‹ Mélanges religieux et historiquesChapitre 20 sur 84 · LA LEGGENDA DI MAOMETTO IN OCCIDENTE · texte numérisé non relu

LA LEGGENDA DI MAOMETTO IN OCCIDENTE

Extrait du Giornale storico délia letteratura italiana, vol. XIII, 1889, pp. 199 et suivantes »,

M. Alessandro d'Ancona, dont les travaux comparatifs sur les littératures romanes sont si hautement estimés, a été amené par ses recherches à discuter une des questions les plus intéressantes de l'histoire littéraire du moyen âge, la connaissance plus ou moins sérieuse qu'on eut, aux divers siècles, de la biographie de Mahomet. Des distinctions profondes sont ici nécessaires. Il y a loin de la conception des chansons de gestes,

1. Reproduit dans un mémoire sur les remaniements italiens du Trésor de Brunetto Latini. (Reale Accademia dei Lincei, année 1888.)

où Mahon est considéré comme une idole, adoré en compagnie d'Apollin et de Tervagan, aux raisonnements très sensés que font quelques docteurs du xiie et du xiii0 siècle sur la théologie musulmane1, ou aux vues malveillantes, mais après tout assez conformes à la réalité, de l'auteur de Sidrach sur ce gardeur de chameaux qui entraîne sa tribu à la conquête de l'empire romain dégénéré2. Ce qui frappe, après qu'on a lu le beau mémoire de M. d'Ancona, c'est l'unité de cette légende, du moins telle qu'elle se trouve chez les écrivains ecclésiastiques. La vieille idée d'une idole ou d'un démon caché dans une idole est tout à fait écartée. Mahomet, pour tout le moyen âge ecclésiastique, est un hérétique, un second Arius, pire que le premier. Sa légende est calquée sur celle des grands hérétiques légendaires, Simon le Mage, le diacre Nicolas. Dans les écrits populaires, il s'y joint d'atroces calomnies, destinées à couvrir d'ignominie l'auteur du grand mal que la chrétienté voulait à tout prix supprimer. Mais, à côté des ineptes anecdotes visant à noircir le

1. « UDde verius haeretici quam Saraceni nominari deberent. » Olivier le Scolastique, dans Eccard, Corp. hist. mecl. œvi, t. Il, p. 1409-1410.

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