LA MONARCHIE ET LES HOMMES DE LETTRES
crisio il arracha son mas(|uc; il fusligca sohs son implacable satire les travers des femmes savantes, le pédantisme des médecins, la vénalité des avocals, la sotte et outrecuidante vanité des bourgeois gentilshommes.
La prose et Téloquencc alieignii-enl au même degré de perreclion. Pascal éleva dans ses Provinciales un véritable monument de polémique littéraire. Fénelon, au milieu des orages du quiétisme, trouva moyen de composer en quelques mois le Télémaqiie, livre profond qu'on lit à tout âge et (pi'on admire toujours.
De toutes les formes de gouvernement, la monarchie absolue est sans contredit la plus contraire au sentiment de la justice et aux instincts de la raison humaine. L'homme par sa nature est porté à abuser de tout. Si on lui donne une autorité sans limite, on lui met entre les mains une puissance dangereuse qui se change bientôt en oppression.
Habiter des palais où tous les plaisirs et toutes les jouissances de la vie accourent en foule ; puiser l'or à pleines mains dans des coffres qui ne s'épuisent jamais; être entouré d'un cortège de parasites et de flatteurs qui caressent vos passions et encensent votre orgueil ; sortir escorté d'une garde prétorienne qui vous protège et tient la foule à respectueuse distance ; condamner un homme à mort ou lui faire grâce d'un signe de main ; être la tête et le bras d'une nation qui ne peut penser, agir, se mouvoir, que par vous ; tenir dans les pans de sa robe la paix ou la guerre; diriger à son gré les destinées d'un pays et faire, comme le .Jupiter olympien, trembler le monde d'un mouvemenl de tête, quel rêve I
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Lorstiu'im lioiiiiiic csl ;in"i\(' î\ ces lunilciirs iiicomineiism'al)l(.'s, la \r\c lui loui'iic. le Ncrlii'e seinpjirc (le son ("(M-veaii : il ('<l i\r('. (''Moiii, rascinc (ie ('cHe tiraii(l(Mir siirlniinaiiic 11 ol liahiliu'' à voii- auloiir de lui les lioniiiics si petits el si lampants, (|iic son ('(our se sont pris de dégoût ])Our l'humanité tout onlièro. IMus on s'abaisse devani lui, jtlus son oiguoil gi-anilit, plus sa vuo se Irouhlc 11 regarde la tel re comme son domaine, les peuples comme son troupeau : il lui seiulde, selon l;i magniti(|ue expression du j)()èle. toucher les astres avec son front et imposer sa volonté aux éléments.
Celle puissance sans contrôle produit des etlVls désastreux. Un monarque absolu, sur de l'impunité, foule à ses pieds les lois, la justice, les principes sacrés, la morale éternelle. Il emprisonne ceux qui lui jiai'lent au nom de la conscience humaine; il proscrit ceux ({ui le menacent des imprécations de la postérité. La religion seule, en lui parlant au nom d'un Dieu vengeur, peut mettre un IVein à ses passions.
C'est ainsi que nous apparaît Louis XIV. Son. despotisme fut sans bornes : jKMidant soixante ans la l'^ranee trembla devant lui. 11 ne trembla (jue dev;ud un seul honiine. et cet homme lut liossuet .
liossuet fui. eu elVet, l'homine de lettres |)ar excelleiirc du \\ 11'' siècle. Semblable aux divinités antiques, il rendit ses oracles du liaul d un ti'<''pied sacré, et ce trépied fut une chaire. 11 y eut en lui du l(''gislaleur, du pontife cl du |ti(>|)hcle : sa voix i)laua sur son siècle couiuk^ un ('cho majestueux du ciel.
u Celte voix, dit Lamartine, ne fut jamais profanée « dans les rixes ixissioiinc'es des int(Mvts mondains;