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charme , le malaise du bonheur. » Et comme il analyse cette bizarrerie de nature qui est devenue une infirmité ! « Ne pas oser jouir naïvement, simplement, sans scrupule et se retirer de table crainte que le repas ne finisse.... Je suis bien toujours le même, l’être errant sans nécessité, l’exilé volontaire, l’éternel voyageur, l'homme sans repos, qui, chassé par une voix intérieure, ne construit, n’achète et ne laboure nulle part, mais passe, regarde, campe et s’en va. » Mais où se fixera cette mobilité? se fixera-t-elle jamais? « J’attends toujours la femme et l’œuvre capables de s’emparer de mon âme et de devenir mon but.... Je n’ai pas donné mon cœur, de là mon inquiétude d’esprit. Je ne veux pas le laisser prendre à ce qui ne peut le remplir ; de là mon instinct de détachement impitoyable de tout ce qui m’enchante sans me lier définitivement. Ma mobilité, en apparence inconstante, n’est donc au fond qu’une recherche, une espérance, un désir et un souci. C’est la maladie de l'idéal i. » Voilà le mot que nous attendions et par lequel il se définit lui-même.
La même maladie crée son inaptitude aux œuvres sérieuses et fortes. Il y a là une bien curieuse explication de cette sorte de manie qui l’entraînait vers la virtuosité en littérature. Pourquoi fait-il mieux et plus aisément les vers courts que les grands vers, les choses difficiles que les faciles? Toujours par une même cause. Il n’ose croire en lui; un badinage, en détournant l’attention de lui sur la chose, du sentiment sur le savoir-faire, le met à l’aise. Il y a une autre raison : il craint d’être grand, il ne craint pas d’être ingénieux : aussi tous ses essais publiés ne sont guère que des études, des exercices, des jeux pour s’éprouver. « Il fait des gammes, il fait le tour de son instrument, il se fait la main et s’assure de la pos-