X. Pégase ou Fegasse (4) se trouve au nombre des
(i) La tradition le fait naître à Vains. C*est sur cette paroisse que se trouvait le prieuré de Saint-Léonard, fondé par Guillaume le G>nquérant et qui appartenait à l'église Saint-Etienne de Caen.
(2) L*église de Saint-Martin-des-Champs se trouvait placée, jusqu'en 1806, à l'entrée de la ville, tout près du séminaire. Elle fut complètement détruite, et on réédifia beaucoup plus au centre de la paroisse une église dénuée de tout caractère.
(3) Saint Childoald. Le Concile se tint en 639.
(4) M. l'abbé Pigeon dit qu'on conserve de saint Fcgase une an-
evéques d^Avranches environ ce temps, mais je n'ay pu sçavoir en quelle année il vivoit. Il y a dedans Tevéché de Coûtances une église paroissiale sous le nom de Saint- Fraguere (i) que les peuples du lieu invoquent comme evêqued'Avranches, ils le nomment en latin Fregarius : ce peut estre Fegasius, dont le nom auroit esté changé par corruption et par laps de temps.
X[. Ragentramnus, ou Rabentranus (2) que les autres appellent Rabentraceestoit archidiacre d'Avranches, quand il en fut éleu évesque environ Tan 670. Surius en parle au quatrième tome de son Histoire en la vie de saint Philibert le 5 aoust. Saint Oûen, dit-il, establit évéque à Avranches Ragemtramnus, archidiacre, et Tinstalla en ce siège. Ce prélat vivoit du temps de saint Ouen, archevesque de Rotien, de saint Philibert, abbé de Jumiéges, et d'Hebroim, maire du palais.
XII. Saint Aubert fist bastir Teglise du Mont-Saint- Michel, et la dédia à Dieu sous Pinvocation du même archange, environ Tan 709. Selon la supputation de Sigebert en sa Cronique (les uns disent que ce fut en Tan 708 (3), l'archange saint Michel, dit-il, avertit par deux fois saint Aubert, evéque d^ Avranches, qu^il eust à faire bâtir une église à Pentrée de la mer, sur une imminence,
tique prose qu'on chantait le jour de sa fête. La Gallia ne cite pas cet êvêque.
(i)BesloD, commune de neuf cent quarante-cinq habitants, canton de Percy, arrondissement de Saint-Lô.
(2) Egalement désigné sous le nom de saint par la Gallia, Il avait été abbé de Jumiéges.
(3) Anno DCCVIII facta est repelatio beati Michaelis in monte Tumba, sub Childeberto rege Francorum et Autberto episcopo Abrincensiy Robert de Torigny, t. Il, p. 23o. Ed. Delisle. La tradition fait naître saint Aubert, en l'an 660, au pays d' Avranches, d'une famille riche et puissante.
qui à cause de son élévation s'appelle le mont de Tumbe, afin que dans ce lieu les fidèles luy rendissent leurs vœux, et qu^en ce même lieu on Tinvoquait de même façon qu'on a de coustume de faire sur le mont de Gargan en Italie (i). Saint Aubert obeyt à cette révélation, et après avoir fait bâtir cette église, il la dédia et y mist des chanoines pour y servir Dieu et y faire l'office divin. Ce lieu a toujours esté fréquenté par les pèlerins, qui y viennent accomplir leurs vœux, non seulement de tous les cantons de France, mais des royaumes et des nations étrangères. Ce saint prélat (2) fut enterré dans Péglisedu Mont (3) qu^il avoit fait bastir, où ses saintes reliques reposent présentement en un beau reliquaire d'argent fait en forme d^eglise élevée au milieu du reliquaire de la même abbaye. On célèbre sa feste le 1 7 de juin, qui est le jour de la
(i) Deux chanoines auraient été envoyés par saint Aubert au Mont Gargan, en Italie, pour en rapporter des reliques laissées, d'après la tradition, par l'archange saint Michel. Anno ab incarna^ tione DVJfacta est revelatio heati Michœlisin monte Gargano sub Zenone imperatore et Gelasio papa, (Robert de Torigny).
(2) Mort vers 725.
(3) Voici ce que dit Robert de Torigny à propos des reliques de saint Aubert. Ed. Delisle, t. I, p. 3 1 5. « Eodem anno 11 58, Ro^ bertuSf abbas Sancti Michaelis, meliorans auro et argento quœdam antiquata in capsa sancti Auberti episcopi, invenit in ea ossa ipsius sanctif excepto capite, quod perse reservatur in eodem eccU" sia in vase argenteo, Invenit etiam cum eodem corpore litteras testiflcantes idipsum, et quandam tabulam viridis marmoris. Repo^ situm est iterum corpus beati confessoris et episcopi Auberti in eodem capsa in tribus ligaturis, et marmor, et vêtus brève cum novo, in quo indicatur sub quo anno, dominicœ incamationis ita quo abbate repositum fuit tune idem corpus. *» Le chef de saint Aubert est maintenant conservé à l'église Saint-Gervais d'Avranches, où il est l'objet d'une grande dévotion.
translation de ses ossements, du temps de Richard II, duc de Normandie, et de Hildebert, abbé du couvent.
