DU CONCILE TENU A CONSTANTINOI'I.K
nous ont conservé un pjissa^^e dr. saint Ani|)lnlo([ui; , lequel hc r.'ipporlc ;i l'un des doirnios les plus inijioitanls de. la rcli^Mon culholi(jue , à rKucharislie. Coniine cet illustre Pcro est moins ('onnu(|n(' (juehjues-uns de ses contemporains , il sera bon de citer (piclijucs-uiis des l(''m()ii,Miai;es itMidns par eux h son mérite.
Saint Am|)hilo(jne était évéque d'Icône en Lycaonic, sous le rè£!;ne d(* Th(''()d()S(\ Théodoret rapporte dece saint prélat un trait tiui montre son intrépidih' à défendre la foi contre les hérétiques. Un jour, il s'adressa à Théodose pour k; prier d'interdire les assemblées des Ariens. L'empereur trouvant cela trop rude , ne voulut pas l'accorder. L'évéque se retira sans rien dire. Revenu une autre fois avec quehiues-uns de ses collègues , il rendit à Théodose tous les devoirs ordinaires sans faire attention à son fils Arcade, déclaré Auguste depuis peu. L'empereur crut qu'il n'y pensait pas et l'avertit de saluer son fils. Saint Ampliiloque répliqua qu'il suffisait de rendre les honneurs à l'empereur lui-même. Théodose irrité commandait déjh qu'on le chassât de sa présence, lorsque l'évéque se tournant vers lui , dit à haute voix : « Seigneur, vous ne pouvez souiïrir que l'on méprise votre fils : doutez-vous que le maître de l'univers soit moins sensible aux blasphèmes et aux outrages que l'on profère contre son fils ^ ? Parmi les épîtres de saint Basile, il y en a plusieurs qui sont adressées à saint Amphiloque ; dans l'une d'elles , il l'appelle son frère chéri et l'assure qu'il occupe dans son estime une place supérieure à celle de tous les autres^. Ailleurs le même Père témoigne son admiration pour la soif d'apprendre qui dévore l'évéque d'Icône, et en même temps pour l'humilité qui le porte à aller demander des connaissances à ceux dont il pourrait être le maître ^.
' Theod. hist. Eccl. lib. V. c. XVI. tom. III. 214. Cette anecdote et la croyance généralement répandue dans l'Eglise grecque , que saint Amphiloque avait été élu évéque parles anges, sont rapportées avec une foule de détails dans les actes donnés par Métaphraste. Voir l'ouvrage du P. Combefîs, p. 388 et seq.
-*• De Spir Sanot. c. I. tom. III. p. 1. Dans le fait , ce traité est dédié par saint Basile à saint Amphiloque. "' Kpist. CXCIX.
:^88 COMPTE RENT)l] SUCCINCT
wSaint Grégoire de Nazianzc rappelle le pontife sans tache , !e niessage de la vérité et ses délices ^)) Saint Jérôme le place sur la même ligne que les deux Pères dont nous venons de donner les jugements , et le regarde comme égal à eux sous le rapport de la science sacrée comme sous celui de l'érudition profane ^ : il ajoute qu'il vient d'entendre la lecture de son ouvrage sur le Saint-Esprit^.
Des éloges aussi magnifiques , venant de la part de gens qui ont eux-mêmes mérité d'être loués , doivent nécessairement exciter en nous un vif désir de savoir l'opinion de saint Amphiloque sur certains points qui ont fait de nos jours l'objet d'une ardente controverse et, bien qu'un catholique n'ait rien à redouter de la découverte d'un nouvel écrivain ecclésiastique, assuré qu'il peut être que l'ami des Grégoires , des Easiles et des Jérômes partageait indubitablement leur croyance, néanmoins il ne peut se défendre d'une certaine émotion en tournant les pages de quelque écrit inédit des Pères. Malheureusement la plupart des œuvres de saint Amphiloque ont péri. Le père Combefis qui publia ce qui en reste , avec les ouvrages de saint Methodius et d'André de Crète*, ne put rassembler de lui que quelques sermons , une épître en vers et quelques fragments incomplets , épars dans d'autres écrivains. Parmi ces fragments est un passage d'un sermon conservé par Théodoret ^ sur le texte même qui provoque la convocation du Concile dont nous avons parlé. Cette autorité était trop précieuse pour que le synode négligeât d'y recourir : aussi trouvons-nous le sermon de saint Amphiloque cité dans ses actes. Heureusement, ce dernier fragment va plus loin que
' ' Carm. paraenet. ad Olymp. Virg. V. 102. torn. II. p. 134.
