Anon. Salernit. apud Pertz, Mon. Germ. hist., III
des Marses, quod in antiquis libris ut Stella rétrograda arderet. La splendeur de l'école de Salerne et de celle du Mont-Cassin, à l'époque de Didier1, la gloire de Constantin l'Africain, d'Alfano, de Guaifre, appartiennent à la même zone littéraire2. Au xie siècle, Alfano parle d'A versa comme d'une nouvelle Athènes.
Aversam studiis philosophos tuis Tu tântum reliquos vincis ut optimis Dispar non sis Athenis.
Il salue le grammairien Guillaume, porté par son savoir au comble de l'opulence et des honneurs.
Cui tôt Aversae studiis adauctum Oppidum census dédit atque dulcis Culmen honoris.
L'abbaye de Casauria était une de celles auxquelles s'appliquait le reproche de Pierre
1. L'abbé Didier, dont le nom se rattache à l'époque la plus brillante du Mont-Cassin, apprit la grammaire à l'âge de quarante ans, et composa, dit Pierre Diacre, des livres dans le beau style du temps, in quibus, qui vult, grammaticœ tramitem et monochordi sonori magade reperiet notas. (De Viris illust. Cassin., c. xvm, apud Muratori, Script. VI, 32.)
2. Rome, au contraire, paraît avoir été l'un des points les moins lettrés de l'Italie, Cum hoc tempore, dit Gerbert, Romae nullus pêne sit, ut fama est, qui litteras didicerit. (Acta Conc. Remensis. in
Damien, de mieux observer les règles de Donat que celle de Saint-Benoît. Alfano, si lettré luimême, raille agréablement un jeune moine de cette abbaye, plus passionné pour les subtiles hérésies d'Aristote et de Platon, que zélé pour l'observation de ses devoirs monastiques1.
L'aventure tragique de Vilgard, racontée par Raoul Glaber, peint à merveille les goûts classiques et profanes des maîtres italiens du xie siècle : « En ce temps-là, dit Raoul, il s'éleva à Ravenne un étrange scandale : un certain Vilgard, passionné plutôt que zélé pour l'étude de la grammaire, selon le goût des Italiens qui cultivent cet art à l'exclusion des autres2, enflé d'orgueil par son savoir, en vint jusqu'au délire. Une nuit, les
Pertz, Mon, Germ. hist., III, 673.) Le témoignage de Bonizon,cité par M. Giesebrecht, n'est pas plus favorable : Languescente capite, in tantum languida erant cœtera membra, ut in tanta Ecclesia vix unus posset reperiri quin vel illiteratus, vel symoniacus, vel esset concubinarius . Au temps de Grégoire VII, Atton, cardinal du titre de Saint-Marc, s'adressant aux chanoines de son église : Scio, dilectissimi fratres, quod duœ causœ sunt ignorantiœ vestrœ, una quod œgritudo loci extraneos qui vos doceant hic habitare non sinit, alia quod paupertas vos ad extranea loca ad discendum non permutât abire. (Mai, Vet. script, nova coll., VI. B. 60. ï
1. « Taies grammaticos, ajoute-t-il, mittit Aternus. » (Giesebrecht, p. 32-33.)
2. « Studio artis grammaticae magis assiduus quam frequens, sicut Italis semper mos fuit artes negligere caeteras, illam sectari. » (Apud dom Bouquet, t. X, 23.)
l'histoire littéraire de l'italie. 333
démons lui apparaissant sous la figure des poètes Virgile, Horace, Juvénal, lui rendirent de perfides actions de grâces pour son ardeur à étudier leurs livres et à propager leur autorité; en retour de ses efforts, ils lui promettaient de l'associer à leur gloire. Séduit par cette ruse de l'enfer, le grammairien se mit à enseigner beaucoup de points contraires à la foi, et il affirmait qu'il fallait croire en toutes choses les paroles des poètes1. A la fin, il fut convaincu d'hérésie, et condamné par l'archevêque Pierre ; on trouva en Italie plusieurs hommes infectés des mêmes opinions, et tous périrent aussi par le glaive ou par le feu. » L'exemple de Vilgard n'est pas, du reste, isolé. Plusieurs fois on vit le clergé s'élever contre l'humanisme excessif des grammairiens : Rathier de Vérone, Gumpold de Mantoue, parlent avec vivacité de ceux qui se passionnent pour les fables antiques et les préfèrent aux histoires sacrées et aux études ecclésiastiques2.
11 est un point sur lequel M. Ozanam, après Tiraboschi, insiste avec quelque chaleur : c'est l'apologie de saint Grégoire contre les actes de vandalisme qu'on lui a reprochés. Certes, il n'y