‹ Mélanges religieux, scientifiques et littérairesChapitre 16 sur 30 · I^E FORUM ROMAIN · texte numérisé non relu

I^E FORUM ROMAIN

blablos à ceux dont nous venons de parler cxislaienl sous ce portique.

8" Prison Marner tinc.

1 3" Arc de triomphe de Septime Sévère. Ce monument étant dans toute son intégrité, rinscrif)tion qu'il porte au front défie les efforts les plus ingénieux de l'antiquaire qui voudrait en changer la dénomination.

Jusqu'ici nous nous sommes occupé du Clivus Capilolinus plutôt que du Forum lui-même , lequel , ainsi que nous le verrons , est beaucoup moins riche en monuments sur le compte desquels tout le monde est d'accord. Ici , nous nous trouvons en présence de deux édifices pleins d'intérêt et récemment découverts.

Le n" i 4 est une base circulaire , supportant un piédestal plus petit sur lequel s'élevait une colonne courte , mais d'un fort diamètre, que l'on a trouvée auprès et qui était évidemment recouverte de métal. Canina et Bunsen , selon nous avec toutes les apparences de probabilité , ont vu dans ce pilier le milliarium aureum , ainsi appelé à cause de la dorure dont il était recouvert. Cette pierre milliaire avait, dans l'ancienne Rome, la même destination que Hyde-Park, Corner ou l'Etang de Saint-Gilles à Londres , car elle servait de point de départ pour mesurer les milles sur les différentes routes qui partaient du Capitole. Du reste,, comme quelques antiquaires se refusent encore à admettre cette opinion , nous ne nous hasarderons point à mettre la colonne en question au rang des monuments qui sont l'objet d'une certitude complète.

N° 15. La ligne indiquée par ce numéro représente les ruines de quelque rostrum, ou tribune aux harangues , ornée de pilastres. Canina a eu l'heureuse idée , pour arriver à découvrir l'origine de ce monument , de consulter un bas-relief de l'arc de triomphe de Constantin , où lempereur est représenté adressant la parole au peuple du haut d'une estrade protégée par une balustrade assez basse , qui s'étend tout le long de la devanture, ne laissant qu'au milieu un espace vide

IK lOllUM UOMAIN. i2.')

pour rorjilciir. Les jiics tic lii()iii|>li(' do TiIx'mc ct dc ScpliiiK' Severn soul rrpivsoiitrs sur tu^ hiis-rclicf , «'I p(Mit-(^tre aussi \c hihiihininii . Tons CCS drt.'iils cornîspoudciil |)iirfiiil('în(înt (;t cxcliisivoincnt.'i l'endroit dii lM)iiiin dési^nr piir hMiuriiéro l*>. lV;iilI(Mii-s, la foniKMlc^ r(»stnulo (Mi (jucslion did'eic lohilcriiciil do celle desanciennes Rostres , dont une inéd.iille d(; l'alikaiius nous ollV(Mm(» re[)rés(Mitali()n |)aifaite.

N" 22. Coluunede P/iocas. Ce monument construit dans un siècle de barbarie, érigé à un j)ersonnage plus digne d'(;xécralion {]ue de louanges, demeure debout au centrer du Forum comme une ironie amère jetée h l'instabilité d'édifices bien plus grandioses et aux rêveries des antitjuaires. Comme la colonne avait été dérobée à quelque ancien monument , et qu'une partie du pilier ainsi que le piédestal tout entier demeuraient ensevelis sous la terre , elle devait , selon toutes les apparences, ap[)artenir à quelque édifice , ce qui embarrassait singulièrement les vieux antiquaires. Les fouilles mirent à découvert l'inscription gravée sur la base de la colonne et donnèrent cette fois aux savants la consolation de la certitude et de l'unanimité.

N"* 36. Temple d'Antonin et de Faust ine. Ici encore une inscription en grandes lettres sur l'entablement du portique qui subsiste encore , enlève aux antiquaires toute cause de discussion.

N" 57. Le tetiiple de Rome et de Vénus, situé en dehors de l'enceinte du Forum, peut être considéré comme suffisamment certain. Le double compartiment est passablement conservé, et grâce à des fouilles judicieuses , les fondements peuvent être retracés avec exactitude.

N" 58. L'arc de triomphe de Titus. Ce que nous avons dit du monument précédent, nous pouvons l'appliquer à celui-ci, intéressant ci plus d'un titre pour la foi d'un chrétien , à cause des sculptures dont il est revêtu , où sont représentées les dépouilles de la Judée portées en triomphe , après qu'il ne fut pas resté pierre sur pierre du temple voué à la destruction.

420 IK KOKIM ROMAIN.

11 nous faul clore ici la liste des monuments qui ne donnent I)rise à aucune contestation , faible proportion comparativement h ceux qui demeurent (încore dans le domaine du doute, servant d'aliment à des disputes sans fm et de suj(;t aux théories les plus bizarres. Quiconque s'adonne à 1 etude des antiquités romaines, doit se résigner, après ces quelques pas faits dans le sentier de la lumière et de la vérité , à errer dans les ténèbres ou tout au moins renoncer à l'espoir de jamais arriver au terme de ses investigations. Sur soixante monuments, une douzaine environ peuvent être considérés comme définitivement reconnus, et comment est-on parvenu à ce résultat? la plupart du temps à l'aide d'inscriptions qui subsistaient sur leurs murs ou trouvées parmi leurs ruines. La terre a été remuée dans tous les sens autour de ces soixante édifices, de telle sorte qu'en ce qui concerne la plupart d'entre eux , on n'a guère d'espoir que des découvertes ultérieures viennent nous apporter de nouvelles lumières. Aussi sommes-nous menacés de cette conclusion inévitable , à savoir que partout où nous serons laissés à nous-mêmes pour former notre opinion par la comparaison des témoignages des auteurs classiques , nos chances d'arriver à l'unanimité ou à la certitude sont trèsfaibles, pour ne pas dire nulles. Citons un exemple ou deux. Les trois colonnes situées à l'angle du numéro 4 , avaient toujours été désignées sous le nom de Temple de Jupiter Tonnant. Les arguments à l'appui de cette opinion paraissaient satisfaisants au premier coup d'œil. D'abord nous savions par Suétone qu'Auguste érigea un temple à cette divinité, en rcconnaissancede ce qu'il avait été préservé miraculeusement de la foudre pendant son séjour en Espagne. L'architecture du temple que nous étudions est précisément celle du siècle de cet empereur. En second lieu , Victor, un des regionarii , c'est-à-dire l'un des écrivains qui ont donné la liste des bâtiments disséminés dans les différents districts ou regiones de Rome, nous apprend qu'Auguste le fit ériger sur le Clivus Capitolinus. Ce temple est précisément situé en ce lieu. Puis une médaille d'Auguste le représente avec une façade ornée d'un portique soutenu par six colonnes corinthiennes ; or, les

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