‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 13 sur 24 · SUR UN GENRR D'ÉDUCATION TRÈS-INFLUENT APPELÉ ÉCOLES PAROISSIALES · texte numérisé non relu

SUR UN GENRR D'ÉDUCATION TRÈS-INFLUENT APPELÉ ÉCOLES PAROISSIALES

(Eilnut du Jmirnat det Stmmii, mui 1832.)

Il est impossible de visiter l'Écosse et d'otMenrer ayec attention le penpie qui l'habite, sans être frappé de ses habitudes religieuses et morales, de sa probité, de sa patieuce au travail, de réléTation de ses sentiments, et surtout du degré d'instruction qui le disUngue. Si l'on cherche, comme il est naturel de le faire, les causes qui développent en lui cette supériorité de civilisation, il s'en présente aussitôt plusieurs dont le rare concours est sans doute d'une efficacité évidente : telles que la haute instruction des classes supérieures, les soins qu'elles se donnent pour le peuple, l'affection de celui-ci pour elles ; reste unique, mais reste précieux et désormais sans danger, de ce dévouement absolu et

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226 uiikHOBa sciENTiPigces et littêrairks. presque filial que l'aucleo systènie des clans avait établi. A ces heureux rapports, il faut joindre les effets plus récents d'un élat politique régulier, stable, d'un grand développement dans i'agri- Gullure, et de l'immense débouché offert au travail de la population écossaise par sa complète réunion avec la riche et florissude Angleterre. Mais on ne tarde pas à reconnaître que ces avantages d'administration et de position D'anraient jamais pu devnit aussi fructueux qu'ils le sont pour ce pays, si une édacation plus qu'ordinaire dans son étendue, et surtout une éducation parfaitement appropriée à une eûstence laborieuse, n'avait damié lo peuple d'Ecosse les moyens d'en tirer tout le parti qu'il m tire. Ayant eu, pendant un séjour de plusieurs mois, l'occasion etit facilité d'observer un phénomène moral aussi remarquable, m m'a aisément fait voir qu'il était, au moins en très-grande partie, l'effet d'une institution qu'une longue expérience a cODsaa^,et portée à un degré de perfection qu'il serait difficile de surpasser. J'ai recueilli avec soin les renseignements qui pouvaient flirt connaître et apprécier à fond un instrument si précieux de bMheur public, espérant que quoique jour ces observations poin^ raient devenir utiles dans ma patrie. Je remplissais d'ailleurs, ei le faisant, un devoir qui m'avait été imposé par une persfflux trës-éclairëe, qui occupait alors un r^mg élevé dans l'admiDisIntion en France. Telle fut l'origine de Tâcrit que l'on va lire, d dans lequel l'aridité des détails n'a pour excuse que leur nlïJlé.

Le système entier del'èducatioo et de l'instruction publiqueti Ecosse se composa de trois sortes d'élablistemeuta.

Pour le degré le plus élevé, il existe des universités, eoojfi' sées d'un ou de plusieurs collèges, soutenus en partie pirilti fondations anciennes, en partie par des r^ibutioru piféet pv les étudiants. Chacun de ces ^blissements est indèpeDduld" autres et de la couronne; il se gouverne lui-même d'aprèi sa propres lois, et n'est soumis k aucune juridiction extérieure poir ce qui concerne un enseignement

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llftLANGtS SOIBHTIPIQURS KT LITTÉRAllIa. S37

Ao-desRous des universités, il ; a des établisBements locaux, appelés académie», et grammartehooli. Les académies sont en général de#lin6e« & l'ensaigoement des sciences, naturelles, phy- Rlques, et mathématiques; lei grammar schoolt, h i'maàga^ mentde la grammtdre anglaise, latine, et grecque, toujours dans un degré inférirar h l'aniversité, et préparatoire pour ceux qui feulent poursuivre leurs études, mais soffitant pour la plupart des jeunes gens qui se destinent aux professions moyennes. Ces établissements sont formés volontairement par chaque ville, sons le patronage des magistrats; ils sont entretenus en partie par la Tille, en partie sur des rétributions payées par les élèves, et dont ' le taux est fixé : ils sont uniquement destinés k des externes.

