‹ Mélanges posthumes d'Adam Mickiewicz, première série [microform]Chapitre 29 sur 59 · LES MONTAGNARDS · texte numérisé non relu

LES MONTAGNARDS

Vive Pulawski, le fils aîné des montagnes!

LE PALATIN

Moiîtagûards! tout le droit que j'ai à votre obéissance comme votre seigneur, je le reporte sur sa tête. ( // lui 2)o$€ la main sur la tête.) Je l'adopte pour mon fils en République. Chasseurs , voici ce cor d'argent qu'ont porté treize générations de grands-veneurs de la Couronne, mes ancêtres* Cet iûsigne de ma dignité, je l'alidlque entre ses mains«

PTJLAWSKI.

Noble seîgrïeurt je suis fier de pouvoir m'appeler

votre fils. Ce cor, qui etirayait les bêles fauves de la montagne^ va retentir dans toutes les plaines de notre

vaste République, et porter Tépouvaule parmi les mons-

très qui la dévorent.

LE PALATIN

Qu'on défonce ces tonneaux! Distribuez les vivres, les cartouches. Soupez vite, chargez à balles forcées.

DE CHOISY

CommentI vous alld^ vous mettre en marche!

LE PALATIN

Oui.

DE CUOISY. .

Dans là plaine? Avez-vous de la cavalerie?

LE PALATIN

Vous avez passé par la vallée des ossements tatar.^. Ces ossements couvrent l'espace de deux lieues. Nos ancêtres y détruisirent et enterrèrent tout un peuple de cavaliers tatars qui menaçaient la clirétienté.

DE CHOISY

Pulawski...

PULAWSKi {au Palatin),

M. de Choisy pense qu'il vaudrait mieux attendre jusqu'à ce qu'on eût organisé notre infanterie. Pendant ce temps, on disciplinera...

LE PALATIN

Attendre! Monsieur Pulawski, l'opinion publique nous accuse déjà d'avoir traîné la guerre. Du reste, j«î vous ai remis le commandement pour avoir les mains libres. (// retrousse ses manches,) C'est à vous de consulter les intérêts de. la patrie. Je ne consulte plus que ceux

de mon honneur héréditaire : il me défend d'attendre. Je ne pourrais me résigner à ce délai, même si je n'en mourais pas. Mon ami, je suis trop vieux pour attendre.

PULAWSKÎ.

On m'accuse de traîner la guerre? Qui Les chefs jaloux 1 Oui, vous avez raison, le plus tôt sera le mieux. Ils verront.

DE CHOISY

Gomment 1 Je ne parle même pas de la ville ; ms^is si l'on nous attaque dans la plaine? sans ordre? sans...

LE PALATIN

Tirez -moi cet épervier. ( Quelques coups de fusil par^ teni et l'oiseau tombe.) Montagnards, coupez-moi ce chêne. ( Une vingtaine de montagnards lancent de loin leui'S haches et atteignent le chêne.) Amis, les Russes volent moins vite que Tépervier et ils sont moins durs à tailler que ce chêne.

DE CHOISY

Vous êtes donc décidé?

LE PALATIN

Décidé.

PULAWSKi [à de Choisy).

Que veux-tu? Il est opiniâtre. Dès que nous serons à Cracovie, on me proclamera maréchal, et alors...

DE CHOISY

Messieurs, je ne comprends pas vos projets. Je ne peux pas sacrifier ces braves {en montrant son infanterie). J'en suis responsable devant ma conscience, devant mon gouvernement.

7>i LES CONFÉDl^RÉS

LE PALàflN.

C'est juste; noire cause est à ce point que tous pouvez Tabandcmner sans manquer à vos instructions, à votre honneur. Au nom de la République, je vous décliarge da vos obligations. — Vous voilà libre» Pour nous, c^ést différent, ( En lui prenant la main, ) Je tous estime.

p£ Gnoisy.

Voilà donc les derniers Polonais qui vont à la mort, la dernière goutte de sang polonais qui va couler I -*- Eh bien ! je ne suis plus employé de mon gouvernement. Je ne suis qu'un Français : il ne sera pas dit que la France abandonne la Pologne. 6oldats français! me voici resté seul de vos officiers. Je pe vous commande plus, Vous êtes libres de me suivre ou non« Pulawski» j'irai avec vous.

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