LA BOURGEOISIE ET LES HOMMES DE LETTRES
(les grands écrivains du xyiii'^ siècle, ponr voir à quelles sources ils puisaient leurs inspirations. Voici comment Montesquieu pose le principe du sufïrage universel, qui devait être proclamé un siècle plus lard :
« Le peuple dans la démocratie, s"écric-t-il, ne « peut être monarque que par ses suffrages qui u sont ses volontés. La volonté du souverain est le u souverain lui-même. Les lois qui établissent le droit (( de suffrage sont donc fondamentales dans ce gouu vernement.
« Le peuple qui a la souveraine puissance doit « faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire ; « et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le « fasse par ses ministres.
(( Ses ministres ne sont point à lui, s'il ne les « nomme ; c'est donc une maxime fondamentale de « ce gouvernement que le peuple nomme ses minis- « très, c'est-à-dire ses magistrats. »
Ailleurs, il flétrit le despotisme par une définition étrange, que la démocratie impatiente de nos jours ferait bien de méditer :
« Quand les sauvages de la Louisiane, dit-il, veu- (( lent avoir du fruit, ils coupent larbre au pied et « cueillent le l'ruil : voilà le gouvernement despote tique. »
« La liberté, dit-il plus loin, est le droit de faire « tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen « pouvait faire ce qu'elles défendent, il n y aurait « plus de liberté, parce que les autres auraient tous « cemême pouvoir. »
Toutes les œuvres philosophiques du xyii*^ siècle respirent ce même amour de la liberté et cette même
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liainc (lu dospolisiiic. L<Mir ('Icrucl liomicur sera d'avoir brisé les cIkiîucs (jui les ralhulKiiciil au passé, et d'avoir oiivorl pour lespril liuniaiu uue ère nouvelle. Sans (louîe les écrivains de celle éj)0(iue n'ont pas résolu tous les problèmes qu'ils ont soulevés, mais ils ont défriché les terrains incultes où croissaient l'ivraie et les ronces. C'est à leurs successeurs à continuer l'reuvre avec les matériaux qu'ils nous ont légués, et à recueillir la moisson féconde.