Enfin, renseignement primaire est donné dans de nombreux établissements qu'il faut distinguer en trois classes :i'iet écoie* patiieiiliirts, tout il fait entretenues par les rétributions des âèves, presque toniourE externes; S" Ut éeoltt de charité, la [riopart conduites suivant les méthodes de Bell et de Laacastre, entretenues par des souscriptions volontaires qui les rondent tout b fait gratuites, ou leur permettent de n'exiger qu'une trè&iégère rétribution; 3" ta» école» paroieiiale», ainsi appelées parce qu'il doit y en avoir au moins une dans chaque' paroisse. Ces dernières sont établies dans toute l'Ecosse par un acte du parlement. On ne s'étendra pu ici sur les deux degrés supérieurs d'inttruction : dans ce qui va suivre, il ne sera question que des ^les du troisième degré, qui sont destinées li l'ens^gnement primaire.

Parmi celles-ci, tes é(»les particulières et les écoles Lancastérienoes sont propres aux villes, pour lesquelles une seule école paroiuiale, ou du moins un nombre de ces écoles égal au nombre des paroisses, ne suffirait pas; et dans lesquelles aussi une portion considérable de la population ne veut pas voir ses enfants

indittindement mêlés avec ceux des pauvres. On reviendra tout

^ l'heure sur les détails qni's'y rapportent; mais on appellera

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238 MÈLANQBS SCIBNTIFIQDEB KT LITTiftAlBES.

d'abord l'aUention aur les écoles paroissiales, à cause de tenr multiplicité, de leurs effets moraux, et de l'art avec lequel lei isfluences de la propriété et de la religion sont combinées dam le choix des maîtres, pour rendre cette institution respectible. Cest réellement dans ces écoles que le peuple est instniit; et a sont elles, plus que toute aub% ch,ose, qui lui donnent ce canetére penseur, sérieux, réglé, moral et religieux, par lequd la Écossais des rangs moyens et iaférieurs se distinguent si éminemment.

Le premier établissement d'une instruction publique en Ecosse date de temps trés-Hreculés ; mais la création des écoles ptroiisiales remonte seulement à deux siècles. Elles doivent leur niissance à un acte du conseil secret de Jacques VI, en date do 16 décembre 1616, portant : ■ qu'il est nécessaire et expédicDt

< que, dans chaque paroisse du royaume où l'on pourra Innnr

< les moyens convenables, il soit établi une école publique, »m

< un maître chargé d'enseigner ; le tout aux frais des paroissien], c proportionnellement à leur nombre et à la richesse de la pi-

< roisse. > Cet acte fut ratifié par le premier parlement & Charles I" en 1633, et les évéques furent revêtus de pooToiis pour en surveiller et en effectuer l'exécution. L'Église natiouie (presbytérienne) d'Ecosse fit les plus grands efforts pour propager l'institution de ces écoles, qui, dirigées par elle, augmralaieDl et assuraient son inBuence, ea même temps qu'elles répandaient les lumières et fortifiaient les sentiments religieux. Endn, ^ t6i3, tout le système de l'instruction primaire fut mis dans sa dépcodance par an acte du parlement, portait que tous les malUB d'école, et toutes les paonnes qui enseignent la jeunesse, » raient soumis à la juridiction des presbytères, qui sont dk assemblée des ecclésiastiques de l'arrondissement, exerçaaii pn près le pouvoir d'un évéque. Un autre acte du parlement, de169E. compléta ce système d'instruction publique, et en assura le iàtafait pour toutes les paroisses de l'Ecosse, en fixant le mode de

HiLANGSS SCIBNTtPIQCKS RT LlTTiRAIRES. S29

payement des maîtres, et désignant les autorités auxquelles ils densient avoir recours pour le réclamer sans le cas du plus léger relard.

Voici l'exposition des motifs et l'abrégé des dispositions principales : c Notre gouverain seigneur, considérant combien le

< manque d'écoles dans beaucoup d'endroits ft été nuisible, et

* combien leur établissement dans cbaque paroisse serait utile à

< la religion et au royaume; avec l'avis et le consentement des

< chambres de son parlement, arrête et ordonne qu'il y aura une

< école établie et un maître d'école appointé dans chaque paroisse ( qui n'en est pas déjà pourvue,' le tout avec la participation des

< propriélures et des ministres de la paroisse. A cet effet, les pro-

< priélaires de chaque paroisse se rassembleront, et fourniront

< nne maison propre pour une école, et régleront rétablissement f d'un salaire pour le maître ; ce salaire ne sera pas au-dessous <de cent marcs ni au-dessus de deux cents marcs écossais par

* année ', et payable en deux termes, h la Saiat-Hartin et & la

< Pentecôte, par portions égales. Chaque propriétaire y contri- ( baera proportionnellement à la rente de sa terre, avec recours, ( pour moitié, sur ses fermiers ; et si tes propriéteires, ou la ma- ( jeure partie d'entre eux, ne se réunissent pas pour cet objet, ou

