SCENE IV LE GÉNÉRAL, LE DOCTEUR
LE GéNÉRAL.
Vous porterez cet ordre au geôlier de la prison militaire^ et vous ferez mettre en liberté l'individu. {Il sonne») Ma voiture ! Vous me ferez demain votre rapport.
LE DOCTEUR
Vous me permettrez d'abord, mon général, de vous suivre chez vous ce soir. J'aurais à vous parler.
L£ GÉNÉRAL
Aujourd'hui je n'ai pas le temps.
LE DOCTEUR
Votre Excellence m'accordera une heure...
LE GENERAL
Pas une seconde. Je ne veux pas qu'on me parle d'affaires aujourd'hui. Suis-je un forçat, un Sibérien ? On ne me laisse pas. . .
LE DOCTEUR
J'ai à vous communiquer, mon général, des nouvelles importantes.
LE GENERAL
Bonnes ? Dites-les. Pulawski est-il pris?
LE DOCTEUR
Des nouvelles de la plus grande importance et qui réclament toute votre attention. Vous aurez peut-être à ordonner quelques mesures.
LE GÉNÉRAL
Qu'est-ce donc? Dépêchez-vous.
LE DOCTEUR
Si vous voulez, mon général, passer dans votre cahinet...
LE GÉNÉRAL
Nous sommes seuls ici. Fermez la porte. Parlez, dépêchez-vous, je n'ai pas le temps.
LE DOCTEUR, gravement.
J'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence que, depuis hier, l'horizon politique commence à s'obscurcir, et que la physionomie de la ville de Cracoyie décèle des symptômes inquiétants.
US oéNIÎEAl.
Folie I Comment, à présent? Après leur dernière défaite ?