Mi.i.A>(.i:i iMd.inni i:s i:r i.iTri;HAini:s
TIm'mh' (rAlliriir- iiislilua l(.'s jcu\ islljiiiicjucs, oii l'on se Ii\iail ;i loii^ Ir^ exercices du corps cl i\r l"csj)iil. I.;» icliLjioii clail conviée ;i tonics (îos fiHcs : lt'>- ani|»li\(li(Hi<, «Icpnics à l'asscniblcc «j^éncralc, «''laicnl jiiiic^ (le-- prix, rc (pii ajoiilail encore pins <lc nKii;nilic«'ncc à ces solennilé>. Taiil «pie dnraicnl les leles, la nioindre violence conlir nii ciloyen élail un ci'inie. cl loule ponrsuile conli-e un d(''l)ileur clail inlci'dile ; les jours snivanis, les désordres cl Icsdélils (pron y avait commis élaienl i)unis avec sévérité.
Pvlliaiiore, dont la réi)ulalion de sagesse lut si grande, cond^altit les tendances matérielles du })a^anisme. et tàclia d'inspirer aux hommes le culte des vérités morales. Ses lois sont parvenues jusqu'à n(His. les voici :
«< Honore les dieux immorlels, tels qu'ils sont établis par la loi.
u Honore tes parents.
« Fais ce qui nartli^-era pas ta mémoii'c.
u N'admets poiid le sommeil dans tes yeux avant d'avoir examiné trois fois dans ton Ame les œuvres de ta journée.
« Demande-loi : ( )ii ai-je r\r ? ( )u"ai-je lait ? Ou'aurais-je dû faire !
« Ainsi, après une vie sainte, l()rs([ue Ion corps l'clournera aux (''IcMuenN, lu deviendras iuiiuortel et incorruphhie : lu ne pourras plus mourii*. -
Ces lois oïd, avec celles de Moïse, plus duu point d<' contact . Klles soid faites pour louslesteni|)s cl pointons les peuples: (dies reconnaissent l'immortalité (Je l'ûme, la di-liiiclioii du bien el du mal, et portent un cachet véritablement univ<'i-sel et humanilaii'c.
De toutes les écoles de nururs, le Ihéûlie était le
LES HOMMES DE LETTHES ET LA SOCIETE fiRECOUE M
plus en honneur. Cest là que le peuple allait apprendre à connaître les grands hommes de son histoire et puiser dans des drames palpitants l'anioiir des vertus et l'exemple des grandes choses.
Ce nétait point comme chez nous une salle étroite et resserrée, où s'entassent en payant quelques centaines de spectateurs. C'était un espace immense, éclairé par la lumière du soleil : trente mille spectateurs prenaient place sur des gradins disposés en demi-cercle. Le spectacle commençait à la pointe du jour. Un héraut, après avoir réclamé le silence, annonçait le lever du rideau et des chœurs de femmes, d'enfants ou de vieillards ouvraient la scène.
Un tel spectacle avait quelque chose de grandiose : l'impression qu'il produisait laissait une profonde empreinte dans la mémoire des hommes. Les malheurs d'OEdipe faisaient couler les larmes ; les crimes des Atrides excitaient l'horreur ; le châtiment de Prométhée inspirait le respect des dieux ; et l'œuvre du poète, devenant ainsi un plaisir et un enseignement, était accueillie par une acclamation universelle.
Il en était de même de l'art oratoire ; l'orateur parlait à la foule assemblée au milieu de la place publique. Les grandes affaires de l'Etat étaient discutées en plein jour, et l'éloquence inspirée par la grande image de la patrie atteignait à une hauteur dont nos tril)unes modernes donnent à peine une faible idée.
Toutefois l'action des poètes grecs, à l'exception d'Homère, fut moins directe que celle des législateurs. Ils s'occupèrent trop de la nature extérieure et pas assez de l'homme.
12 MKI.\N(;r.S POI.lTIOl'KS KT LiTTi:nMHi:s
Les liarmonies du inoiidi*, los changcMncnls dosaison, la Ix'auh' du ciel de rAlticjiio, les brisos de la mer Ionienne, les i::randes loivls du Pinde, les IVais el d(''li(ieu\ paysages de la vallée de Tempe, loul eela élail di'peinl avec une expression enlhousiaste, dans le langage le [)lus harmonieux el le i)lus suave c|ui soil jamais sorti de la bouclie des hommes.
Leur poésie élail surloul descriptive; leurs reganls songèreid i-ai-em(Mil à l'ouillcr dans les rei)lis du avuv Immain.
