Albanès, pp
PHILIPPINE DE PORCELLET. 385
qui était lecteur au couvent de Paris, se trouvant de passage à Marseille, désira la voir, et, après lui avoir parlé de Notre-Seigneur, il lui dit: « Dame Douceline, qu'est-ce que l'âme? » Et la sainte de Dieu répondit humblement : « Frère, ce n'est pas à moi, qui suis une femme simple et pauvre de tout bien, de répondre à cette question. » Plusieurs heures après, étant tout à fait ravie, elle dit : « Qu'est-ce que l'âme ? Le miroir de la majesté divine, et en elle Dieu a mis son sceau. » On rapporta cette réponse au grand lecteur, qui dit en l'apprenant : « En vérité, tous les maîtres et tous les lecteurs de Paris n'auraient pas pu résoudre mieux cette question. » Un autre religieux lui demanda un jour * : « Dame Douceline, dites-moi comment Dieu parle aux anges et aux saints du paradis, puisqu'il n'a ni bouche ni langue. » La sainte, toute animée, lui répondit: « Frère, Dieu parle aux anges et aux saints, en ce sens qu'en regardant en lui ils y voient et entendent tout ce que Dieu veut leur dire. » Le religieux, émerveillé de cette réponse, avoua encore que tous les maîtres de Paris n'auraient pas pu répondre aussi bien.