^■î Ep. LXX. Ad Maj. Orat. t, I. p. 427.
■^ De viris illust. c. CXXXIII. t. II. p. 938.
* SS. Patrum Amphilochii , Methodii et Andreaa Cretens. Opera omnia. Paris «644.
'"^ E!d. Combefis. 143 Cette partie du sermon se trouve dans Théodoret. Dial. I. torn. IV. p. 43.
Dl CONCH.K TFNlî A CONSTANTINOPLK. TiS!)
celui qu'il donne'; TIkmkIoimM ', ri l;i portion (\\\o nons on j)Ublions anjouKrinii pom* hi pnMniric fois contient une expression (le III plus li.'iule iinpoitaiKN'.
Saint Anlpllllo(pI(^ voulant ('\|)li(|U(M- connnent Jésus-Christ est à la. l'ois éi^al et inférieur à son Père , cite un certain nortihre d'actions de sa vie, opposées les unes aux autres et qui caractérisent les opérations de* sa double nature. Voici ses propres paroles ;
a Le Père est done ]ilus grand que celui (jui va l\ lui , mais non ])as que celui (jui demeure toujours avec lui. Qu'on me permette de développer ma pensée : le Père est à la fois j)lus grand et égal ; il est plus grand (jue celui «jui demande : (( combien avez-vous de pains?* » il est égal à celui qui rassasia la multitude avec cinq pains ; il est j)lus grand que celui qui posa cette question : k où avez-vous mis Lazare? » égal à celui à qui une parole suffit pour ressusciter Lazare ; il est plus grand que celui qui dit : « Qui m'a touché? » égal à celui qui arrête la perte de sang d'une pauvre femme ; il est plus grand que celui qui sommeillait dans la barque, égal h celui qui apaisa la mer ; il est plus grand que celui que Pilate jugea , égal à celui qui vint soustraire le monde à la sentence portée contre lui ; il est plus grand que celui qui fut maltraité et crucifié entre deux voleurs, égal à celui qui justifia le larron repentant; il est plus grand que celui qui fut dépouillé de ses vêtements , égal h celui qui revêt l'ame d'une robe d'innocence ; il est plus grand que celui auquel on présenta du vinaigre pour étancher sa soif , égal h celui qui nous donne son propre sang à boire; il est plus grand que celui dont le temple fut détruit , égal à celui qui , après la destruction de son temple , le releva lui-même ; il est plus grand que le premier , égal au second. »
* pp. q.lO., mais sous le titre de sermon contre les Ariens.
'^ Par suite d'une erreur assez étrange , ce membre de phrase se trouve omis dans le texte grec , bien qu'il existe dans la traduction latine placée un peu plus bas.
390 COMPTE IlENDi: SUCCINCT
En présentant ce texte pour la j)remi(Te t'ois h l'attention des théologiens , et je |)iiis en qncîlque sorte dire du public , je nne perniettrai de l'accompagner decpiclques remarfjues.
1" On voit au premier abord que saint Am])liiloque a réuni d'un seul côté dans son parallèle toutes les actions de notre Seigneur qui tendent à démontrer son égalité avec le Père , en prouvant sa toute-puissance. Sans doute, il existera toujours une différence immense entre les miracles de Jésus-Christ et ceux qu'ont opérés ses apôtres , en ce sens que ceux-ci ne prétendaient agir qu'en vertu de la délégation de leur maître et en invoquant la puissance de son nom , tandis que lui n'hésitait pas à s'attribuer le droit et la faculté de faire des prodiges par lui-même ; toutefois les Ariens n'auraient pas manqué de répondre au récit des miracles ordinaires , en les .comparant a ceux du môme genre opérés par les apôtres qui ne revendiquaient en aucune façon le caractère de la divinité. C'est pourquoi saint Amphiloque a soin de donner, par une gradation constamment ascendante , une série d'exemples qui peuvent défier toute espèce de comparaisons et démontrer que notre Seigneur est en possession de la toute-puissance. Jésus- Christ , dit le saint évêque , se montre égal à son Père , en absolvant le monde du jugement quia été porté contre lui , en justifiant le bon larron, et en lui accordant un pardon gratuit , en revêtant l'ame de grâce et en se ressuscitant lui-même d'entre les morts^. » Ce sont là les plus fortes preuves qu'on puisse tirer de la vie adorable de notre Sauveur pour faire voir qu'il se proclamait l'égal de son Père.