('.et amour de la ioiine se trouve parloul dans leui-s œuvres : dans la pensée, elle se produit par la personnification de chaque image ; dans la philosophie, elle adopte la science la plus vulgairement intelli gible, la morale; dans l'éloquence, elle se présente parée d'élégance et de fleurs de rhétorique; dans rarehileclure, elle a des coupes droites embellies des plus gracieux ornements, ('e culte de la beauté extérieure, divinisée par les poêles, conh'ibua puissammenl à donner au })eui)le grec ces manières aiïables (jui en liront le j)eupl<^ le plus poli de la terre.
L'œuvi'C des philosophes lu! coinplèle : les poêles parlaient à rimaginalion, le< pliilo<opli(^s sjidressêrenl à l'esjuMl el à la raison.
La j»hilo<ophie s'applicpia surloul à l'aire des citoyens : ell<' apj)orla un ^oin exIriMue à Téducalion de la jeun<'^^e : elle lui cnseiLm-i que la iibertc' seule faisail riiouiuie. cpu' le laleid el la \(M'Iu avaient seuls ledroil de gouverner les |-]lal<, (jue la richesse amenaitlacorruplion des m(euis,el la coi'ruption des mœurs la décadence des empii-es.
Comme il n'y avait pas alors de loi contre le droit
lp:s ii()mmi:s de lettres et l\ socikti: grecque 13
do réunion, la l'oiilo nccoiirail avoc cmpi-ossenicnl à loui's levons.
Les philosophes donnaienl eiix-niènies l'exemple (les ver! us qu'ils leeomniandaienl au peuple. Leurs âmes inaccessibles à la crainle possédaient celte mâle fierté dont nous retiouveions encore quelques traces dans les esprits délite de la société romaine.
Platon se trouvait un jour à la cour de Denys, roi de Syracuse. La conversation roula sur le bonheur, la justice, la véritable grandeur. Platon soutenait que rien n'est si lâche et malheureux qu'un prince injuste.
u Tu parles comme un radoteur, » lui dit Denys en colère.
« Et toi comme un tyran, » lui l'épondit le philosophe.
Plus tard Denys lui ayant écrit pour le prier de l'épargner dans ses discours, il ne reçut de Platon que cette réponse méprisante :
« Mes occupations ne me laissent pas assez de loisirs pour m'occuper de Denys. »
Un autre philosophe, Anaxarque d'Abdère, ayant été poussé par les vents contraires sur la côte de Chypre, tomba entre les mains de Nicocréon, tyran de l'île et son ennemi personnel. Celui-ci le fit jeter dans un mortier pour y être broyé à coup de massue de fer. Ce fut alors qu'Anaxarque, sans s'inquiéter du supplice, prononça ces mots célèbres :
« Broie tant que tu voudras Tenveloppe d'Anaxarque, tu ne broieras pas Anaxarque. »
Le tyran irrité ordonna qu'on lui arrachât la langue, mais le philosophe se la coupa lui-même avec les dents et la lui cracha au visage.
11 Mi:i.\.N(.i:s iMn.iTiorKs i:t i.n ri;iîAiiu:s
Ce -iMiliiiu'iil j>liil(»>(»i»lii(iii(' r;ii>;iil piii'lii' de ràiiic iiirme (le l;i ii:it itm.
Dans fcrlniiis ciidroils, le joui' de la naissance (Tun cnlanl ('lai! un joui' de deuil puui" la l'ainille. Asmmu- ]>lée aidour de lui. elle le jtlaii^nail daMiii- reru le liisie don delà \ie. ^^ Quand on sonj^-e, disaienl-ils, à la desliiu'e qui ailend riioinnie sur ];i lerre, il l'audiail airosci- de pleui's son Ijcrceau. »
La (lièee élail divisée en un «j;rand nombre de peliU's ré|)ul)li(|ues, adniinisli'ées par des municipa- Nlés. Connue les iii^l il ul ions étaient démocratiques el que léi^alili' civile en était la base, il ai'riva souveid que le choix da^ citoyens tomba sur un homme de lettres pour les gouverner.
u II n'est pas de roi qui ne descende dun esclave, disait Socrate, ni d'esclave qui ne descende d'un l'oi. -
(Vesl ainsi (jue Solon lui choisi pour donner des lois à Alhènes.
Pythagore donna des lois aux Crotoniales et diriii^ea l'administration avec une sagesse qui fit leur prospérité.
Knqx'docle fui porlé malgré lui à la léle du gou- Ncruenieiil dAgiigenle, ^ ille immense (pii contenait prè> dun iiiilllon dlialiilaids ; il y ('lahlil une niagis- Iralure li'isannuelle dans la({U<dle il lil eidrer Ions les honnnes df'voués à la cause populaire.
