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tellement crépusculaire lui-même que l'analyse v tâtonne et balbutie. C’est l’indéfini, l’insaisissable, à peu près comme le bruit des flots formé de mille sons mélangés et fondus. C’est le retentissement de tous les désirs non satisfaits de l’âme, de toutes les peines sourdes du cœur, s’unissant dans une sonorité vague qui expire en vaporeux murmure. Toutes ces plaintes imperceptibles qui n’arrivent pas à la conscience donnent en s’additionnant un résultat, elles traduisent un sentiment de vide et d’aspiration: elles résonnent mélancolie. Dans la jeunesse, ces vibrations éoliennes résonnent espérance : preuve que ces mille accents indiscernables composent bien la note fondamentale de notre être et donnent le timbre de notre situation d’ensemble1. »
La nature l’attire; elle est sa grande tentation; elle le fascine, mais en même temps elle lui fait peur. C’est qu’il y a chez lui un bouddhiste qui se développe de plus en plus à travers la vie, et qui, vers la fin, tend à dominer, sous l’influence de certaines circonstances personnelles et sociales. Son éducation germanique, son initiation à l’école de Schelling et l’empreinte qu’il en avait reçue, le disposaient aune sorte d’idéalisme et même de quiétisme. La nature, au point de vue de la physiologie, pourrait bien n’être qu’une illusion forcée, une hallucination constitutionnelle. Et ici la conception allemande de la Philosophie cle la nature rejoint sans peine la vieille sagesse hindoue, qui fait du monde le rêve de Brahma. Maya, l’éternelle illusion, serait-elle donc le vrai nom de la nature? Serait-ce la vraie déesse? Maya, c’est-à-dire un phénoménisme incessant, fugitif et indifférent, l’apparition de tous les possibles, le jeu inépuisable de toutes les combinaisons. Et alors pourquoi ce jeu? Qui doit-il