‹ Mélanges & portraitsChapitre 65 sur 69 · Pages 120 à · texte numérisé non relu

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d’élude. L’auteur détermine d’abord la caractéristique de la parole intérieure, en la comparant à la parole extérieure ; puis il étudie les variétés vives qu’elle présente, les transitions par lesquelles elle passe, s’accentuant ou se décolorant successivement, les étapes diverses par lesquelles elle aboutit à la parole extérieure ; il essaye d’en lixer la place dans la classification des faits psychiques ; enfin il la compare à la pensée, et à ce propos il constitue, non sans originalité et sans profondeur, une théorie du signe. Tel est l’ordre des questions que nous voyons se succéder dans ce livre. Si quelques-unes seulement sont résolues, ce sera déjà un gain pour la science et nous tiendrons l’auteur quitte pour le reste où subsistent encore bien des obscurités.

Un des bons chapitres du livre est celui où l’on compare la parole intérieure et la parole extérieure. L’une, nous dit-on, est comme une imitation ou comme un écho de l’autre ; mais elle faitpartie de nous ; l’autre n’est que notre œuvre. La parole extérieure est comme une parole; la parole intérieure est comme ma parole. De plus, elle est un état de conscience faible relativement à l’autre; elle est plus rapide, plus concise, elle est plus variée, plus souple; enfin, et l’auteur y insiste, elle est une simple image d’une série de sons. Tandis que la parole extérieure d’autrui est une sensation sonore, et que notre propre parole, prononcée et entendue *par nous, est une sensation double, à la fois sonore et tactile, un couple de sensations1, notre parole intérieure n’est pas une sensation, mais une image, une image simple, purement sonore. Quand nous parlons, notre attention porte particuliérement sur le son; mais nous sentons aussi et très distinctement les mouvements de la langue et des lèvres;

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