* si, étant réunis, ils ne s'accordent point sur le mode d'exécu-

< tion, le presbytère s'adressera aux commissaires chargés de la f répartition des toxes du comté (tesquds sont aussi des pro-

< priétaires, jnais d'un ordre plus élevé) ; et ces commissaires «réunis, ou seulement cinq d'entre eux, auront le pouvoir d'étaf blir l'école, de fixer le salaire du maître aux mêmes conditions

< que ci-dessus, d'en répartir le payement entre les propriétaires,

< proportionnellement au revenu de chacun ; et ces arrangements . «auront autant de force et seront aussi obligatoires que s'ils

' On Iraduim pitia loin ce tr&lteDient en Ijttcb ilerijug, lorsque nous vrivef<ta i l'acte qal l'a tféflDitlTeincnt Bié.

230 HÉLAKQIS SCIBNTiriQDBI IT LITTéKAIKIS.

tétaient pris par les propriétaires eux-mâiiies : flteomInelaI)o^ c tion à payer par chaque propriétaire sera trte-petite, pour ei

< mieux assurer la rentrée & terme fîxe, il est ordonné que, à c deux lennee complets ont été laissés en arrière par quelqa'^Dn

< des coiitribual>leSt le troiùéme ayant commencé de courir, ce € contribuable sera obligé de payer le double de son anïM, et

< aussi le double de chaque autre tome qu'it laissera ainsi éeou- « )er à l'avenir sans payement, jusqu'il oe qoe le maître d'école

< soit complètement payé de tous les tenQes,-sans aucune défil-

< cation quelconque. » Suivent plusieurs dispositions trës-sérëRt pour faciliter la poursuite exercée par le maître d'école etassurer la décision de u cause par la cour de justice, même sans attendre .l'ordre du rAle.

D'an autre cdté, nous avons vu qu'en vertu du statut de 1693| les maîtres d'école étuent soumis à la juridictioD des prtsbyt^n. D'après cela, il fallait qu'avant d'étra Institués, ils eussent suIh un examen devant cette cour ecclésiastique, non-seulement suris religion et la morale, mais encore snr \& lecture, l'écriture, l'aiiUh mètique, la connaissance de la langue nationale, et même de li langue latine. L'élection faite par les propriétaires devenait nulle, si le presbytère refusait sa sanction ; et toute plainte portée coDbt le maître, relativement k sa conduite, le rendait susceptible d'Ute traduit devant le presbytère, qui possôdùt le pouvoir de le nitpendre et même de le déposer.

Telles étaient les dispositioos générales de la lé^slalion à cet égard jusqu'à l'année 4803. Les détails dn système d'instrucliaD paroissiale s'étaient perfectionnés et fixés graduellement. Le code établi par le nouvel acte ne fit que statuer et généraliser ce qui était déjà en vigueur dans la plupart des paroisses ; aussi set dispositions ne sont guère que la continuation ou le dèveloppeoifflil de celles que prescrivaient les statuts déjà rapportés plus hael- Cependant, comme elles forment le système de législation sctuel pour les écoles paroissiales, on en donnera ici un abrégé.

■ ÉLANStl SCIlIfTIVIOUKfl IT LITTÉR&IRBS. S31

La principe eit toajours qu'il doit y afoir nue école publique et un maître d'école, dans chaque paroisse. Les propriél^res des terrée situées dans la paroisse sont aalreiats à fournir une maison pour l'école, et une pour la demeure du maître, avec un morceau de terre contigu, d'une étendue au moins d'un quart d'arpent, ancienne mesure de France, pour un jardin. Si cette demiôre clause offre quelque difficulté locale d'eiéculion, od y supplée eu âonnant au maître un accroissement de salaire de deux ou trois lifrea sterling par an.

Le salaire est limité par la loi entre 200 et 300 marcs ëcosstùs par année, c'est-à-dire entre êtixe tivt-a treixo shilling/ quatre tow sterling, et vingt-deux livret quatre sMlingt cinq êom iterting. Je dirai tout h l'heure comment chaque paroisse détermine, entre ces limites obligatoires. la valeur particulière qu'elle veut donner.

Dans les paroisses de grande étendue, ou qui sont coupées par des bras de mer, la loi permet d'établir plus d'une école, avec un salaire total dé 600 marcs, c'est-à-slire, ii ■. 8 1^. 1 0 >. divisés entre toutes r dans ce cas, les propriétaires des terres ne sont plus obligés de fournir une maison pour l'école, ni une maison et un judin pour cliaque mettre.

