ITALIENNES
OU réponse à certaines attaques dirigées contre le saint-siégti.
Il est do modo, dopuis longtemps, de dénoncer la religion ratholiquo comme faisant obstacle aux progrès des sciences naturelles. Quels motifs peut-on supposer à une hostilité de ce genre? Dieu seul le sait. L'Église craindrait-elle par hasard que l'étude de l'astronomie fournît des objections contre la transsubstantiation , ou que la chimie et la géologie pussent ébranler la doctrine du purgatoire? La vérité est que toutes les fois qu'on a élevé une accusation semblable avec quelque apparence de raison, ce n'étaient point les dogmes catholiques qu'il s'agissait de défendre, mais les bases mêmes sur lesquelles repose le christianisme en général. Dans la malheureuse affaire de Galilée , la sollicitude du tribunal qui le condamna fut éveillée , non par la crainte de voir tirer de ses principes des conclusions contraires à tel ou tel point de la doctrine que maintiennent exclusivement les catholiques, mais par le désir de faire taire des objections contre l'inspiration ou la véracité des livres saints. Ses juges défendirent la cause , non point de Rome ou du saint-siége , mais du christianisme en général , et .
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bien qu'ils se soient trompés dans leurs ojjinions et dans leur jugement, rien ne serait plus injuste que de les accuser d'avoir cherche à soustraire aux investigations de l'examen philosophique aucune des doctrines qui font le sujet des contestations entre les catholiques et les protestants.
Néanmoins , c'est le procès de Galilée qui , mal interprété à -dessein et représenté sous un faux jour, non-seulement par des protestants mais encore par un trop grand nombre de catholiques; qui, plus mal expliqué et maladroitement défendu par d'autres, a constamment servi de prétexte aux accusations de cette nature qu'on a dirigées contre Rome. Notre intention n'est pas d'examiner ici la force de cet argument, car il faudrait pour cela entrer dans des détails qui n'auraient aucun rapport à l'objet immédiat de cette dissertation. Nous nous bornerons à constater, qu'à part ce procès unique et tristement singulier, qui n'eut du reste pour effet que la condamnation d'une opinion particulière et non d'une science en général , il est impossible de prouver par des faits que Rome ait jamais manifesté de la défiance contre l'étude des sciences naturelles , à plus forte raison des craintes h l'endroit de leurs résultats. Du vivant même de Galilée , Castelli , son élève de prédilection , et Torricelli , qui découvrit le vide absolu , recevaient à Rome toute espèce de protection et d'encouragements ; aussi , ce dernier ne consentit qu'à regret à venir s'établir h Florence après la mort de Galilée. Le premier Cassini, qui remplaça a Bologne Cavalieri , le même qui prépara les voies au calcul infinitésimal , fut traité avec honneur et employé par le pape , comme le fut plus tard Blangini. Cassini reçut la permission de tracer son admirable méridien dans l'église de Saint-Petronio à Bologne , et Bianchini dans l'égUse Sainte-Marie des Anges à Rome. Le savant jésuite Boscowich poursuivait à la même époque ses études et faisait un cours public : non-seulement il lui fut permis de vaquer en paix à ses occupations scientifiques , mais il se vit comblé d'honneurs et chargé de travaux importants , entre autres , d'inspecter et de faire réparer la
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coupole (l(* Siiinl-IN('H(' , loistin'cllc iiicij.ir.i d(; K'j'croulci p.ir siiili^ (Ic (inchjiics clianîj;(Mnciils iiiij)i luiciits (ju'on lit subir ;iii\ iUTS-boiilants. Sii phijsifjuc , piihlirc, eii 1758, a servi diî baso ,'i (le nombreux et excellenls ouvraj^'cs sur la lliéoric do Newton. Toutefois, cvsl à deux de ses eonlemporains , les savants pores Ja('(|uicr et Lcsueur, do l'ordre^ de; Saint-François de Paulo , (|ue revient la gloii'e d'avoir |)ul)lié le meilleur conimonlaire sur les œuvres (h; l'illustre philosophe anL;lais (1730-i^). Jacquier n'avait (|ue vin£i;t-luiit ans, lorscjucî parut la première partie ; et il occupait alors la chaire d'Ecriture sainte au colléi^e de la Propagande. Ce fait prouve qu'on laissait assez de latitude sur le choix d'un système de philosophie et d'astronomie aux professeurs chargés d'expliquer la Bible. Le môme religieux continua à jouir de la faveur de Benoît XIV et des pontifes éclairés qui lui succédèrent , jusqu'à Pie VI , sous le règne duquel il mourut.
