‹ Mélanges religieux et historiquesChapitre 36 sur 84 · Ravaisson, op. cit., p · texte numérisé non relu

Ravaisson, op. cit., p

moitié du moyen âge sous le nom de sophie1, et qui, en se fondant plus tard dans la scolastique péripatéticienne, la modifia sensiblement, et y laissa de nombreuses traces. Le mythe par lequel l'école de Paris cherchait à se rattacher à l'Aréopagite et à l'école d'Athènes montre l'influence de cet ordre d'idées, qu'il serait possible de suivre dans tous les développements philosophiques du moyen âge. Au fond, Erigène connaissait peu la Grèce : il était ivre plutôt que nourri d'hellénisme. Quelques productions alexandrines modifiées par le christianisme, quelques bruits lointains de Platon, voilà tout ce qu'il en a saisi. Mais c'a été le sort glorieux de la Grèce, de transporter jusqu'à la manie tous ceux qui sont entrés en contact avec elle, par quelque face que ce soit. Erigène est d'autant plus passionné pour l'hellénisme, que l'hellénisme est à ses yeux entouré de mystère : l'hellénisme est pour lui une reli-

1. Ce nom de sophia, dans les études carlovingiennes, désigne en général la science profane, et en particulier la spéculation mystique. Les philosophes du temps, Erigène, par exemple, sont appelés sophistes.

Si vis uranias sursum volitare per auras, Ommate glaucivido lustrabis templa sophyœ.

Ces vers d'Erigène ont été fpubliés par M. Cousin. (Fragm. phil., t. III, Append., p. 326.)

gion, les citations grecques (par cela seul qu'elles sont grecques) lui sont presque aussi chères que celles de la Bible; comme tout philologue, il adore son objet et le ramène à tout propos.

Journal général de l'Instruction publique et des cultes, 5 septembre 1849.

Le fragment que je publie aujourd'hui d'après le manuscrit autographe de Turin ne m'a pas semblé sans intérêt pour l'histoire de la critique française. Bien que la critique n'ait été réellement fondée parmi nous qu'au xvine siècle, une littérature aussi réfléchie que l'était la nôtre au xvie et au xviie siècle ne pouvait se développer sans donner l'éveil aux discussions et jusqu'à un certain point aux théories littéraires. On ne croyait pas, il est vrai, que ces discussions pussent constituer un genre à part, et faire à elles seules le sujet unique d'un livre ou l'occupation exclusive

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