‹ Mélanges posthumes d'Adam Mickiewicz, première série [microform]Chapitre 6 sur 59 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

chose ^ quand elle est jointe par surcroit an courage ; mais elle ne saurait le suppléer.

Supposez que la France de 1870 ait eu 500^000 hommes aussi instruits que H. Thiers et aussi lettrés que le général Trochu : on aurait négocié et capitulé cinq cent mille fois plus yiie. Tandis qu'avec des milliers d'hommes comme Armand Barbes, qui n'était pas un savant^ mais avait l'esprit de sacrifice, que n'eut-on pu espérer et tenter? Une fois encore on eût prouvé que le mol impossible n'est pas français.

Eh bien ! quand, au bout de quelques années, vous auriez réussi à remplir la tète de tous les Français de la quintessence des bibliothèques allemandes, qu'auriez-^vous fait, sinon compléter l'invasion matérielle par l'invasion morale?

On s'est généralement, pris d'émerveillement pour le vainqueur, sans comprendre qu'on a été vaincu non parce que l^ennemi était grand, mais parce que soi-même on s'était fait petit. Descendu sur son champ inférieur d'action, on s'était condamné par avance à la défaite, car sur ce terrain il était le plus fort ; maïs, si Ton eût su se tenir dans une sphère supérieure^ il n'eût pas même pu aspirer à atteindre la France.

Ce n'est point l'introduction de la schlague prussienne dans les régiments français qui rendit les Français de la Grande Révolution capables de vaincre les vainqueurs de Rosbach ; mais c'est en ouvrant en eux-mêmes cette source vive d'où jaillit le patriotisme, qu'ils puisèrent la force de déborder sur le monde.

Vous voulez redevenir la Grande Nation. Ravivez donc voire génie à sa source; aimantez i;otre âme au contact des hauts faits paternels; rapprenez à aimer la patiie pardessus toutes choses, et de nouveau l'héroïsme éclatera chez vous en miracles .

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