Tel est le salaire fixe ; mais, en outre, les maîtres sont autorisés à recevoir de leurs élèves une indemnité, toujours fort petite, et dont la quotité, variable dans les différentes paroisses, est dxée pour chacune, comme je l'expliquerai tout h l'heure. Elle n'est jamais au-dessus de deux ou irai» ihillingt par trimestre pour chaque ^ëve: la somme totale de ces indemnités peut aller, dans les paroisses de campagne, de 35 à 35 livres sterling. Lei seuls tnftmtt dtmi Ut familles sont aise'es, sont soumis à celte rétribution; et le maître estobligé d'enseigner tout k fait gratuitement les pauvres enfants qui sont recommandés comme tels par les propriétaires, ou par le ministre de la paroisse. Le maître d'école est encore ordinairement choisi par le presby-

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S33 uiLANCBS 8C1BNTIFIQUK8 ET LITTiSAIHIS.

tète, pour tenir les registres de naissances, de morts, et de mtriages. II perçoit snr ces actes un léger droit, qui, daus les petite paroisses de campagne, rapporte seulement qudques lirres ito'ling par année, mais qui, dans les paroisses populeuses, reofcrmantune ville, peot s'élever josqu'h 20 livres- sterling. En riatàtsant toutes ce^ attributions, le ss,laire moyen d'un maître d'éode sera d'environ cinquante livra tteriing ou douze cents francs de FrsLDce par année ; c'est ^ peu prés la cinquième partie du reraiB d'un ministre, et le double de ce que gagne no labouroir journalier.

On trouve en général aujourd'hui que la portion fixe da Imtement est trop faible, et que , bien qu'elle ait été augmentée pir le dernier acte du parlement , elle ne l'a pas été en proportion de la dépréciation de l'argent et du renchérissement de toutes les denrées. De Ik résulte, dit-on, une diminution sensible dans li capacité des personnes qui se présoilent pour cette professiop, el dans l'étendue de l'enseignement que l'on peut exiger d'elles. Uns le mal ne saurait être de Jongue durée : la loi y a pourvu et en i . préparé le r«n6de, en ordonnant que le^taux du sdaire fixe attiibué aux maîtres d'école sera discuté et réglé de nouveau toos la vingt-cioq ans, d'après le prix du blé ou plutôt de l'avoine, dont la larine, réduite en g&teaux minces et grillée, forme le pain de la classe inférieure de l'Ecosse et constitue une grande partie de sa nourriture.

Quant à la manière de choisir le maître, d'établir son traitement, de régler l'instrnction qu'il donnera et de surveiller sa conduite, tout cela est à peu près déterminé aujourd'hui comme par l'acte de 1696.

Lei propriétaires des terres de la paroisse, décident /trern»^ ment du choix et de la conservation des maisons destinées 1 l'école et au logement du mattre, ainsi que du choix du lemii destiné à former son jardin.

Les propriétaires des terres, atee le pasteur, nommeolle

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niattre, et, prenaat en coBsidératioD l'état de la paroisse, ils déterminent ensemble ta oature et l'étendue de son enseignement. Ils déterminent aussi la quotité du salaire fixe, entre les limites de mînimam et de maximum que la loi assigne, et ils règlent la valeur des indemnités ou rétributions personnelles qu'il pourra exiger des élèves.

Pour avoir un suffrage dans cette assemblée, il faut ètrepropriétaire d'une terre qui, dans une ancienne évaluation servant encore aujourd'hui pour la répartition des taxes publiques, soit estimée au moins à cent livres écossaises de rente*. Une pareille terre vaut aujourd'hui environ cent livres sterling de revenu. Toute propriété territoriale inférieureà celle-là, n'a pas de suffrage pour le choix du maître. S'il n'y a dans toute la paroisse qu'un seul propriétaire ayant la qualification requise, il a deux suffrages.

Le maître ainsi nommé est examiné par le presbytère avant d'éLre institué, et il est rejeté s'il n'a pas les qualités ou l'instructkm requise. Le presbytère possède aussi, en tout temps, le droit de le suspendre de ses fondions et même de l'en destituer entièrement. Ces importantes prérogatives étaient déjà établies par l'ancienne loi de i 696, comme je Vai dit plus haut : elles ont été coDservées et confirmées en ^ 803 par la toi nouvelle.

