‹ Mélanges politiques et littérairesChapitre 29 sur 67 · LE TASSE MOURANT · texte numérisé non relu

LE TASSE MOURANT

Les malheureux sont les amants fidèles.

(Lord Bvron.)

Après plus de vingt ans d'une existence errante, Au déclin de ses jours, accablé de douleurs, Le Tasse était venu sous le ciel de Sorrente Cacher à tous les yeux sa gloire et ses malheurs. Là, loin du bruit des cours, seul avec son génie, Rappelant du passé les lointains souvenirs, Comme un dernier écho d'amour et d'harmonie, De sa lyre sonore il tira ces soupii's :

(( Le malheur me poursuit... Depuis les premiers àgeâ

Nul homme n'a jamais traversé plus d'orages!

Je cherche vaincmejit un asile assuré

Au sein de mon pays par mes chants illustré.

J'ai chanté lltalie et, pour prix de ma gloire,

Des rivaux sans pitié condamnent ma mémoire...

Lorsque l'oiseau du soir, hôte des lieux déserts,

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A jolé dans la nuil ses sauvages conceris,

Il insulte, en i-cnli'anl dans ses retraites sonijjres,

Au soleil éclat.nil (jui dissipe les ondjres.

Ainsi mes ennemis envieux et jaloux

Insultent à mon nom qui les éclipse tous.

I>;dlolté par le sort sur la terre étrangère,

.l'ai mendié vingt ans le pain de La nusère,

Et i)Ourtant, sur mon lutli, i»ar l'amour inspiré,

Jamais entre mes mains la haine n'a vibré...

« Ainsi que l'aigle allier, prenant mon vol sublime J'ai rliaidé dans mes vers les malheurs de Solime. J'ai fait de cent héros revivre les exploits: Godelroi de Bouillon, issu du sang des rois, Tancrède, Baudoin, Clorinde, Sophronie, L'impétueux Argant, Soliman, Ilerminie, Par mon nulle pinceau tour à tour animés, Et la rive enchantée, et les bords parfumés, Où Renaud retenu i)nr un amour perfide Oubliait sa grandeur sur les genoux d'Arnnde. Des siècles écroulés t'ouillant les vieux débris. J'ai pai'Ioul exalté le nom de mon l)ays, l'^l, i)Our prix de sa haine et de son inconstance, J'.ai j)lac('' sur son fi-onl uwc anré(de immense...

" L'amour !... Oh ! c'csl lui seul (pii causa mes malheurs! Lui seul (Ml ce luonicnl iirai'rachc cncor des j)leurs... Swivanl <pi(' son (••ipricc à ses lois nous entraîne, Il cliai-mc, (''UH ut, torlurc à son ^vv l'àme humaine,

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