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LES DERNIÈRES ANNÉES D'UN RÊVEUR. 285

désirer.... » Il s’est comme interdit volontairement la jouissance, la possession, le contact des choses en n’en gardant que la vision et le regret. « Funeste effet de la timidité aggravée par une chimère. Cette démission par avance de toutes les ambitions naturelles, cctle mise à l’écart systématique de toutes les convoitises et de tous les désirs était peut-être une idée fausse; elle ressemble à une mutilation insensée. Cette idée fausse est aussi une peur.

La peur de ce que j’aiine est ma fatalité !

De très bonne heure, j’ai découvert qu’il était plus simple d’abdiquer une prétention que de la satisfaire1. » Le monde est sans pitié pour les boudeurs qui se retirent sous leur tente et ne lui demandent rien. « On se déconsidère en s’émancipant de la considération.... Le monde, acharné à vous faire taire quand vous parlez, se courrouce de votre silence quand il vous a ôté le désir de la parole2. »

Chemin faisant, que d’observations Fines sur les mœurs, sur les diverses façons d’être, sur les caractères, et particulièrement sur les femmes! Qui dirait que ce solitaire ait, du fond de sa retraite, si Finement jugé la femme et saisi en traits incisifs sa mobile et fuyante nature? Prenons-en quelques-uns au hasard dans cette diversité de^ ébauches semées à travers le journal. « Si l’homme se trompe toujours plus ou moins sur la femme, c’est qu’il oublie qu’elle et lui ne parlent pas tout à fait la même langue et que les mots n’ont pas pour eux le même poids et la même signiFication, surtout dans les questions de sentiment. Que ce soit sous la forme de la pudeur, de la

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