C'est encore nn droit et un devoir du presbytère d'en appeler aux commissaires chargés de la répartition des impositions, pour nommer un maître jure devoluto, si les propriélùres et le pasleur, après quatre mois de vacance de la place, négligent ou relasent de présenter un sujet pour la remplir. Ces commissaires, qui deviennent alors juges de l'appel , et auxquels revient par là le droit de nomination, sont bien encore à peu près tous des propriétaires de terres estimées au-dessus de cent livres écossaises

' U livra iterling Tkut doaie Lvrea écossalseii ou dii-hult mires écouala. Ces déDominationi sont aujourd'hui parement lëg«]e« ; la monniie écosMlse itut loat à rùt bon d'atflge.

S34 HiLANOEH SClKlfTiriQUKS IT LITT^BilIBS.

de rente ; msis ce sont cmx de tout le comld, et non plui crai ât la paroisse, h peu près comme sont iâ nos conseils génërmdi département.

Toutes les questions litigieuses qui peuvent survenir rdstinment à la maison desUnée pour l'école, ou pour le maître, ou pour son salaire , sont jugées par le corps assemblé des magistrats da ' comté Iguarter ««wiotw of the juilieet ofpeace oflhe comOi). Ces magistrats appelés juêtice» of peaee [juges de paix] sonl nommés par la couronne, et sont encore h peu près les mAna que les commissaires des impositions ; senlement, dans le cai dt pareilles discussions, les propriétaires des terres situées duu U ' paroisse où la question est élevée, sont, par une exclusion patliculiëre, privés du droit de suffrage, comme étant parties dam li cause.

L'institution des écoles paroissiales est regardée, par tooi le Écossais éclairés, comme la premièro et la plus puissante cu> des vertus morales et roligieUses qui distinguent si émineœnunt le peuple d'Ecosse. On ne peutdouterqu'une grande partie de cet utile résultat, et tout peuuétre, ne soit dû h deux causes : h ^ sagesse des règlements d'organisation par lesquels toutes ks influences de la propriété et de la religion sont employées et cosbinées pour rendre les choix bons, l'existence des maîtres sdn, et leur autorité respectable ; ensuite h la nature des livres élémataires employés pour l'instruction dans ces écoles , lasquds m présentent pas seulement une exposition sèche et aride du dogme religieux, qui, après avoir été imparfaitement ou même nulleoMiit comprise par les enfants, ne leur offre plue ni attrait , ni utiliii quand ils sont sortis de l'école; mais sontadmirablffluenl composte d'une variété de sujets moraux, religieux, de relations de géognpbie,' de commerce, de voyages, de recueils de conseils poorli conduite physique et morale de la vie, lesquels, après avoir présenté aux enfants un sens clair et intelligible dans l'école oà ils apprennent h lire, leur offrent encore, dans tout le reste de leur

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HÈLkJietS SCIENTiriOOIS >T LlTTilAIKBS. 935

to, une lecture atlrayante, instruire, et pure, qui ne peut que esr dtre atile, lolt par les applications continuelles qu'elle leur irésente, soit par les sentiments bonnâtes et élevés qu'elle contiloe d'entretenir en eux. Je rapporterai tout à l'heare des exemples [oi montrent en grand le bon effet de ce mode d'instruction sur e peuple d'Ecosse : mais auparavant, il me reste & donner quelpies détails sur d'autres institutions que l'on trouve seulement Isns les villes, et qui complètent le sjstëme de l'éducation primaire écossais.

DES ftcOLKB PRIMAIRES INSTTTUin DAIIS LU TILLES D'tCOSSB.

Ces écoles doivent leur existence k l'accumulation de la populalioD dans les villes, et à la diversité des professions auxquelles les enfants sont appelés. Alors les écoles de paroisse ne suffisant plus, il s'est élevé un grand nombre d'établissemenls entretenus par les rétributions des élèves ou par des souscriptions particuliÈrei. Le désir de l'instruction est si général en Ecosse, les avantages qu'elle donne dans cette nation civilisée sont si grands, û indispensables, que les parents, même les plus pauvres, la considèrent comme le premier besoin de leurs enfants ; et ils w priveraient d'une portion de leur nourriture , plutôt que de GODsentir k les en voir manquer. A ce sentiment , it s'en joint un autre, qui est la répugnance ti envoyer ses enfants comme pauvres Il des écoles gratuites. Ces circonstances ont fait naître une multitude de petites écoles, conduites, il très-peu de chose près, sur le même plan que les écoleit de paroisse, excepté qu'elles sont tODt à fait libres et indépendantes, et dans lesquelles la meilleure instruction primaire se donne à si bas prix que l'on aurait peine à l'imaginer.

