‹ Mélanges (volume 2)Chapitre 6 sur 39 · livre des deux mains, avec cette inscription : f Sigil Rollandi · texte numérisé non relu

livre des deux mains, avec cette inscription : f Sigil Rollandi

Decani Abrincen, VoirDemay, Inventaire des sceaux de la Nor* mandie, p. 264.

son siège. L^an 1 183, le jour des Cendres, le pape Ludus III le créa cardinal-diacre, et mourut en 1 186. Robert du Mont, faisant réloge de Richard, evéque d'Avranches, dit qu'il étoit aymé universellement de tous, à caused*une certaine honnêteté et bienséance qu'il avoit à Tendroit de tout le monde, qui luyattiroit mille bénédictions de son peuple. Il est enterré en son église caihedrale, devant la chapelle Saint-Martin et Sainte-Agathe, intra pilos Ecclesiœ.

D'or à 6 annelets de gueulles 3, 2, i. au bâton

componné (Tor et cTa^^ur,

XXVII. Guillaume Burel, doyen des chanoines de Saint-Pierre de la Court (i) fut déclaré evêque d'Avranches. La même année 1 182, ce prélat demeura paisible en sa cathédrale^ oîi il se plaisoît extrêmement, il y laissa beaucoup de ses biens, y voulut être inhumé étant mort le 7 mars environ Pan 1 1 9 1 . Son corps repose devant la sacristie de la même église.

XXVIII. Guillaume, que le Cartulaire de Tabbaye de Savigny appelle Toloom, les autres Ptolom et qu'on nomme ordinairement Guillaume Foulon ou Guillaume de Foulon, fut éleu le 1 7 octobre 1 1 90, comme on l'apprent par les mémoires de Richard Cœur-de-Lyon, roy d'Angleterre, duc de Normandie. En 1 193, toute la Normandie fut mise en interdit par les cardinaux Octavian, evêque d'Hostie (2), et Jourdain, evêque de Fosse-Neuve, à cause que ces prélats ne furent pas bien receus en Normandie, d'autant qu'ils soûtenoient le parti du grand chancelier d'Angleterre qui s'étoit attiré la haine des peuples par ses exactions. Cet interdit fut levé un peu après

(i) Saint-Pierre-de-la-Couture.

(2) Ostie, près de Tembouchure du Tibre.

par le pape. Une grande famine qui dura quatre ans, à cause des guerres qui étoient entre le roy de France et le roy-duc, réduit tout le païs à une telle pauvreté, que les plus riches en souffrirent beaucoup, et épuisèrent toutes leurs richesses. L^an 1 1 96, les eaux tant de la mer que des rivières se débordèrent tellement qu^ellessembloient vouloir inonder tout le pais. On tâcha d^apaiser Tire de Dieu par un jeûne qui fut commandé par tout le diocèse, et par des processions publiques qui se firent en chaque église; ceux qui avoient le moyen, y ajoûtoient les aumônes, et beaucoup faisoient des pénitences publiques ; la mesme année 1 1 96, Constance, duchesse de Bretagne, fut arrêtée à Pontorson par Renoul, comte de Cestre, qu^elle avoit épousé en secondes noces. Elle fut conduite prisonnière au château de Saint-James de Beuvron, dont le même comte de Cestre étoit gouverneur; elle venoit de Bretagne en Normandie, pour conférer avec Richard Cœur-de- Lyon qui Vy avoit mandée. Environ ce temps, le pape Innocent III écrivit une grande lettre au doyen et chapitre d^Avranches, qui se trouve au deuxième livre de ses epîtres. Environ Tan i2o3, les Bretons, sous la conduite de Guy de Toûars, assiégèrent le Mont-Saint-Michel : cette forteresse n^étoit encore fermée en la pluspart que de palissades ; les ennemis gagnent la porte, la forcent, et de prime-abord mettent le feu en quelques maisons; mais comme cet élément se porte naturellement vers le haut, il eut incontinent gagné le sommet du rocher, oîi il brûla toute Teglise, les dortoirs et les bâtiments des religieux, et réduit tout en cendre. Delà les Bretons marchèrent vers Avranches, qu'ils pillèrent entièrement, le démantelèrent et emportèrent tout ce qu'ils peurent. Je ne peu concevoir comment Guillaume, evéquc d'Avranches, signa en qualité d'éleu à cette chaire Tan 1 197. Dedans Pacte d'échange

de plusieurs terres et appartenances que le duc fist avec Gautier^ archevêque de Rouen. Car sMl étoit éieu dès le 17 octobre 1 190, comme le portent les Mémoires de Richard CkenrHle-Lyon, et si le même Guillaume Toloom mourut le dernier d'aoust 1210^ comme renseigne le Necrologe de Savigny, comment se peut il faire quUl ne fût qu'éleu Tan 1 197. Son corps repose devant le grand autel de sa cathédrale. Il étoit d'un esprit fort altier ( i).

Buré cTor à 6 annelets de gueulles 3. 2, i. au bâton

comporté (Tor et d'a\ur.