XIII. Jean I (i) du nom estoit evéque d'Avranches en Tan 840. Le nom de ses prédécesseurs ne se trouve pas depuis saint Aubert, ce qui me fait croire que Tin jure des temps et des guerres nous a caché le nom de plusieurs de ceux qui après avoir gouverné cette église, en sont allé recevoir la récompence de Dieu, devant qui leurs noms et leurs mérites sont .écrits.
XIV. Remédias (2) assista à rassemblée des evéques qui se fist à Bonlieu (3).
XV. Ansegaud assista au deuxième G^ncile de Soissons tenu dedans Teglise de Saint-Médard Tan 853 (4), et au deuxième Synode de Verberie tenu la même année. Charles le Chauve en ses Capitulaires, titre X, fait mention d' Ansegaud, evéque d^Avranches; et son nom se trouve dedans PHistoire de la vie de saint Renobert, evéque de Bayeux.
XVI . Gualbert ou Vualbert, que quelques-uns appellent Vualtier, vivoit l'an 859. Cette même année il assista et souscrivit au Concile de Toul, tenu à Savonnieres (5). L'année suivante 860, il se trouva à Constans (6), où les
(i) M. l'abbé Pigeon place cet évêque après un pontife du nom de Theodoric, qui aurait reçu Charlemagne à Avranches en Tan 800. Jean I assista en 840 à l'assemblée d'Aix-la-Chapelle.
(a) La GàUia cite avec raison Remedius après Ansegaud. M. l'abbé Pigeon parle d'un évêque du nom de Norgod I, qui aurait vécu en
(3) Apud villam Bonoilum ou Bonogisilum (Bonneuil-sur-Mame (Seine), arrondissement de Sceaux, canton de Charenton-le-Pont). Le concile eut lieu le 25 août 855. On y remarquait la présence des archevêques Amaury, de Tours, Wenilon, de Sens, etc.
(4) %6 avril.
(5) 14 juin 859.
(6) n s'agit du concile de Coblentz, tenu le 7 juin 860.
prélats etoient assemblez pour raoyenner la paix entre les princes de France, dont la desunion faisoit d^etranges desgats. II assista, la même année 860 au deuxième Concile de Toul où il signe Vualbert, evesque d'Avranches. LMnjure des temps ou des guerres nous ont osté la mémoire de plusieurs evesques qui ont gouverné TEglise d^ Avranches en ce temps.
En Pan 966 les religieux Bénédictins furent establis au Mont>Saint>Micbel et on en osta les chanoines par Tordre de Richard I, duc de Normandie. Saint Aubert, evesque d^Avranches, y avoit premièrement mis douze chanoines pour y faire le service divin, y servir Dieu jour et nuit, et y vivre dedans la pieté et modestie ecclésiastique ; mais comme les meilleures choses dégénèrent souvent, il arriva que le duc estant informé de leur mauvais» vie, les expulsa et substitua en leur place les moines, et changea l'église qui estoit auparavant collégiale, en abbatiale. Voici comme en parle Robert du Mont (i). Cette année (966). Richard marquis et duc des Normans chassa du Mont, les clers séguliers qui y estoient, et ayant assemblé de tous les monastères de Normandie de Tordre de Saint-Benoist, jusques au nombre de trente moines, il les mist en la place des chanoines pour y servir Dieu jour et nuit. Maynard (2) en fut le premier abbé, il avoit esté nourry dans Tabbaye de Saint- Vandrilles dès son enfance^ et en estoit abbé lorsqu^il fut transféré au Mont-Saint- Michel. En ce mesme temps, Richard I y fist des présents dignes de luy : et auparavant luy Rhou I, duc de Nor-
(1)966. ^ Hoc anno ejecit Ricardus marchisus Normannorum clericos sœculares de hoc monte, et aggregavit ibi monachos sub régula beati Benedicti Deo perpetuo servituros, dans édition Robert deTorigny, de M. Delisle, t. I, p. 26.
(2) 965. Maînardus I, primus abbas, dans Robert de Torigni.
mandie y avoit fait de grands dons^ environ Tan 912 et le quatrième jour de son baptême (i).
