‹ Mélanges religieux et historiquesChapitre 78 sur 84 · Albanès, p · texte numérisé non relu

Albanès, p

Douceline fut ainsi, pendant environ quinze ans, un personnage de la plus haute notoriété. Couverte par la protection des comtes de Provence, la maison du Roubaud de Marseille prit les plus grands développements. Le lien avec la maison d'Hyères ne fut pas rompu. Douceline voulut que les deux maisons n'eussent jamais qu'une seule supérieure. Les premières dames de la noblesse du pays lui amenaient leurs filles. Le bruit de ses miracles remplit la contrée. L'église des franciscains de Marseille, où elle passait ses journées, ne désemplissait pas. Le peuple accourait en foule pour la voir, pour toucher ses vêtements 4. On fut obligé d'employer la force pour prévenir des malheurs.

Il y eut sans doute, dans les conditions économiques et sociales du siècle, des causes plus sérieuses au succès de Douceline. La maison du Roubaud de Marseille fut évidemment une retraite commode, appropriée aux idées et aux besoins du temps, pour les dames de la classe noble qui ne vivaient plus ou ne voulaient pas vivre dans les liens du mariage. La vie religieuse proprement dite était un parti bien plus grave et

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