XXIX. Guillaume Buretle jeune succéda à Guillaume Toloom, ainsi que nous aprent la Cronique de Savigny. Peut estre qu'il pouroit le même que

XXX. Guillaume de Chemillé ou Chamillé (2), qui fut evêque d'Avranches Tespacede trois ans^ puis fut transféré à Angers. Ce prélat fut excommunié du pape^ d'autant qu^il s^toit transféré de son siège d^Avranches à celuy d^ Angers, sans y être autorisé par le Saint-Siège apostolique. Il est mort à Angers et y repose.

D'a!{ur à quatre otteittes d'argent mises en sautoir.

XXXI. Guillaume d'AseiUey ou d'Otteilley fut evêque d*Avranches en ce temps. Je n'ay peu sçavoir qu'elle année il fut éleu. Il assista l'an 1223, avec Guillaume, évoque de Lisieux, aux funérailles de Philippe-Auguste, roy de France, en ce temps la Normandie le reconnoissoit pour son prince, ayant esté retinie à la couronne de

(i) François Desrues dit également de lui qu'il était « tout surmonté d'orgueil en son vivant. »

(2) D'après Guérîn, les armoiries de Guillaume de Chemillé étaient : cTor, au canton de gueules à un orle de neuf merlettes de mente.

France, par arrest donné en la Gourdes Pairs, Tan 1 216. II donna à Tabbaye de Savigny TegLise paroissiale de Savigny ; à quoy consentit Jan, comte de Mortain. Pendant le siège de ce prélat, mourut Jourdain^ abbé du Mont-Saint-Michel, homme recommandable à cause de sa constance invincible. Il s^oposa de tout son pouvoir aux Bretons qui avoient pris le party de Philippe-Auguste, roy de France, contre Jan-san^Terre, son prince naturel. Il fist rebâtir tout le monastère et Peglise qui avoient été brûlés. Il mourut le 6 aoust 1212, et est enterré en Peglise du prieuré de Tombelaine. Enfin Michel d^OsseiUey, après avoir fait des présens à l'église abbatiale de Savigny, et y avoir enterré. Pan 1220, Raoul, abbé du monastère, et qui avoit été autrefois archidiacre de Bayeux, y choisit luy-méme sa sépulture. Il mourut le jour SS. Simon et Jude, Pan i236, dedans la ville d'Avranches, le lendemain il fut porté solemnellement et avec pompe funèbre à Savigny, et le troisième jour il y fut inhumé oti il repose.

XXXII. Guillaume de Saint-Mère- Eglise (i) qui étoit doyen d^Avranches et qui avoit été secrétaire de Richard Cœur-de-Lyon, qu^il apelloit luy-même en ses patentes son proto-notaire, fut eleu evêque d'Avranches, le lendemain de Poctave Saint-André, de Pan i236. Ainsi que Passeurent les Croniques de Savigny et les anciennes Croniques de Normandie, ce prélat gouverna son peuple avec une sagesse admirable, il avoit une science profonde et par son éloquence gagnoit tous les cœurs. Richard de Tustin étoit de ce temps abbé du Mont-Saint-Michel, homme fort splendide, et qui obtint pour luy et ses suc-

(i) D*aprè8 M. l'abbé Pigeon, les armoiries de Guillaume de Sainte- Mère-Eglise étaient : d*a^ur à six aiglons d'or 2, 3, i.

cesseurs abbés, le privilège de croce et de mitre. Il fist accroître de beaucoup les bâtiments de l'abbaye. Guillaume de Sainte-Mère-Eglise mourut à Avranches le i8 février i252. Son corps repose en sa cathédrale.

XXXIII. Hugues succéda à Guillaume de Sainte- Mère-Eglise, il signa, l'an 1264, à Pacte de donation que fist Robert de Sorbon, chanoine de Paris, de deux maisons pour les maîtres en théologie et escoliers y étudians, lesquelles maisons étoient situées en la ville de Paris, oîi est à présent le très célèbre et très fameux collège et maison de Sorbonne; le même Sorbon avoit déjà échangé les mesmes maisons avec saint Louys, roy de France, laquelle échange fut confirmée par Hugues, evéque d^Avranches. L^an 1264, mourut et fut inhumé au Mont- Saint-Michel, Richard de Tustin, abbé du monastère qu^il avoit gouverné avec une grande prudence Tespace de vingt-huit ans. Il fut suivy au tombeau par le même evéque d^ Avranches au commencement de Tan 126 5, lequel receut les honneurs funèbres en son église cathédrale, auquel* succéda

XXXIV. Richard Langlois, ou selon Cenalis, Richard Huge IV, du nom qui fut nommé, confirmé et sacré l'an 1265, et mourut Tan 1269. Son corps repose dans la chapelle de la Vierge de sa cathédrale à main droite où se voit son tombeau.

D'argent à deux bandes de gueulles accompagné de sept coquilles de mesme 1.3.2, 2,

XXXV. Raoul de Thieuvjlle ( i ), de la noble et ancienne maison de Thieuville, de Briquebaut, frère de Guillaume de Thieuville (2), evéque de Coutances, fut élevé par ses

(i) Né à Vains ou à Saint-Pierre-Langers.

