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Stona délia Letteratura italiana, t. III, 1. fil, p

pièces inédites, tel est l'objet de l'opuscule de M. Giesebrecht. Il relève avec intelligence tous les faits qui tendent à faire envisager les écoles de la première moitié du moyen âge comme n'étant en Italie que la continuation de celle des rhéteurs romains. Ce point de vue est ingénieux et vrai : l'Italie, en effet, profita peu de la restauration carlovingienne ; elle vécut de ses vieilles institutions jusqu'au xie siècle; son moyen âge n'eut que deux périodes : celle de la décadence des études antiques, celle de la fondation des études scolastiques et des Universités au xue siècle. La nature et l'objet de cette culture ne tranchent pas moins nettement sur les habitudes du reste de l'Europe; les études italiennes (et c'est ici le point sur lequel insiste le plus M. Giesebrecht, celui où ses résultats sont le plus originaux), ces études, dis-je, sont presque exclusivement laïques. Les maîtres sont des profanes (scholasticus, scholœ magister), enseignant les lettres profanes, la grammaire, la poétique, ignorant complètement la théologie ; en un mot, les successeurs immédiats des grammairiens des écoles romaines. Les études ecclésiastiques étaient à cette époque très faibles en Italie ; la théologie y était à peine cultivée. Plusieurs personnages, au contraire,

portent le titre de philosophus. Des trois sortes d'écoles que connut le moyen âge, écoles monastiques, épiscopales et privées, ces dernières complètement nulles dans toute l'Europe durant ces premiers siècles de barbarie, étaient en Italie les plus nombreuses et les plus importantes. Les moines étaient obligés de sortir de leurs monastères pour aller étudier chez les rhéteurs *. Au xive et au xve siècle, c'est encore l'Italie qui, surtout par ses écoles de médecine, fonda l'enseignement laïque et contribua le plus efficacement à la sécularisation de la science. Les plus célèbres philologues de l'Italie au moyen âge, Papias, Burgundio de Pise, Irnerius, étaient laïques. Les souvenirs classiques s'y étaient aussi mieux conservés qu'ailleurs : Caton, Numa, Fabricius, Scipion, reviennent sans cesse sous la plume des auteurs italiens de cette époque, par suite de leurs études grammaticales. Ils ont lu Virgile, Ovide, Lucain, Stace, et parlent encore de la

1. Voici à cet égard un curieux passage de Pierre Damien : « Ca> terum, quibus non licet etiam cum hospitibus loqui, in quibus videlicet ipse Christus alloquitur et suscipitur, quomodo liceat theatralia grammaticorum gymnasia insolenter irrumpere, et velut inter nundinales strepitus vana cum sœcularibus verba conferre. (De Perfect. Monach., cap. De monachis qui grammaticam discere gestlunl.) Pierre Damien, comme Lanfranc, avait été scolastiquc, avant d'entrer dans le clergé.

vieille Rome avec un certain patriotisme. Voici quelques strophes d'Alfano de Salerne à Hildebrand, qui peuvent donner une idée de la poésie et de l'érudition du temps :

Quanta vis anathematis !

Quidquid et Marias prius Quodque Julius egerant Maxima nece militum, Voce tu modica facis.

Roma quid Scipionibus Cœterisque Quiritibus Debuit mage quam tibi ?

Cujus est studiis suse ÎXacta jura potentise.

La notice d'Alfano est une des principales de l'opuscule de M. Giesebrecht. Gomme tous ceux qui ont parlé de cet archevêque de Salerne, le plus habile rhéteur de son temps, M. Giesebrecht, a ignoré un fait important, c'est que la bibliothèque du Mont - Saint - Michel (maintenant à Avranches), possède sous son nom une traduction du Traité de la Nature humaine de Némésius, sous le titre de Premnon pkisicon, id est stipes naturalium (irpsjxvov «puaucôv) \ laquelle se trouve aussi

1. Cf. Ravaisson, Rapports sur les biblioth. des départements'de l'Ouest, pp. 185 et suiv.

mentionnée dans un catalogue de l'abbaye clu Bec du xne siècle1. Cet ouvrage n'est point indiqué dans la liste très complète que Pierre, diacre du Mont-Cassin, a donnée des œuvres d'Alfano; on n'en trouve aucune trace dans la bibliothèque de ce monastère. Faut-il l'attribuer àunautreAlfano, qui lui succéda sur le siège de Salerne ? La science et les voyages du premier, son séjour à Constantinople, sont de bonnes raisons pour le lui assigner avec plus de vraisemblance. Ne pourrait-on pas d'ailleurs trouver la solution de l'énigme dans le passage suivant : « In adnotationibus Petro diacono adjunctis, dit M. Giesebrecht, Marus quidem contendit, philosophica quoque Alphanum scripsisse opuscula, quse olim in bibliotheca Casinensi exstitissent : de Unione Verbi Dei et hominis, de Unione corporis et animae, de Quatuor Humoribus corporis et animae. Sed ne vestigium quidem horum librorum in monasterio Casinensi invenitur, et quum Petrus plane eos taceat, vehementer dubito num jure Alphano tribuendi sint, si modo unquam exstiterint 2. » L'indication de Marus convenant parfaitement au

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