Après lui, vinrent d'autres philosophes, aussi remarquables par leur intelligence que par leur savoir, qui n'ont cessé d'explorer à Rome les différentes provinces de l'empire de la science. Il est aujourd'hui de notoriété publique , que sir Humphrey Davy comptait dans cette ville de nombreux amis qu'il associa h ses travaux , et qu'il y fit plusieurs expériences relatives à la combustion du diamant. C'est à Rome encore , si nos souvenirs sont fidèles , qu'on essaya , pour la première fois, de prendre du sang dans les veines d'une personne vivante , pour l'introduire dans les veines d'une autre également en vie. Grégoire XVI accorda des sommes d'argent considérables pour fonder de nouveaux muséums d'histoire naturelle, dont il dota l'université romaine. Toutes les sciences sont enseignées dans la capitale du monde chrétien , d'après la méthode la plus moderne et sur le plan le plus large. Le seul livre classique d'arithmétique , où les derniers travaux de M. Cauchy aient trouvé place , est peut-être celui qu'a publié dernièrement le père Caraffa , h l'usage des cours publics que font les jésuites dans le Collège romain. Nous reviendrons sur ce point dans une autre circonstance; pour le moment,
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entions ni iiiutioro avec le sujet tjue nous nous pioposons particulièrement de traiter.
A réjjoque de la renaissance , l'Italie se livra tout entière à une manie très-innocente bien qu'extravagante , utile peut- (Hre, malgré ce qu'elle avait d'absurde. Nous voulons parler des académies qui prirent naissance dans toutes les villes et se glorifièrent de porter les noms les plus ridicules. Ces associations spontanées n'eurent guère , la plupart du temps, de résultat plus élevé que la composition , la récitation et parfois la publication de sonnets , d'idylles , d'odes , en un mot , de toutes ces pièces de poésie fugitive dans lesquelles s'exhale la verve des Italiens ; œuvres , soit dit en passant , dont la valeur est nulle et qui rentrent dans la catégorie de celles que « ni les dieux , ni les hommes, ni les colonnes , » ne sauraient approuver. A vrai dire, quelques-unes, comme l'académie de la Crusca a Florence , ont su mettre à profit leurs élucubrations ; mais cette dernière , malheureuse dans le choix de son nom , qui signifie littéralement l'académie du Son, et de son emblème qui n'est autre chose qu'une machine à bluter, se vit trop souvent exposer au ridicule. Néanmoins, il se forma dans le cours du XVIP siècle deux académies , ou plutôt deux sociétés, qui eurent un objet plus utile et plus noble ; leurs membres se proposaient d'accélérer les progrès de la science , en réunissant ensemble des talents voués à des études différentes.
Ces deux académies étaient celles des Lincei (Lyncaei) à Rome , et celle du Cimento à Florence. Leur histoire respective offre plus d'un trait de ressemblance : chacune d'elles fut organisée et dirigée par un peisonnage dont l'influence et les talents lui permettaient de rassembler autour de lui des hommes d'un rare mérite ; l'une et l'autre n'eurent qu'une courte existence , et s'éteignirent avec ceux qui les avaient fondées. Toutes deux , dans ce faible espace de temps , prouvèrent que les membres qui les composaient étaient animés d'une ardeur infatigable, qu'ils professaient des opinions saines , et que leurs recherches scientifiques n'étaient pas