‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 10 sur 24 · DISCOURS DE H. OUTON, MAIRE DR SCEAUX · texte numérisé non relu

DISCOURS DE H. OUTON, MAIRE DR SCEAUX

Messieurs,

L'esprit de charité de H. le baron Cauchy s'étendait partout où il pouvait deviner qu'il y avait une consolation à porter, une souffrance à adoucir ; l'ardeur de son zèle ne se limitait pas dans

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on cercla étroit, mais cepeadant la commBoe de Sceaux anit ms préférenceB.

Bn T«aant s'établir au miUea de cette popalation impoTtaaie, 00 pourrait dire qae H. Cauchy l'adopta et qu'elle devint pour lui une eeconde famille. Toi» furent l'objet de ses sollicitades : aax uns les secours matériels, aux autres les eDconragemeots; i tous, enfiD, l'exemple d'uue vie irréprochable, de bons et ntits conseils, et surtout des enseignemeuts capables de leur tain qiprécier la grandeur de nos destinées futures.

Les vieillards, les enfaats, tout ce qui est intéressant et hibli, ' était particulièrement l'objet de ses soins.

Sans cesse occupé de boDoes œuvres, et ordinairement de plusieurs k la fois, s'il atteignait son but, il ne savait pas pour cets se reposer ; mais l'ardeur infatigable de sa diarlté lui (kisail trouver des occasions nouvelles de l'exercer enoore.

Presque tous les jours je recevais sa visite, souvent même idosieurs fois par jour. Visites courtes, exemples de vaines causniet; le temps était trop précieux pour celui qui en faisait an si digne emploi. Celait pour me recommander un pauvre infirme, un orphelin, une jeune fllle à placer dans une maison hospitalière, un jeune soldat à rendre & une famille dont il était le soutien. J'admirais celte activité incessante, cette persistance de zèleqai ne se rebutait jamais. Il y avait, dans notre si regrettable ami, comme deux existences ou deux vies distinctes : la première, use vie de charité chrétienne ; puis une autre vie consacrée à l'étuile de la science; toutes deux si bien remplies, si complètes, qu'une d'elles aurait suffi à illustrer un homme. Hais la première surtout le faisait bénir.

M. Cauchy pensait qu'assurer h. ta jeunesse les bienfaits de l'instruction, et surtout d'une éducation morale et religieuse, était le plus grand service qui pût être rendu à la société. Agssi rien ne lui coûtait pour y réussir, soins, démarches, fatigues, argent, il prodiguait tout ; il allait toujours en avant, sans s'effrayer des

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obslicles, marchant comme un véritable apdtre dam -la voie qui devait le conduire au but, la moralisatipn de ses frères.

C'est ainsi que cette commune lui doit l'établissement des Bœors de Saint-André, une conrérence de Satnt-Vincent-de-Paul, un patronage pour les jeunes garçons, et l'introduction des frères des écoles chrétiennes, comme école libre. Il avait rêvé davantage encore poiir cette dernière institution. Quelques jours de plus, et peut-être aurait-il pu voir la ré^isation de son oeuvre chérie. Il y pensait sans cesse et particulièrement dans ces deniers jours. Pour en assurer le succès, il avait fait de grands sacriHces pécuniaires; et comme je m'en étonnais un jour, il me dit avec une naïveté charmante : Ne vous effrayes pas; ce n'est flT*e mon traitement^ ce n'est pas moi, c'est VEmperear q%ti paye. Vous n'avez pas oublié, messieurs, à la faveur de quelle exception les chaires de haut enseignement public avaient été rouvertes à U. Cauch;, exception aussi honorable pour le souverain qui accordait cette exemption politique au génie, que pour celui dont l'immense savoir et le noble caractère la provoquaient, et qui savait en faire un si généreux usage.

Toujours modeste, toujours oublieux de sa personnalité, A. le baron Cauchy était ingénieux à faire remonter à autrui le mérite de ses bonnes actions... Peu soucieux de son corps, on eût dit, tant il s'en inquiétait peu , qu'il n'était pas te sien, que s'en occuper n'était pas son alTaire ; il ne songeait qu'à son &me.

Peu d'instants avant sa fin, et loi^que des symptômes effrayants anQonçaient qu'elle n'était que trop prochaine, il s'entretenait encore avec M. le curé de la paroisse, comme s'il eût été en pleine santé; il s'occupait toujours des intérêts de cette commune; il faisait des combinaisons nouvelles, des recommandations qu'il .bllaît, disait-il, ne pas manquer de me transmettre; et comme il s'agitait beaucoup. H- le curé, cherchant h te tranquilliser sur l'affaire qui l'occupait si vivement, l'engageait à rester calme, h seconder ainsi l'effet des prières qui allaient se faire à son inten-

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tion dans une pieuse solennité : Monsieur le curé, dit-il eol'isterrompanl, Us hommes passent, mais les œuvres ruUM; priex pour f œuere.

C'est dans ces nobles et sublimes pensées que s'est éteinteceUe illustre existence; c'est sntmé jusqu'au dernier instant de l'amoDr du bien public, et en contemplant le ciel, où il devait trourer sa récompense, qu'a fini le plus vertueux et lé plus saint des hommes. Notre reconnaissance ne fera défout ni à ses derniers vœu ni à son honorable mémoira.

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