Il ï a de ces écoles à Glascow, et dans d'autres villes de l'Ecosse, oJi les en&nts apprennent parfaitement à lire, écrire.

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et les règles de rarithinéliqiie, pour la modique somme de 71Mtorxe thilting$ [moios de 18 francs] par an. Elles sont friqneotées par des enfants d'ouvriers ou de très-petits boutiquiers, fco ai vu une tenue par un jeune homme d'un grand mérite, où t'oi apprenait la lecture, l'écriture, l'arithmétique, les changes, ta tenue des livres, les opérations de trigonométrie plane, et l'emploi des logarithmes, pour deux guinées (environ dnqnaDtc francs) par an. Celle-ci était fréquentée par des enbnts de peliu marchands, ou par des Dis de planteurs des colonies, qui acquéraient là toutes les connaissances nécessaires à la professiui k laquelle ils étaient destinés: Les enfants des deux sexes soid instruits ensemble dans ces écoles, comme dans celles de-Botlaode, sans inconvéoienls pour les mœurs.

La méthode pour fixer l'attention des élèves et leur donner de l'émulation, soit dans ces écoles, soit dans les écoles de parnsst, a beaucoup de rapport avec celle de Lancastre et de Bell. Pir exemple, pour la lecture, les enfants d'une même classe, e'estidire, d'une instruction k peu près égale, se rangent debout drculairement devant le mattre : le premier lit une phrase; pois, s'il ta lit bien, le second continue. Si celui-ci fait une Uiàt, c'est le devoir du troisième de le reprendre ; c'est aussi sa avantage, car s'il le reprend, il se place avant lui ; mais, i sm défaut, tout autre élève d'un rang inférieur. peut faire la lûtat chose à son tour, et il gagne aussitAt le pas sur tous cem qui sont restés muets ou qui se sont trompés dans leur corrediu. Cette manière de changer de places est trës-ancienae dans le écoles d'Ecosse, oix on la regarde avec raison comme un moia extrêmement puissant d'exciter l'émulation et de tenir l'atteobcni continuellement en baleine. Elle a été adoptée par Bell et pv Lancastre pour leurs institutions ; mais elle est due aux £0»sais.

Les livres employés dans ces petites écoles, pour approidre i lire, sont à peu près les mêmes que dans les écoles pariHssiatff.

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HiLANOBS SCIENTIFIQUES ET LITTERAIRES. S37

c'est-à-dire, tels que l'étëTe les compreane daoa l'enfance, et trouve du plaisir et du profit k les lire k tout ftge. Je ne puis trop insister sur ce principe, parce que c'est de là que résultent presque tous les transedets que l'iastruction primaire peut avoir snr l'esprit du peuple, et qu'en y manquant ou le méconnaissant, elle devient dangereuse plutât qu'utile.

Dans la petite école de Glascow que j'ai citée plus haut, et dans' laquelle le prix est de deui guinées par an, les livres mis entra les mains des enfants, pour la lecture, sont : l" un abécédaire très-bien fait, contenant un choix judicieux de leçons religieuses et morales ; V un recueil de pièces morales et religieuses, intitnlë Hardie's Extraeti, à l'usage des écoles paroissiales ; 3° enfin un recueil du même genre, mais encore plus élevé, intitulé Uttotu in reading and speaking, by William Scott. Tous ces ouvrages sont mêlés de prose et de vers : on y trouve d'abord, par exemple, des morceaux de poésie sacrée, puis des morceaux de morale profane en vers ou en prose, extraits d'Addison,' de Pope, et des autres écrivains anglais les plus esUmés ; ensuite Tiennent quelques beaux traits de l'histoire nationale; puis des Dotions intéressantes sur les productions naturelles les plus utiles i la vie, au commerce, sur l'ordre de hi nature, ses merveilles, en général sur les objets les plus pi;opres à élever l'esprit vers l'idée d'une intelligence suprême. On y donne aussi des insû-uclioDs sur les procédés les plus prompts, les plus efficaces, pour w préserver des poisons végétaux ou minéraux, dont les familles pauvres sont, par faute de soin, trop souvent' victimes; on leur indique les moyens d'en prévenir ou d'en arrêter les effets. Enfin <>Q y trouve encore des conseils très-judicieux et très-bien expo- ^ sur la meilleure manière de tenir une maison et un ménage, d&DS les conditions les plus ordinaires de la vie. Tels sont ces liires, que le pauvre, après les avoir étudiés sarts dégoût dans l'enfance, peut encore relire avec attrait et avec fruit dans un âge plus mftr; qu'il peut consulter comme guides, reprendre comme

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tSS HÎLANDBI BCIKNTiriQtlKS KT LITTKKAIKIS.