Périclès. a\aul de diriger le gouvernemeni (TAlhènes, s'était lai! j-emaicpuM- par son éloquence et s(jn esprit culliv(''. Ouoicpu' son pouvoir fût presque^ absolu, il n'en abusa jamais j)oui' opprimer ses concitoyens. Ayant un jour v[r accable'' d'injures par un simple |)articuliei-, il ordonna à un de ses serviteurs
LES HOM.MKS i)i: I.KllUHS Lï LA SOCHyii: (.KliCÇJUE 15
de prendre un llainlieaii el de reconduire cel homme ehez lui.
« Ce qu'il y a de plus beau el de plus grand dans ma vie publique, disail-il à ses amis, c'est de n'avoir, exerçant tant de pouvoir, donné à aucun citoyen le droit de se vêtir d'habits de <leuil. »
u Les plaisirs, disait Périardre de Corinlhe, ne font que passer, les vertus sont éternelles : la vraie liberté ne consiste que dans une conscience pure. »
Un des hommes les plus étonnants de ce temps-là fut Aristote. Critique, philosophe, historien, écrivain, il a laissé un grand nombre de traités qui portent tous l'empreinte de son génie. Ses études sur la politique sont admirables de hardiesse ; on les croirait sorties d'un cerveau moderne.
« Le meilleur gouvernement pour un peuple, dit-il, est celui qui s'assortit à son caractère, à ses intérêts, au climat qu'il habite, à une foule de circonstances qui lui sont particulières.
(( Quel est le véritable citoyen ? Celui qui se consacre uniquement au service de sa patrie et peut participer aux charges, aux dignités, aux honneurs, en un mot à lautorité souveraine. »
Ailleurs, Aristote fait léloge du régime constitutionnel comme étant le plus propre à assurer la liberté.
La meilleure constitution, dit-il, est un gouvernement mixte, où se trouvent la royauté, l'aristocratie, la démocratie, combinées par des lois qui redressent la balance du pouvoir toutes les fois qu'elle incline trop vers une de ces formes.
u La multiplicité des lois dans un Etat, dit-il plus loin, est une preuve de sa corruption et de sa déca-
jG mi:i.\N(;ks poi.niorr.s kt i.iTTiMtAinr.s
(ItMu'c, |);ii' l;i i'iii>-<ni (luiinc <(K-i(''l('' -nail liciirciise si elle pouN nil ^c pii^^cr de loi^. ■>
Ihiii^ lin L:()ii\<'iii(MntMil . il (li^liiiLiiK' lr(»i<|)()iiv<>ir^ : <• Le prcmicM-, (lil-il, t|iii <'-l le l(''iii^l;il il. i'(''^i<l«M';i diiiis r;i>-'~('iiil)l(''0 ii('n(''r;\lo(l(' hiiialioii: le ^ccoikI. (|iii coii- (•(MMic l"e\('M'iirK>ii. ;i|»|t:i!'l iciidiM ;"i l.i roy.nih': le Iroi- ^iriiic, (|iii c^l le |»()ii\()ir di' |UL;er, sera cuiilic' ;i des liiltim;iii\ de jii^l ice. "
Lit<ii{)iniiHe esl la })eiiie, scdon lui, (|iii pi'odnil lo plus (l'en'el : il nadniel pas les amendes dans la pc'naliU' : u Onand les lanh^s sonl rachetées \mw de lai-i^eiif, on accoutume les hommes à donnei- une trop i^i'ande valeur à rai'genl. une 1res petite aux fautes. «
11 esl facile de voir pai' ces simples aperçus combien fui j^rand le inle de Ihomme de lellres dans la société ii;rec(pH\ (Vest lui (pii Tori^anisa et qui la fil parvenir ;i la plus haute civilisation de 1 liisloire. Le peuple ne fiil pas ini>rat : les honneurs e( les dii»nilés liirenl la inai^iiiliipu' r(''compense du i^énie lilh'raire.
La nuMiioire (rilomère fui \(Mi(''r(''e <lans lanl i([uil(' comme celle d'un dieu.
Anacréon,le poêle h;iiiii(>nieii\ de ramour, eul de l»rillanle^ Iiiik'I ailles failes ;iii\ li;ii< du Irésoi- public. Alliènes lui consacra une slaliie en bion/.e, «pii fui phuM-e enire eelle de IN'riclè- cl celle de Xanlippe.
I )(''in<)ciile, a|)rès a\ oir d(''peiis('' en voyages loul son p;il riinoine. fe\iiil |>;iii\i'e d;in^ Abilère. s;i pali'ie. |\)iir ^e jii-lilier de\;iiil --e< (•(•neiloyeiis. il leur lui son liaib' ^iii' roiLi.uii^al ioii du monde. Le peuple eniliousiasiiK' lui \(>l;i de> ^l;iliie-el une s(uume de eincj cents hileiiK près de li(>i< millions à lili'c de récompense nationale.
Les ouvrages de Pindai'c lui avaient rapport*' fliin-