LES SOLDATS FRANC AW
Nous irons tous, commandant. La Pologne, c'est la France. Allons !
PULAWSKI {/laut).
Enfants! Je vous annonce que nous allons poutre les Rnsses. Nous allons délivrer Cracovie. A bas les Russes!
US GHA3SEU115 ET LES MONTAGNARDS
A bas les Russes] A bas les Russes! Vive Pulawski! Vive monseigneur le Palatin ! Vivent les Français !
PULAWSKf.
Nous sommes peu nombreux; mais, du temps de nos ancêtres, il advint une fois que toute la Pologne fut conquise, et le roi Ladislas se cachait ici.,.
ZBROY.
Otti, dans cette grotte.
PULAWSKI.
Fort de son droit et de la bénédiction du Pape, il s'élança d*ici, impétueux comme la ¥istule. Vos pères le suivirent comme les torrents des Carpathes , et ils balayèrent l'ennemi jusque dans la mer. Voyez cette belle Yistule se dérouler au loin comme un ruban bleu. Elle nous montre le chemin de Cracovie, de Varsovie, de la Baltique.
LES MOin'AaNAÎlDS ET LES CHASSEURS.
AUolls à Varsovie, — jusqu'à la mer.
PULAWSKI (en buvant).
 votre santé ! Mort aux Russes I Cornemuses^ en avant. Entonnez la chanson de la reine Wanda. {Les chasseurs et les montagnards boivent et chantent,) — ( j?n montrant le Phe Marc qui revient de la chapelle.) Voyez, voyez ce saint homme. C'est le Père Marc, Taumônier de la Pologne militante ! Il nous apporte la bénédiction du Pape.
LES CHASSEURS ET LES MONTAGNARDS
Le Père Marc! le fameux, le miraculeux I Vive le Père Marc. [Ils courent à lui.) A la santé du Père Marc !
LE PÈRE MARC {avcc doulcur).
Insensés ! Impies ! Est-ce ainsi que vous proclamez la guerre du Seigneur? Cessez ces cris, n'insultez pas à mes oreilles. Elles sont encore toutes pleines du râle des agonisants, que j'ai vus égorgés au pied des fitutels. — Misérable ! Ote-toi avec celte coupe. ( Il repousse la coupe.) Tu as mêlé ton vin maudit au sang
dont mes habits sont encore trempés, au sang des enfants que les Cosaques portaient sur leurs piques et dont ils ont brisé les têtes sur le seuil de la maison paternelle. Je viens d*enterrer ces victimes innocentes. Ne me touchez pas. Cet habit est devenu saint comme une relique.
LES CHASSEURS ET LES MONTAGNARDS
Horreur! Quelle horreur I Vengeance! Mort aux Russes! Vengeance! En avant!
LE PÈRE MARC
Héros vengeurs I Vous êtes si forts, si confiants. Et pourquoi donc le sabre de vos nobles s'est-ft brisé comme un roseau contre Tépée russe? Pourquoi les conseils de vos sénateurs se sont-ils évanouis comme de la fumée au souffle du Russe? Parce qu'ils ne cherchaient pas la force qui vient du Seigneur. Et l'Eternel, Dieu des armées, leva son bras contre eux. Et son bras, est encore levé. Insensés, à genoux ! Criez : Pitié, grâce! A genoux devant votre patronTie la sainte Vierge ! ( // montre la chapelle.)
LES CHASSEURS ET LES MONTAGNARDS
Que Dieu ail pitié de nous! (A genoux,) Homme de Dieu, priez pour nous !
LE PÈRE MARC {à genoux et une croix à la main).
Vierge bienheureuse î Aux jours du péril, nos rois déposaient sur ton autel leur antique couronne, et tu la leur rendais plus brillante que jamais. Nous déposons à tes pieds nos vies et nos espérancea; ton fils naquit parmi les bergers, il révéla aux petits ce qu'il cache aux grands. Vois ce peuple de patres ! Vois leurs mains ten-
dues vers toi, comme autant de fleurs desséchées demandant une goutte de là rosée de miséricorde. Révèlenous le moyen de sauver notre patrie. Ne souffre pas que tout un peuple tombe égorgé commet un seul homme^ ton Qdèle peuple polonais ! Et, s*il a péché, prends notre sang en expiation, punis-nous, pardonne enfin à la Pologne !
LES CHASSEURS ET LES MONTAGNARDS
Ainsi soit-il.
LE PÈRE MARC
Et maintenant^ levez-vous ! Qu'il soit maudit celui qui jette un seul regaçd en arrière; qu'il ne puisse jamais regarder son Dieu face à face 1 (Les chasseurs et les mon-tagnards se forment en détachements et ^e mettent en marche.)
•LE PALATIN (à Pulawski et à de Choisy).
Vous irez par les ravins à gauche. Vous laisserez ces gens dans l'aqueduc souterrain qui communique avec le couvent des Pères Carmes. Nous nous réunirons dans les caves des Carmes. Les bourgeois nous y attendent. Nous nous concerterons.
ZBROY (en accourant).
Monseigneur I le comte Adolphe I le comte Adolphe I