mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, t. \III
|i. '.r’-Oi.
Digilized by Goc^le
PnÉFAC.K.
liait trop en elTet dans son gouvernement. La patience et le silence sont souvent d’utiles et convenables liabiletés rojab's. Le roi Louis-Pliilippe n’en faisait pas assez d’usage. Il avait sur toutes choses une surabondance d’idées, d’impressions, de velléités qu’il ne prenait pas soin de contenir et, pour ainsi dire, de tamiser assez sévèrement. 11 se laissait trop aller à manifester soudainement, impatiemment, son avis et son désir, et aussi à manifester trop d’avis et de désirs dans de petites affaires qui ne méritaient pas son intervention. ,11 était de plus si profondément convaincu de la sagesse de la politique pacifique, conservatrice et libérale qu'il pratiquait de concert avec les Chambres, il croyait le succès de cette politique si important pour le bien du pays, qu’il lui en coûtait un peu d’en voir attribuer û d’autres le mérite, et qu’il ne pouvait se résoudre à n’en pas réclamer hautement sa part. Ce désir et l’intarissable fécondité, la vivacité, je me permettrai de dire l’intempérance de sa conversation, lui donnaient des aii's d’ingérence continue et de prétention e.vclusive qui dépassaient quelquefois les convenances constitutionnelles. Je suis convaincu que son gendre, le roi Léopold, in-
PUÉFACli.