SCBNE VI LE GÉNÉRAL, LE DOCTEUR
LE GÉNÉRAL
Un Barmate tout cm.
LE DOCTEUR
Que pensez- vous de cette -chasse?
LE GÉNÉRAL
C'est un peu bizarre. Si subitement, dans ce temps de troubles.
LE DOCTEUR.'
Ce que j'observe dans la ville me fait pressentir ce qui
se passera dans les montagnes. On y rassemblera les mécontents des environs, on se concertera, on se comptera.
LE GÉNÉRAL
Cependant, il m'en a prévenu lui-même.
LE DOCTEUR
C'est précisément ce qui me donne des soupqons. Vous oubliez qu'il a été diplomate.
LE GÉNÉRAL {pensif).
Il faut que nous ayons des nouvelles de cette chasse. Avez-vous des agents dans les montagnes ?
LE DOCTEUR
A la campagne ? Non. Le pays est trop barbare pour y organiser une police honnête. Mais, général, si vous y alliez vous-même ? Faites-vous inviter, ou allez-y comme ça pour une partie de plaisir. Vous les surprendrez en flagrant délit do consultations. Nous obBCiverons le nombre, les physionomies. Qu'en pensez-vous, mon général ?
LE GÉNÉRAL
Pas mal imaginé. Ce n'est pas incompatible avec rhonneur militaire que d'observer ainsi l'ennemi. Nous en reparlerons. Après le bal^ venez chez moi. Ma voiture. (Le docteur sort.)
LE GÉNÉRAL [seut).
Serait-il possible If Si ce Palatin... Ces Cracoviens sont si fous, si remuants 1 Si ce Palatin?... Une seule tentative de sa part me ferait perdre dans l'esprit de l'Impératrice. Je me suis porté garant de sa fidélité. L'Impératrice m'a reproché plus d'une fois ma liaison avec la
Comtesse. Une seule tentative et mes vingt-cinq années de service, mes blessures I... Non, messieurs les Polonais, si vous me faites tomber en disgrâce, malheur à vous ! Je ferai tomber, je le jure par ma croix de Saint- Georges, je ferai tomber en poussière les cenjt clochers de votre capitale, et, si je la détruis, ce ne sera pas M. de Ghoisy avec ses auxiliaires français qui la rebâtira.
FIN DU PR£liI£R ACT£.
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