‹ Mélanges & portraitsChapitre 25 sur 69 · Mosso, traduction française, p · texte numérisé non relu

Mosso, traduction française, p

sibles et laissent voir l’état de leur âme comme des enfants lorsqu’ils sont affaiblis par la maladie1.

L’appareil respiratoire s’ébranle de lui-même et pour les mêmes causes. On avait cru, jusque dans ces derniers temps, que c’était le cerveau qui, dans les émotions, agissait sur les organes de la respiration pour en modérer ou en précipiter les mouvements ; or, d’après des expériences nouvelles, particulièrement celles de Christiani, même chez l’animal privé de cerveau, une lumière vive qui blesse la vue ou des bruits de nature à effrayer un animal peuvent déterminer des inspirations profondes et fréquentes et une respiration haletante plus forte que dans les conditions normales; ce qui prouve que, dans les phénomènes psychiques, indépendamment de l’action du cerveau, le rythme de la respiration se modifie pour tout changement survenu autour de nous, pour toute excitation périphérique des organes des sens. Ainsi s’expliquent la respiration précipitée et les palpitations que nous ne pouvons maîtriser et qui se produisent quand nous sommes surpris par le battement d’une porte ou un coup de tonnerre ou par mille bruits qui nous saisissent à l’improviste. Et même après que nous avons reconnu la futilité de la cause qui a produit notre émotion, nous avons de la peine à nous calmer.

Une expérience sinistre, la seule qu’on puisse faire en ce genre sur l’homme, permet de voir les rouages du mécanisme respiratoire fonctionnant isolément. La tête des décapités accomplit parfois encore des mouvements inspirateurs. Les médecins qui assistent les condamnés au dernier supplice ont raconté l'effet produit par cette tête humaine agonisante, roulant sur le sol, se recouvrant immédiatement d’une pâleur cadavérique, et sur la face

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