‹ Mélanges religieux et historiquesChapitre 54 sur 84 · Poésies popul. lat. du moyen âge (1847), p. 61 et suiv · texte numérisé non relu

Poésies popul. lat. du moyen âge (1847), p. 61 et suiv

du moyen âge, il y a bien quelque équivoque dans la dénomination que nous leur donnons de chants populaires l. On se tromperait, ce me semble, si l'on croyait que les pièces publiées dans les curieux recueils de Follen, Grimm, Schmeller, Wright, du Méril, étaient chantées par le peuple. C'étaient ou des chants de monastères ou des chants d'étudiants. Quand le peuple chantait, l'intrusion de la langue vulgaire était bien plus prononcée 2. Quant aux chants de circonstance, comme celui des bourgeois de Modène assiégés par les Hongrois 3, on n'est pas plus autorisé à croire qu'ils ont été réellement chantés qu'on ne le serait à supposer que le chant des Perses d'Eschyle retentit à Salamine. Je pense également que les prédications n'avaient lieu en latin que dans les monastères. Lorsqu'on voit saint Césaire, au vie siècle, abandonner les tours savants et la syntaxe compliquée de l'ancienne langue, pour être populaire et mieux compris; lorsque saint Gré-

1. Voir les réflexions fines et judicieuses de M. Magnin sur la poésie populaire et l'usage de la langue vulgaire au moyen âge. (Journal des Savants, janvier 1844 et janvier 1848.)

2. Ainsi, dans les Èpitres farcies, dans celle de saint Etienne, par exemple, le refrain répété par le peuple était en français; de même dans l'hymne burlesque de la messe des ânes, dont le latin, presque macaronique, était cependant bien fait pour être compris de tous.

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