de la calomnie; ils se diront persi'culés, opprimés; mais loisapie l’œuvre sera consommée, lorscpie la Charte, l’autorité royale et le repos de la patrie seront à l’abri de lenisi atteintes, lorsfjue rinulilit<‘ de leurs elTorts les aura convaincus de leur impuissance, ils viendront enfin jouir avec nous de tons ces biens, que nous ne pourrions plus même esp(;rer si nous étions livrés sans défense à leurs ipierelles et à leur pouvoir.

Juillet ISIO.

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