2" C'est au milieu de ces miracles, tous appartenant -à l'ordre le plus élevé , c'est parmi ces preuves irréfragables de la toute-puissance de notre Seigneur, que saint Amphiloque place l'institution de la divine Eucharistie : « 11 (le Père) est
' Cet argament tiré de la Résurrection , apparaît dans toute sa force dans l'éloquent sermon de saint Amphiloque sur ce sujet, (Ribl. Patrum , p. 487). Du reste , les quelques fragments que nous possédons de lui , suffisent pour justifier ses droits au rang élevé que lui assigne saint Jérôme. Son éloquence est incisive et passionnée et respire une piété à la fois tendre et ardente.
Dr coNCM.r: tfm* a constant inopi.f .iOl
égal h ('('lui qui nous donuo son proprn smu/ à hnirc. )> Saint Am[)lHl()(jii(* voil donc un iniracln^ot un inirac.I'' Ho la plus ôlonnaiilc espèce dans le saini Saci'ernent. (a'osait-il donc (joe ce IVit là nn siinph» symbole? Mais l'inslitulion d'un symbole ne suj)|)ose pas dos droits ;i la lonlo-puissancc. Qnicon(|ue rassemble des disciples cl loiidc une vvà)\v. jxmiI cr'éei' dos symbol(\s. Les Pylliai^oiicicns en avaient aussi bien (jue los piètres d'L;4:ypte; les francs-magons et les orangistos on ont encore de nos joui's ; ceptMidant , dans tout celii . il n'y a pas l'ombre d'nn miracle. Le signi^ de la croix est sans doute un symbole j)récieux et vivant de la passion de notre Sauveur ; toutefois (|uic()n(|ue l'a institué n'a pas voulu prouver par là qu'il était égal au Père. Ce n'est (jue parce (ju'il soutient la présence du sang de Jésus-Christ sur l'autel , que le grand et saint docteur donne de la consistance et un sens b son raisonnement.
\Y Saint Ampliiloqne se sert de ces mots zo ov/jSov cfl\j,y. ^ son propre sang. C'est bien là le sens qu'il veut attribuer ii cette expiession, et ce qui le prouve c'est que , dans un autre membre de la morne phrase, il dit : ce Egal à celui qui ressuscita son propre tem[)le, >. c'est-à-dire son corps , rôv ov/.doy ïyiipoLvroz yxôv. Ici la force de l'argument repose presque tout entière sur le mot oi/stov , le miracle consiste en ce que Jésus-Christ ressuscite son propre corps; l'analogie ne donne-t-elle pas la même importance <à l'adjectif dans le membre de phrase qui nous occupe , et le miracle ne consiste-t-il pas en ce qu'il nous donne son propice sang ciboire? Ce raisonnement détruit de fond en comble la doctrine des protestants.
4" Ce qui rend l'argumentation de saint Amphiloque plus frappante encore , c'est la tournure particulière de sa phrase. En effet, dans tout le cours de ce passage, il ne dit pas que Jésus-Christ est égal au Père , mais que le Père est égal à Jésus-Christ. Il est vrai que la nécessité de se conformer à la construction primitive du texte sacré, ce le Père est plus grand , » a probablement conduit le saint évéque à adopter cette forme peu ordinaire pour établir simplement l'égalité
392 COMPTE RENDU SlCCINCf
parfiiitc des deux ])ersonncs divines. Toutefois, on ne sauiiiit nier qu'elle donne une plus grande énergie à son raisonnement, en même temps qu'elle l'oblige ii redoubler de vigilance afin de n'apporter que des arguments solides et concluants à l'appui de sa thèse.