■outiens et consoUtsun. Qu^e différence entre eux A nu Uns d'easeignemeat valgaire, dont la composition est à vnlgÛRci effet, et qai, après avoir ennuyé, attristé les premiras joun de b vie, D'offreot plus tard rien d'atUvyant, rien d'applicaUe, novent même rien que l'homme du peuple puisse comprendre, i plus forte rùson qu'il puisse désirer de relire ou de Gonsnller'! 'Le même bon sens qui a présidé à la rédaction des onitigs écossais dont je viens do parier, se trouve jusque dans ks Iîtis destinés à l'enseignement de l'arithmétique. Us sont remarqsibles par une multitude iofinie de questions rdatives au «nmerQB ou aux applications usuelles de- la vie : il y a jusqu'à te leçons de coupe, pour tailler le plus avantageusement possible bs espèces d'étoffes les plus généralement employées aux véteinesli du peuple. Chez les Écossais, l'instructioD est considérée couk un élément d'utilité et de fortune; c'est pourquoi elle est lotit dirigée vers la pratique. Chez nous, elle est [H-eeque tonle Ibé*rique, c'est une différence capitale, qui doit aussi contriboeràli dissemblance des résultats.

J'ai peu de chose & dire sur les écoles écossaises de Belletdc Lancastre ; elles ont dû faire peu fortune dans un pays oA t'a*tmclion primaire se trouvait i^b. partout si aisément, si boUK, et à si boD marché. C^Modant elles ont été utiles eu ieom médie, pour les très-pauvres enfants des villes; surtout, à ce qnll me semble, pour ceux qui, étant employés le long du jourdiK les manufinctures, ne pouvaient donner à l'étude que le pa d'instants qui restait entre leur travail et Le sommeil. J'ai ni de ces pauvres enfants, qui, après avoir travaillé toute la jooniée dut une filature, allaient aux petites écoles depuis huit heures dussir jusqu'à dix; et si j'ai admiré leur coustance et la moralilé di

■ n cet évideot qae c«s remarques ne s'appliquent nullemeni que l'autoritf ecelfsiasdque a prescrits et consacréa poar !'< la religion. Ceoi-d sont bon de toute tUfcoMion littënlie.

ItiLANQlS SCIKRTIPIQUE9 KT LITT^RÀiaKS. 939

principe qui leur en doone le courage, l'aspect de leur sort, saisi de b1 bonne heure entre les mains de fer du travail mécanique, n'a pas augmenta mon admiratton pour le système manufoctorier.

Bd résumant les principaux traits de cette exposition simple et fidèle, on voit que, depuis deux siècles, l'instructioa primaire a été considérée et employée en Ecosse comme un moyen de donner an poiple des principes assurés, et des habitudes durables, de morale et de religion. Ou voit toutes les inQueucea les plus puisnntes, les plus respectables, alliées et combinées pour aUeindre ce but. Le plan Nt disposé avec tout ce que la cogesse humaine peat donner de lumières ; il a été graduellement perfectionné d'après les conseils de l'expérience. — Maintenant quels en ont été les effets?— Ils Dnt été tfils qu'on n'aurait certainement jamais «é les espérer, et tels qu'ils frappent aujourd'hui d'étonnemeot qoieoDque les observe pour la première fois. Un peuple divisé psr des guerres civiles furieuses, en proie h une foute de fanatitnet religieui divers, imbu de grossières superstitions, a été diaogé en un peuple, uni, moral, religieux, tolérant, et éclairé. Ce peuple pauvre, et vivant dans une contrée peu fertile, s'est ileTé, par son instruction et ta civilisation, au niveau, peut-être u-degsus même, si l'on considère les classes inférieures, d'une Ulion qui passe pour une des plus éclairées de la terre. Il a pu rivaliser avec elle pour le commerce, l'égaler dans l'industrie Bisoufacturiëre, la surpasser dans l'agriculture. Partout oà un Kossais se trouve placé, l'éducation qu'il a reçue dans tes écoles pvoisgiales donne à son esprit un tour particulier d'observation, ttloi permet de s'étendre fort au delà, du cerele d'objets qui occupe l'alleation des personnes de la même classe qui n'ont point fié ainsi élevées. Allez dans une manufacture, et demandes à l'un ^ouvriers l'explication de l'opération dont il est chargé : si Ceit un Anglais, il la connaît et vous l'expliquera sans s'arrêter ; li c'eit un Écotsats, il s'arrêtera, même quand il Uavaillerait à la

