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Muratori, Ant. ital. t. III, col

4. a Nosti, écrit-il, quanto studio librorum exemplaria undique conquiram, nosti quot scriptores in urbibus aut in agris Italiae passim habeantur. » Epist. CXXX. Cf. Epist. XLIV (Bibl. Max. Patr., t. XVII, p. 675).

l'histoire littéraire de l'italie. 325

Mais c'est surtout au xve siècle que les "goûts libéraux des maisons princières, l'émigration grecque, et l'incomparable activité littéraire qui s'était emparée de toutes les classes de la société, achevèrent d'assurer à l'Italie la gloire des bibliothèques, et en firent une seconde fois l'héritière des richesses antiques. Jamais peut-être la bibliomanie n'a été plus caractérisée que dans les érudits de cette époque. Il faut lire Yffodoeporicon d'Ambroise Traversari pour comprendre ses joies quand, à force de prières ou de ruses, il a obtenu quelques volumes des moines d'un couvent, ou qu'il a réussi à s'approprier la bibliothèque d'un religieux décédé. C'était une vraie chasse aux manuscrits par toute l'Italie. Des nuées de philologues la parcouraient dans tous les sens, fouillant les vieux cloîtres, les greniers des monastères1. « On les eût pris pour des furets, dit l'historien de Laurent de Médicis, en parlant de Politien et de ses compagnons, à les voir ainsi flairer toute chose2. » Gosme et Laurent de Médicis, Goluccio Salutati, Niccolo Niccoli, Palla

1 Voir aussi l'intéressante dissertation de Marc Foscarini: Dei Veneziani raccoglitori di codici, dans les Archives de Vieusseux, t. V.

2. a Porro ipsos venaticos canes dixisses, ita odorabantur omnia et pervestigabant. »

Strozzi, Nicolas V, avaient en Grèce et dans tout l'Orient des commis-voyageurs à leurs ordres pour la recherche et l'achat des livres. Dès l'époque de Pétrarque, les manuscrits étaient devenus des objets de curiosité pour les amateurs ; on les faisait servir, comme des statues ou des vases, à l'ornement des chambres1. Le goût de la calligraphie était à la mode2. Pétrarque en parle, comme, de nos jours, les amis des études sérieuses parlent des éditions de luxe. Pestis mala sed recens, et quae nuper divitum studiis irrepsisse videatur3.

Il faut dire, à la louange de l'Italie, que l'amour des livres ne s'y est jamais affaibli, même aux époques de plus grande décadence intellectuelle. A la haute et philosophique curiosité qui fait rechercher les livres pour ce qu'ils apprennent, succède le goût bien moins noble, mais utile encore, du bibliophile. Sirlet, Ascanio Colonna, Angelo Rocca, Altaemps, Marsigli, Alexandre VII (Chigi), Gasanate, Magliabecchi, Maruccelli, Nani, Benoît XIV, Quirini, Passionei, s'ils restèrent bien au-dessous des Pétrarque, des Médicis,

1 « Sunt qui hac parte supellectilis exornent thalamos, neque aliter his utantur quam tabulis pictis aut vasis corinthiis. »

2. De là le nombre prodigieux de manuscrits du xve siècle, la plupart illustrés, qui encombrent toutes les bibliothèques d'Italie.

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