‹ Mélanges & portraitsChapitre 38 sur 69 · P. 159 et sq · texte numérisé non relu

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par sa façon de réagir sous la discipline nouvelle à laquelle il est soumis, par la manière instinctive ou réfléchie dont il choisit ses amis et dont il conduit sa jeune vie. Le degré d’attention qu’il applique révèle alors ce qu’il est et en même temps décide ce qu’il sera. Il y a là, durant les années d’études, mille occasions de rénovation morale qui deviennent, selon l’ usage qui en est fait par l’enfant, favorables ou funestes, occasions de progrès ou de décadence. — Quand vient la puberté, nouvelle crise et plus grave, la plus grave de la vie entière. Les puissances mentales sont alors, comme les énergies organiques, modifiées en leur équilibre, orientées en vue de nouveaux besoins. Comment ne serait-il pas de grande conséquence pour la moralité que cette crise s’accomplisse bien, quand elle n’est rien moins qu’une rénovation presque subite de l’individu? C’est dans ce temps où toutes nos énergies effectives sont en travail et cherchent leur voie, qu’il est nécessaire ou jamais qu’elles se déploient en bon ordre, dans les voies de la nature et selon la raison. On dit que la puberté est l’âge des sentiments généreux : il serait plus exact de dire simplement que c’est l’âge des sentiments vifs. Ces sentiments sont nobles ou ne le sont pas, selon les cas: ils varient d’un individu à l’autre, en raison du naturel, de l’éducation antérieure et des circonstances. Une transformation intellectuelle se fait en même temps, sous l’action de l’imagination en travail, qui devient une sorte de foyer intérieur. Les perversions irrémédiables du jugement ne sont jamais plus à craindre qn'alors; mais les enthousiames de l’esprit pour le vrai et le juste n’ont jamais autant de chances de se produire1.

Après cette crise, vient le choix d’une carrière. Il est

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