(3) Guillaume de Thieuville, sacré évêque de G>utances en i3i5.

mérites à Tepiscopat, il y entra par élection, Odet de Rigaud, archevêque de Rouen le confirma et le consacra Tan 1 270. Ilavoit une affection très particulière pour son église cathédrale, il en augmenta de beaucoup les revenus et après avoir gouverné son diocèse avec zèle et approbation, il mourut Tan 1292, et est enterré en la chapelle de la Vierge, tout proche Richard PAnge, son prédécesseur. Voicy son epitaphe. Deo Opt, Max, En Rodolphus Thevillus, Viator^ Thevillanœ familiœy unde tôt Martes et Soles, sidus novum, verum, proh dolor! occù duutn, Lucebat nuper^ non Abrincantinœ tanium ecclesicPy sed Francicœ universœ^ sed exteris populis \ nunc terris deciduum partim ; partim astra inter defixum, et alio micans orbe quiescit. Hic, a se, génère sublimis virtute admodum humilis; a majoribus,fortiter gènerosus, incredibili anitni magnitudine ardua quœque, ad ecclesiœ utilitatemaggressus, superabat clericustos et pater^ pauperum confugium, oppressorum a\ilus, virtutis Archetypus et pietatis. Sacras il le infulas, et dignitatis Apostolicœ insignia, quibus vivens a popu^ lis honorent debitum salagebat exhiberi, hic moriens posuit. Non te pluribus viator, Quod nunc es, fuit et hic nuper :fac sis, quod tune erat. Eris namque brevi, quodnunc est. Vale, et mortuo bene precare. Obiit anno

De gueulles à trois roses d'or,

XXXVI. Geffroy Boucher (i), que les autres appelent Geffroy Charpentier, fut evéque d'Avranches presque treize ans, il commença son gouvernement Tan 1293 et finit Tan i3o5. L^an 1299, Guillaume du Château fut

(i) Il assista au concile de Pinterville en i3o5.

éleu abbé du Mont-Saint-Michel, lequel fist rebâtir la piramide de son église abbatiale et le dortoir des moines qui avoient été brûlés par le feu du ciel. Ce prélat est inhumé en sa cathédrale en la chapelle Notr^-Dame.

D'argent au lyon de gueulles,

XXXVII. Nicolas de Lusarche, ayant été nommé à l'Evêché d'Avrancbes, en obtint bulles de Clément V, Pan i3o3 et le premier de son pontificat. Il mourut Tan 1 3 1 1 . Son corps repose en Peglise de Sainte-Geneviefvede Paris.

XXXVIII. Michel de Pontorson succéda à Nicolas de Lusarche : mais il ne gouverna son diocèse qu^un an et cinq mois. La mort Tenleva du monde le treizième jour de décembre 1 3 1 2, au grand regret de tous. Ses funérailles furent célébrées en sa cathédrale avec bien de l'appareil et avec un concours de peuple extraordinaire. Il avoit tant de douceur et temoignoit tant d^affection à tous ses diocésains, et particulièrement à son clergé, qu'il fut pleuré universellement *de tous. On fist des prières publiques par tout le diocèse, pour demander sa santé à Dieu pendant sa maladie : et sa mort fut sceuë presque par tout Pevêché dès le jour qu^il deceda; tant à cause de Pinquiétude qu^on avoit de son mal, que par le son lugubre des cloches, qui étant porté d'une Paroisse à Tautre, en un jour calme on entendit sonner son trepassement par tout le Diocèse en un même temps.

XXXIX. Jean de la Mousche III prist possession de l'evéché d'Avranches au mois de mars suivant i3i3, à quoy il fut opposé par Jean Tesson, curé de la paroisse de la Godefroy, lequel pretendoit aussi y avoir droit; sur quoy se forma un procez entre ces deux parties, qui

dura depuis ce temps jusques à Tan i3i6 (i) qu'il fut jugé en faveur de Michel de la Mousche^ qui se fist consacrer incontinent après, puis gouverna son troupeau en paix jusques à Pan 1327 (^1 4^^^' mourut. Son corps fut porté en Péglise abbatiale de la Luzerne où il repose proche son père devant la chapelle de Saint-Michel.

D^a^ur alaigné d'or écartelé d*a^ur, au lévrier

courant d'argent.

XL. Jean de Vienne fut nommé le 10 septembre 1829, ainsi qu'il se voit par les actes consistoriaux des registres du Vatican. Au même temps Philippe de Valois VI, roy de France l'envoya en Flandre avec ordre de sa part de faire raser la citadelle de Courtray et des autres places de Flandre qui étoient sous la domination françoise. Il fist aussi abbatre les portes de la ville d'Ypfe et de toutes les autres forteresses du pais. Il y demeura quelque temps, et à son retour, qui étoit trois ans après son élection, n'étant encore point consacré, il fut transféré à Teroanne, et delà à l'archevêché de Reims, où il mourut et y repose.

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