‹ Mélanges religieux et historiquesChapitre 43 sur 84 · Eusèbe, Hist. eccl., V. I · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist. eccl., V. I

2. Lyon in der Rœmerzeit, Vienne, 1878. La traduction de cet opuscule a paru dans la Revue épigraphique de M. Allmer, p. 88-89.

ce qui concerne Alexandre, Blandine, Ponticus, se passèrent dans cet amphithéâtre. Quant à la première série de supplices qui eut lieu deux ou trois mois auparavant, et qui n'eut aucun lien avec la fête fédérale, il serait loisible de la placer dans l'amphithéâtre municipal de Lyon, qui sûrement devait être entaillé sur quelque point de la déclivité de la colline de Fourvières.

C'est dans cette disposition d'esprit que je visitai, en 1878, ces beaux sites de Lyon qui joignent à des aspects si pittoresques de si grands souvenirs. J'avais les meilleurs guides et les meilleurs conseils; M. Allmer et M. Léopold Niepce eurent la bonté de m'accompagner sur les lieux ; M. Guigue et M. Vermorel voulurent bien me faire connaître leurs recherches, dont une partie a été depuis communiquée au public. L'hypothèse à laquelle je m'arrêtais à cette époque était que les deux séries de supplices n'avaient pas eu lieu dans le même amphithéâtre et que la seconde série devait être placée à l'ancien Jardin des Plantes, dans l'amphithéâtre dont l'existence était alors un point à peu près admis de tous.

Depuis ce temps, l'hypothèse de M. Marti n- Daussigny a subi les plus vives attaques. On doute de l'exactitude de ses plans, de la justesse de ses

mesures. M. Vermorel, qui, en 1878, admettait l'hypothèse d'un amphithéâtre ou d'une naumachie au point dont il s'agit, a depuis renoncé à ce sentiment1. La grande difficulté vient de la pente rapide du terrain au sud de la rue du Commerce. S'il est naturel d'admettre que les gradins de l'amphithéâtre aient entaillé la colline au-dessous de la caserne du Bon-Pasteur, on comprend moins qu'on se fût imposé de l'autre côté un travail de substruction vraiment colossal. Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel des faits acquis, l'existence de l'amphithéâtre de l'ancien Jardin des Plantes est trop douteuse pour qu'il soit permis de placer de ce côté la scène des martyres. Il faut attendre que M. Vermorel expose au public les résultats nouveaux auxquels l'ont mené ses consciencieuses recherches. Si nous ne nous trompons, c'est l'autel même d'Auguste qu'il placera au square de l'ancien Jardin des Plantes. Les massifs de maçonnerie qu'on y a vus représenteront les substructions de l'autel, et la section courbe qu'on a prise à tort pour une partie d'amphithéâtre deviendra l'exèdre où étaient les sièges des soixante peuples. Il est certain que les

1. Revue critique, 12 juillet 1879 ; Raverat, ouvrage cité, p. 14 et suiv., 32 et suiv.; communications épistolaires de M. É. Pélagaud.

inscriptions relatives à ces curieuses institutions gallo-romaines se groupent bien autour de l'ancien Jardin des Plantes comme autour d'un point central.

III. — Arrivons à l'hypothèse qui, moins par sa propre force que par la faiblesse des autres, semble devoir être préférée. Plusieurs archéologues lyonnais supposent qu'un amphithéâtre a existé sur l'emplacement actuel de la place Saint- Jean, devant la cathédrale, ou plutôt vers la rue Tramassac, presque au niveau de la Saône et à la naissance même des hauteurs de Fourvières. Le Père Menestrier énonça cette idée en passant et sans y tenir ; car ailleurs il paraît la contredire * Artaud, Ghenavard, Monfalcon, l'adoptèrent. Personne, il est vrai, n'a vu aucune partie de cet amphithéâtre, et l'inscription du consulat d'Orfitus (172 après J.-G.) :

DEDIC * XVIII ' SEPT

ORFITO ET MAXIMO

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