XVII. Norgot estoît evesque d'Avranches en Tan 989, comme on se void par les patentes de Richard I^ duc de Normandie^ par lesquelles il dote Teglise de Fecan, dans ces mêmes lettres il est fait mention de Norgot^ evesque d'Avranches Tan 991. Maynard, premier abbé du Mont- Saint-Michel, mourut le 16 avril ; il avoit esté vingt-cinq ans abbé et avoit gouverné son église et ses moines saintement et religieusement. Le duc faisoit si grande estime de sa vertu quMl se transporta en personne au Mont- Saint-Michel pour assister à ses funérailles. En sa présence on procéda à l'élection d^un nouvel abbé, qui fut Maynard II« du nom (2), neveu du précédent, et qui estoit profez de Pabbaye de Saint- Vandrille. Peu de temps après, Norgot, evesque d^Avranches, se demist de sa dignité épiscopale pour se faire moyne bénédictin au Mont-Saint-Michel sous la discipline de Tabbé Maynard; aussi celuy qui en toute sa vie n'avoit appris qu^à obeyr, commença à commander à un prince d^Eglise, de qui un peu auparavant il estoit dépendant. Environ Pan 992, Conan, duc de Bretagne, fut enterré au Mont-Saint- Michel, où il avoit choisi sa sépulture : il respectoit tresparticulierement Pabbé Maynard, lequel mourut le 5 juillet, Tan 1009, ayant été abbé dix-huit ans. On Tenterra en la place des abbez proche son prédécesseur, se voyant vieil il avoit de son vivant fait procéder à l'élection de son successeur qui fut Hildebert I^.
L^an 992, on avoit esleu Roland, moyne du Mont-
(i) M. Tabbé Pigeon cite après Walbert un Jean II, qui aurait vécu en 916.
(2) Anno DCCCCXCI successif Mainardo abbati Mainardus nepos ejus, dans Robert de TorignL
Saint-Michel, archevesque de Dol, et qui fut sacré la mesme année, il mourut Tan 1004 et voulut estre enterré en Feglise abbatiale du Mont-Saint-Micfael, d^où on Pavoit choisi. II y a encore en ce temps le nom de quelques evesques qui ne se trouvent pas.
XVIII. Maingis, ou Maugis signa avec Robert, archevêque de Rouen, et avec tous les autres évêques de Normandie à la fondation de Teglise de Saint-Pierre-de-Claire- Fontaine, qu^ils déclarèrent indépendante de la juridiction de Tarchidiacre, et même de celle de Tevesque, sinon en trois chefs, savoir : i^ Quand il seroit nécessaire de reconcilier cette église ; 2® quand il faudroit avoir des Saintes Huiles ; 3^ quand il faudroit reconcilier des pénitents. Ces patentes se voient dedans les archives du monastère de Saint-Pierre-du-Val, eveché de Chartes. Son nom se lit pareillement dedans Pacte par lequel Henri II, duc de Normandie, confirma tous les dons et revenus, que Richard I avoit fait à Tabbaye du Mont-Saint-Michel, et en augmenta de beaucoup le revenu. Ce fut Tan 1024, ce même acte signé de Richard II, duc de Normandie, de Richard et Robert, ses fils, de Maugis, evéqued^Avranches, de Robert, archevêque de Rouen, de Hugues, evéque de Bayeux, de Robert, evéque de Coutances, de Hugues, evêque d'Evreux, et de Herbert, evéque de Lisieux. Cette même année 1024, Teglise du Mont-Saint-Michel, bâtie par Richard II, fut dédiée par Maugis, lequel avoit administré la bénédiction nuptiale en la même église du Mont, Tan 1017, à Richard II, duc de Normandie, et à Judith, ou Yvette, fille du duc de Bretagne, qui fut sa première femme. La même année 10 17, mourut au Mont-Saint- Michel, Hildebert I, qui en estoit abbé, et ses funérailles furent célébrées par Maugis, le 7 janvier. On éleut en sa place Hildebert II, fort chery de Richard II, lequel à la
suasion de cet abbé fist de beaucoup accroître les bâtiments dePabbaye. Hildebert II mourut Tan 102 3 (i) le 3 février. On choisit en sa place un nommé Supo, lequel par humilité ne Taccepta pas, c'est pourquoi, par une nouvelle élection on y éleva Almodus, Manceau de nation^ homme de grande vertu et de grand esprit, qui fut au commencement fort chery de Richard II, duc de Normandie, mais par après le duc croyant en avoir été desobligé, il aima mieux se démettre de sa dignité abbatiale en To32 que de voir mal-voulu de son prince. Cependant le duc ayant reconnu son innocence, lui donna au même temps Tabbaye de Cerisi (2), qu'il avoit fait bâtir, oîi il est mort. Theodoric (3) luy succéda en Tabbayè de Mont-Saint-Michel, qui mourut en io33, Supo éleu en même temps, mourut en 1048. On établit en sa place Raoul de Beaumont, qui commença à accroître le bâtiment de Teglise, mais la mort Tenleva en 10 58, auparavant qu'il eust la consolation de voir la fin de son entreprise. On lui donna pour successeur Renaut, qui fut fort chery du duc.