5° Mais il me reste une importante remarque à faire sur ce texte. Si quelqu'un de mes lecteurs se réfère au passage de saint Amphiloque dans la publication de monseigneur Mai , il découvrira au premier coup d'œil que ma traduction diffère de celle que le savant bibliothécaire du Vatican a donnée du passage que nous venons de commenter. Or, comme ma version est sans contredit plus faible et que je semble avoir abandonné la forte position théologique qu'il avait prise , je dois à la vérité et h moi-même de justifier la manière dont j'ai rendu l'expression de saint Amphiloque. Voici les paroles de son texte : ico; roO to olzelov olvoyoovyTo;, at|y.a. Le savant éditeur a traduit ces mots de la manière suivante : a JEqnaUs ei qui proprium sanguinem ex vino facit, )) puis il a ajouté dans une note , que nous trouvons là un précieux témoignage en faveur de la transsubstantiation. Sans doute cela est vrai jusqu'à un certain point , mais non de la manière que sa version le suppose, car elle indique clairement un changement. Ce n'est pas par suite d'un désir chagrin de trouver à redire que je vais entrer dans des détails philologiques , ce n'est même pas parce que je crois qu'il vaut mieux qu'une critique de ce genre vienne d'un ami que d'un ennemi : ce qui m'y pousse, c'est en partie l'amour de la vérité , et en partie la crainte qu'un de nos adversaires , tombant dans une erreur analogue à celle de l'éditeur , mais dans un esprit bien différent du sien , ne prétende que la composition du verbe en change la signification et que oIvo^/qivj implique l'idée de la présence du vin dans l'Eucharistie.
Il est incontestable que ce verbe , dans son acception primitive, signifie verser ou servir du vin. Homère et d'autres écrivains anciens l'emploient dans ce sens (le seul, par paren-
ni! CONCILK TKNl A CONSiANilNOPI.K. 'MK\
Ihrso, (ju'on Irniivi^ «liins les Icmcjik's; , coniiiK; dans ki p.issag(^ siiiviml di' TOdyssrc {o :l'-V.\ )
Mais il n'est pas moins ccrlain (jiic; co Iciini; prit dans !n siiito une sip;ni(icarK)n plus i^rnrialc , (»l fut (•ni[)loyr sirnplc;mcnl dans h* stMis do propiuarc , donner ahoirvdans un festin. C'est ainsi (jue nous lioiivons dansl(MnAine j)Octc :
XvTàp 0 Totç aXkoKji (-)£ot; hjàk\vj. nocaiv Olvoyôzi yXu/t'j vix.Tûcp *.
Kt encore, dans le tiualriènic chant ;
Msra dï CTcptcri Tiorvia *Hoy;
Le commentaire d'Eustathe sur ces différents passages décidera la question. An sujet du [nemier il s'exprime ainsi : 'X Vous saurez (|ue ohoyhivj, \\ proprement |)arler, ne se dit pas du nectar, mais seulement du vin ; toutefois , on raj)plique aussi par nécessité au nectar, comme nous aurons l'occasion de le voir dans le troisième chant , par la raison que le poète n'avait pas de terme plus relevé à sa disposition , pour rendre sa pensée. 11 existe du reste d'autres expressions tout à fait analogues, comme celle-ci : zyj,ipo)j6ixr,Gz rolç ayÀlzci^. » C'est probablement par erreur que le célèbre grammairien nous
« Voir aussi TOdyssée o 322 ; et rUliade $' 127. 2 n. ^'597. 0 ib. / 3.
* IffTécv J'è cri ro oivcococïv où xupicXeKTifirai kx] rcv véarapo^ , àXXà. rxvTUi; STTi rev oivzv réélirai </è Kxr'' kvky/cvjv xoù êri >£xrapc>;^ Ws ^^' t'y r^ y px-4jco(J'ia fCivij(j8rcii , J'ix ro fx.i] cÙTropiTiv r:> lïayfrijy crsjU,'^orépci<; avfxxoGiy.'/iyiji; AfÇtw^'. VJgI êè XXI krepx rivx rotxvrx , oJcv xx) rb tX^ipcvô/xt^jE axéXeat. Comm. t. I. p. 302. Il poursuit son commentaire en faisant observer que le nectar étant une nourriture liquide, on peut parfaitement lui appliquer le mot c/Vc%5siaBxi. — .\utres exemples de constructions analogues rx rsix^j or/.o^ofJcyiGXf£,év:*i> (Thuc. hist. lib. VII.) — ToXtopxhv ro vpovpiov (Dionys. Hal. Ant. lib. IX. G. XVIII.)
394 COMITE RENDl SI CCÎNCT
renvoie au troisième chant : il veut sans doute parler du commentaire qu'il donne au sujet du mot otvo/ostv dans le passage que j'ai extrait, du quatrième chant, car, dans ses remarques sur le troisième , on ne trouve pas même une allusion à cette expression. Voici ses propres termes : « Voyez quelle fausse a|)j)lication il fait du verbe ovjoyoïh au nectar, ainsi que nous l'avons expliqué plus longuement dans notre commentaire sur le premier livre ; il s'en sert ici comme d'un simple terme de table, et sa phrase équivaut a celle-ci : il Un donna à boire du nectar , comme si c'eût été du, vin ^
Nous possédons un autre passage qui confirme les observations précédentes , c'est une strophe de Sapho , conservée par Athénée. En parlant des dieux dont la boisson n'était certes pas du vin , elle dit :
'EpjULaç 0£ îlwj o/Tity ôeoîç àivoyor^az'^ .
