‹ Mélanges politiques et littérairesChapitre 54 sur 67 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

THÉRÈSE, ADRIENNE, RERTHE

THÉRÈSE, appelant

Berthe !

BERTHE, entrant

Maman !

ADRIENNE

Ouelle est

cette enfant?

THERESE

Vous Tavez entendue... C'est ma fille.

2i4 Mi:i.\Nr.rs roi.TTTOT-F.s et i.ittkr.mres

ADHIENNK

\'()li"(* fille !... Mais <|iii mi* j)roii\o (jne c'csl colle (Je .lac(nic> ?

TiiKRKSi:, ù Berlhe Où csl Ion père, mon cnraiil ?

15i:iiTIIK

Il élail ici Ion! à riiciii'c... Il \iciil (rciili'cr dans celle clianiljre.

THKHKSE

Depuis quand le conuais-tu?

BElîTIIE

Depuis toujours.

THÉRÈSE

Et quel ûge as-tu?

lîERTHE

Huit ans.

THÉRÈSE

Y a-t-il longlomps (pie ton père nous a quittées?

i{i;i! iiiE Depuis ])ientôl un an.

THÉRÈSE

Pour ({uoi faire ?

i',i:irniE Pour venii' à l^aris, où il devait avoir une place.

TIIKRÈSE

Et OÙ nous devions venir le rejoindre.

BERTIIE

Oui, maman.

THÉRÈSE

Et depuis quand sommes-nous arrivées ?

HERTHE

Depuis peu de temps... peut-tMre une heure.

THÉRÈSE, à Adrienne

Eh bien ! Mademoiselle, si vous refusez de croire la mère, ajouterez-vous foi aux paroles de cette enfant ?

Hélas I je voudrais douter encore...

THÉRÈSE

Et puis ime autre preuve, que vous ne pouvez mettre en doute, c'est la ressemblance de Berthe avec son père... Voyez ces yeux, ce front, cette bouche, c'est tout le portrait de Jacques... Ah! Mademoiselle, je regrette de vous torturer ainsi, mais malheureusement la fatalité de la situation ne me permet pas de faire autrement.

ADRIENNE, avec désespoiv

Quoi! Jacques me trompait à ce point, moi qui croyais en lui comme en Dieu !

THÉRÈSE

Mon Dieu, Mademoiselle, beaucoup dautresjeunes

246 Mi:i. ANGES POLITIQUES KT I.H lllIiMHES

lillcs oui viv li'()iu[)ôes coiuiiu' vous, ci t'ilt's nCn soiil pns moites... Prenez courage! le temps est le grand inédeeiii (jui cicatrise toutes les plaies. OuîuuI on est jeune et belle comme vous, on n'a pas le droit de désespérer.

ADHiENNE, se jKirlaiil à ellc-mcme

Ohl comme je tondje de liant !... Je n'étais pour Jacupies ([u'nne bonne fdle sans im[)ortance, que Ton prend par simple caprice... Il s'était dit qu'en faisant briller devant moi les promesses les plus séduisantes il aurait facilement raison de ma vertu... En effet, il a raisonné juste, mais aussi il a raisonné comme un lAche !

THÉRÈSE

Je comprends sans peine ranieitnme de vos paroles...

ADRiENNE, civec cuigoisse

Mon Dieu! mon Dieu! (jue dirai-je à mon père... Je n'ai plus qu'à mourir... (Elle se (disse lomber sur le camipê el elle sanglote. )

THÉRÈSE, avec honlé

Voyons, Mademoiselle, ne désespérez pas!... Je vois ({ue vous n'êtes pas une fille comme on en voit tant dans les bas-fonds de l*aiis, <'t je voudrais pouvoir NOUS consoler. (Elle lui essuie les ijeu.v.)

ADIUE.NNE

C'est que vous ne savez pas tout... .Mais vous avez l'air si bonne et si compatissante, que si j'osais...

LA AIAIN INVISIBLE 241

TIIERLSL

Ne craignez rien !... Je devine que vous (Hes plus malheureuse (pie e()ui)a!)le.

ADRIENNE

Non 1 pas devant cette enfant...

THÉRÈSE, ffiisant un sùjne à Bert/ie

Laisse-nous, ma fille I... (Bcrt/ie sort par la porte à droite.)

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