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tion, du milieu » 1 ; — la liberté enfin, que M. Marion nomme, mais à laquelle j’estime qu’il ne fait pas sa juste part quand il se contente de dire : « Sous peine de ne plus trouver aucune place pour elle dans les phénomènes moraux, il faut bien admettre qu’elle intervient, au moins comme un facteur entre plusieurs autres, dans la formation de notre caractère individuel. » Cela ne suffit pas; il faudrait préciser davantage, dans ces faits singuliers, le rôle considérable de l’énergie créatrice dont la source est en nous et qui explique précisément cet amour de la nouveauté, ce désir de faire autrement que les autres, de se déployer en dehors des formes connues, de sortir du cadre, ce besoin d’indépendance enfin qui cherche de nouvelles voies à tout prix, qui réagit de toutes ses forces contre le commun et le convenu dans l’art, dans la science, dans la pratique, et qui fait l’originalité et le prix des existences supérieures. Nul mieux que M. Marion n’eût tracé, s’il l’eût voulu, cette contre-partie prévue et nécessaire de son livre.
Nous en avons dit assez pour faire apprécier le rare talent de l’auteur. M. Marion est un moraliste. Il en a les deux traits essentiels : le goût de l’observation et le sens de la moralité. Il excelle à démêler dans l’humaine nature, si délicate à la fois et si compliquée, tous les ressorts les plus subtils par lesquels elle se meut et se développe au dehors. Il ne s’égare pas dans les détails de l’observation la plus fine; on dirait que toute sa vie il s’est complu à voir agir l’homme et à chercher, dans toute circonstance, comment et par quelle cause secrète il a dû agir. De plus, il s’intéresse à la vie déployée devant lui; il n’y voit pas seulement un cas plus ou moins curieux de pathologie, une matière à clinique