Rien n'est plus loin de mon désir que de me lancer dans la controverse critique et philologique h laquelle ces vers peuvent donner naissance. Toutefois je dois remarquer : I" que l'ambroisie signifie ici la boisson des dieux ou le nectar. Athénée lui-même cite ailleurs cette strophe , pour prouver que le mot ambroisie s'emploie pour désigner le breuvage des dieux , de même qu'Anaxandride et Alemase ont eu recours à celui de nectar pour indiquer leur nourriture ^. De là vient que Suidas dit : vizrap y.où to êpt^p.a rwv Gewv ^ ; 2° qu'on ne pouvait songer à présenter comme une difficulté l'emploi du mot étrange îpnvj, substitué dans une autre citation à olniy , et que Casaubon désirait introduire ici. Rien ne saurait être plus vrai que ce qu'il prouve d'après les témoignages d'Eustathe et de Lycophron, c'est-à-dire, que îp-noç ou plutôt EPn , comme l'écrivent les Cophtes , signifiait en égyptien
' Tom. III. ,'p. 962'. * Deipnosaph. X.
•" Epit. lib. n. t. I. 1 48. * Tom. U. p. 605. Ed. Kust.
nu coNcii.K rriMi a const antinoplp Hî).")
(hi rifi . Mil diet , ChampoUion et llosrlliiii l'ont rctroiiv/* (hiiis (les lurro^lyplu's '. 'roiilclois , ini^im; cii .Kliinîtlaiit ((î point sur IimjiicI l'iTudil Scliwcij^li.iiiscr ne scrnhic p;is concevoir ronibrcd'iiii «louti», le iiiisoiiiiciiiciit du sjivîint critiquo , parait aboutii- ;i cette conclusion (juc o/ttiv cl wm epTTiv est inconlcstahlcuHMil la leçon \(''iital)l(! ; de sorl(î (jue le passaf^c de rKpitoniiî sur ki second livre doit (Mrc corrit^'é d'après la citation, faite dans le dixième; -. Anisi toute; idée de vitf (lisj)araîtdu Icxle. Assuiènienl, il serrait supcrlhi de [irouver (juc le breuvaL,M^ de l'Olympe n'avait rien de commun av(>c I(; jus de la treille.
Ces citations et en particulier les l é moi fj; nages exprès d'Eustathc , sufliront pour établir le sens de donner à boire que j'ai attribué au verbe olvoyozvj, surtout lorsqu'il s'aij;it d'une circonstance solennelle, ainsi (jue faisait Volyôyoo; dans un festin. Comme Euslallu; le remanpie à l'égard d'Homère, saint Amphiloque ne pouvait se servir d'un mot plus relevé pour exprimer le breuvage à la fois redoutable et sacré que notre Seigneur nous présente sur l'autel. En même tem])s , toute idée qui tendrait h faire supposer l'existence du vin dans le calice est écartée ; du moins , nul protestant ne pourrait se prévaloir, dans une controverse , du verbe dont saint Amphiloque a fait choix , pour prétendre que l'évéque d'Icône a voulu indiquer par là , que le vin est encore présent sur l'autel après la consécration.
i ChampoUion, lettres à M. le duc de Blacas, relatives au Musée royal de Turin. Prem. lett. p. 37. Il parle de certains flacons représentés sur des monuments égyptiens et peints en rouge jusqu'à une hauteur donnée pour figurer la liqueur. Dans une prière que Rosellini suppose adressée à Arthur et qui se trouve sur un monument funéraire dans la galerie de Florence , la déesse est suppliée de donner au défunt du vin , du lait , etc .. Ces deux breuvages sont représentés par des vases entourés d'hiéroglyphes qui en indiquent respectivement le contenu. Autour du premier flacon on remarque la plume , la bouche et le carre, ;signes phonétiques des lettres EPIl.
•-i Cet argument repose surtout sur l'emploi du participe fAcov, capiens , qui exige après lui le nom d'un vase quelconque , comme 'oXtt'iv , et non d'une liqueur, laquelle devait être précédée du participe a,pùc>iv , hauriens , ou de quelque mot semblable. Animadversiones in Athen. Argentor. 1804. v. 375.