Albanès, pp. 21 et suiv
Le succès de Douceline à Hyères fut rapide et frappant l. Beaucoup de pieuses dames se joignirent à elle et se mirent sous sa direction. Hugues fut le régulateur de l'institut naissant : « Quand la sainte mère vit que son humble compagnie croissait peu à peu par la grâce de Dieu, elle voulut écrire pour elle et pour ses filles une règle et manière de vivre. Et, pour faire la chose plus fidèlement et plus vraiment, elle voulut avoir, pour la composer, le conseil du saint père. Elle vint donc à lui avec sa petite compagnie, le priant humblement et dévotement de leur donner une forme et manière de servir Dieu. Et il la leur donna vraie et telle que qui voudra la suivre ne pourra pas douter d'être sauvé2. » C'était bien, en effet, un type nouveau de vie religieuse que Douceline s'imaginait créer. Les béguines de Provence n'étaient pas des religieuses ; elles n'avaient pas d'église à elles ; elles ne chantaient pas l'office; elles ne renonçaient pas à leurs biens3. Douceline établit à cet égard une différence entre ses filles et elle. Pour son compte, elle pratiqua la pauvreté absolue ; mais Hugues ne voulut pas