LÉON S AV
En ouvrant une souscriplioii pour élever à Paris une statue à M. Thiers, vous ne [)ouviez que donner satisfaction aux désirs des amis fidèlement attachés à la mémoire de l'homme d'État cjui, après les événements de 1870, a rendu à la Patrie des services inoubliables.
Dès que le Parlement sera réuni, je convoquerai les sénateurs appartenant au groupe que j'ai l'honneur de l)résider et je leur demanderai de s'associer au mouvement (jue vous provocpiez. Ou(d([ue rapi)rochée que soit la date de cette convocation, je n'ai pas voulu l'attendre sans vous envoyer l'expression de notre vive sympathie pour votre patrioticiue projet.
Bardoux.
91 MKi.ANfWîs i*oi,rnori:s kt i.rn i:i<\iris
,))' v(Mis r(''li(il<Ml(' liiiilijilivcqiK' vous venez lie piciKlre ri je \()iis Milrcsso iiHHi adhésion.
Hicn n'iri'ilr plus les l'aclions (jue le bon sens. A ce litre, auenn des noms de noire temps ne devait recevoir plus dinsnltes qne celui de M. Tliiers.
(>ontre la jnonareliie absolue, il avait voulu el lait liiiuuplier la monarchie parlementaire. — Contre la Commune, il avait rétabli l'ordre. — Contre les partis extrêmes, et pour empêcher la guerre civile, il avait conçu une République conservatrice dont il avait indi- (|ué toutes les conditions.
En relisant aujourd'hui ses discours et son dernier manifeste, nous retrouvons signalées et comme prol)hétisées d'avance chacune des fautes qui ont été commises.
C'est à ceux qui veulent une politique de réparation qu'il ai)partient de défendre cette grande mémoire et d honorer notre temps, en proclamaid d'avance ce <fu"en dii-a la postérité.
G. Picot, Membre de Tlnstitul.
Vous me faites un grand honneur en me demandant d'entrer dans le comité que vous formez pour élever un monument à la mémoire de Thiers.
(^el hommage est dû au libérateur du territoire, au fondateur de la troisième République, qui nous donnait, le 12 novembre 1872, ces conseils i)rophéti(jues :
" Le nond)i'C lui-même a besoin de i-epos, de sécurité, « de ti'Mvail. Il peut vivre d'agitation, quelques jours ; .. il n'en vil pas longlemi)s. Ajjrès avoii- fait peur aux « aidres, il prend j>eur de lui-même ; il se jette dans les « bras d'un maîtF-e d aNcnlurc et i)aie de vingt ans d'es- « clavage cpichpics j(Mir> diine désastreuse licence.
« VA cela il r.i l'ail s<iu\rnl, et ne croyez pas qu'il ne (( soit pas capable de le lefaire encore. II recommeni< ceracent fois ce triste et humiliant voyage de l'anar- « chie au desi)otisme, du des[)otism<' à l'anarchie, semé « de hontes et de calamités, etc. »
Une slahir à Thiers. (•"csl, dans les cii-conslanees ac-
UNE STATUE A M. TIIIERS A PARIS 9o
tuelles, affirmer que ses conseils seront suivis et qu'on veut acquitter une dette de reconnaissance envers lui. Je vous remercie de m'appeler à faire partie du comité qui poui-suit ce double but et je vous dis, comme mon éminent collègue Jules Simon : disposez de moi où et comme vous voudrez.
Emile Lenoel.
J"ai reçu la communication que vous avez l)ien voulu m'envoyer, et dans laquelle vous proposez d'élever à Paris une statue à M. Tliiers, pour honorer en lui, non seulement le patriote, le libérateur du territoire, mais le délenseur des idées libérales et le fondateur de la République parlementaire.
Je vous félicite de cette idée, à laquelle j'adhère de grand cœur: heureux de rendre hommage à une illustre et chère mémoire, et à ce régime parlementaire auquel la France doit de longues années de paix et de prospérité, tandis qu'elle doit au pouvoir personnel les plus douloureuses catastrophes de son histoire.
Franck Chauveau.
Je tiens à vous féliciter de l'initiative rpie vous avez prise de constituer un comité pour l'érection d'une statue à M. Thiers.
Vous pouvez compter sur mon concours le plus chaleureux. Je considérerai comme un honneur de faire partie du comité.
A. RiBOT.
J'accepte avec empressement l'honneur que vous me faites en me conviant à entrer dans le comité dont vous préparez la formation pour l'érection d'une statue de M. Thiers.
Comme il arrive à tous ceux qui ont été mêlés à des luttes civiles, M. Thiers compte encore, plus de dix années après sa mort, de nombreux ennemis. Il serait temps, cependant, que les haines politiques désar-
niassoiit dovanl le souvenir impérissable des services rendus à la pali'ie j)ar ce ii:rand lioinnie d'Elal. Nul ne peut «)id)liei' (pian lendemain des désastres de rann(''e terrible il a iin-arnc'' le prénie même de la Fi-ance.
Mil ;iiicmi Icmps, aucun citoyen n a i'(Mni)li un rAle comparable au sicu. II a faii mieux (pic (b)iiner la gloire à son i)ays; il la l'ail rcxcMiir ;i l:i \ ic cl ;i pi-éparé le relèvement de sa loiiune. r»clard('i' [)lus longtemps les honneurs publics dus à sa mémoii'e serait donner à la posfcriff' le di'oit de nous ti-aiter d'ingi-ats.
Il laiil v(nis remercier, cher Monsieur, lU' riiiiiialive (pu' vous avez prise. Elle vient à propos au lendemain de fêtes nationales qui rai)pellent le chemin parcouru depuis IVeuvre de régénération accomplie par le libérateur du territoire Elle ne i)eut manquer de trouver de réclio, et je la crois assuiv'e du succès.