SiO HéLANQBS SCIENTIFIQUES ST LITTÉRAIRES.

tAche; puis, ayant de parler de ce qu'il fût, il tous préparai t le comprendre, en tous expliquant ce qui précède; il Tou3ei(diquera ensuite son opération, et Bnira par tous eu montrer la conséquences arec ce qui suit. Allez questionner lœ pajtaBi dans les cbamps : ils vous donneront tontes les informations que vous pouvez désirer, Don-«eulement sur l'agricuiture, mais sot toutes les particularités de l'administration de leur paroisse. Di savent parfaitement qud est le but d'une friendiy socitty, d'oie laving bank; ils connaissent très-bien les règles qu'il fout dwner à de pareils établissements pour les randre stables, et la noniëre dont il faut en placer les revenus pour qu'ils soient ptoAlables et assurés. Examinez la marine; tous trouverez qne la meilleurs matelots sont Écossais, qu'il n'y en a pas de plus hosn^tes, de plus rangés, de plus industrieux. Dans l'armée, œswl encore des Écossais qui forment la très-grande partie des sons- | officiers; leur proportion dans ce giWe est sans aucune compi- I raison arec leur population militaire. Partout oil ils sont, ik portent un esprit cultivé, qui ne se refuse à aucune amélioratiOB; et le mot, t'mproDement, est celui que l'on entend prononça It plus souvent en Ecosse. Partout où vous allez, même dans k) plus petites paroisses, tout le monde sait lire, écrire, et compter, et les enfants gardent les troupeaux uu livre à la main. Qoelisent-ilsT la Bible, ou. quelqu'un de ces recueils qu'ils ont tppu à lire dans les écoles. Cette instruction se trouve jusque dans les Iles Shetland mêmes, tontes panvres qu'elles sont. Pendant iom séjour dans ces lies , l'officier qui m'avait accompagné et qv m'assistait dans mes observations, étant tombé malade, et a;fui été forcé de se séparer de moi pour retourner en Ecosse, je piis UD jeune charpentier shetlandais, qui n'avait jusqu'alors su qne lire, écrire, compter, et construire des barques ; je l'instniitù pendant huit jours à observer le niveau de mon cercle répétiwr, et il y réussit tellement, qu'avec son secours je pus parfaileweal continuer mes observations astronomiques. J'avais un moyn

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HiLANGBS SCIKNTiriQDES ET LITTÉKAIDES. 24t

bien sûr de juger de sod exactitude, parce que les nombres mêmes qn'il était chargé d'observer et d'écrire portent en eux une relation qu'il n'était pas assez savant pour décoDvrir, et qui en fournit une vériQcation. Or, si j'excepte quelques rares ioad- Tertances qui aoraieot pn m'arriver à moi-ménie, et qui étaient par cette règle aisément découvertes et réparées, je n'ai jamais eu Foccasion, non-seulement de lui faire no reproche, mais de déarer un coopéraleur plus exact ou plus 'attentif. Trouverait-on ■isément le même secours dans certaines parties de la France? Ce n'étiHt pourtant là que les tles Shetland! Hais, si l'on pénétre dans les parties de l'Ecosse plus favorisées de la nature, que ne Toit-on pas dans ce genre I Étant à Glascow, k me promener sur les bords de la Cljde, je vis des bateaux à vapeur qui revenaient de Greenock. N'ayant jamais examiné l'intérieur de ces b&tîments, j'entrai dans l'un d'eux pendant que les passagers débarquaient, et j'examinai, avec autant de plaisir que de surprise, combien toutes les dispositions intérieures étaient élégantes et bien entendues : une grande chambre pour les passagers, ornée de glaces et de rideaux de soie décorés de franges; au milieu, une grande table de bois d'acajou, entourée de sièges et de divans de crin bien rembourrés; et sur la table, pour l'amusement des passagers, des livres sur la couverture desquels était imprimé en grosses lettres iUamboat't library, bibliothèque du bateau h v^Kur. Je devinscurieux de connaître ce que ces livres pouvaient être, et la chose en valait la peine : en effet, les personnes qui s'en vont de Olascow à Greenock par le bateau à vapeur, ne sont ni Ducs et Pairs, ni même des négociants de haut parage; ce ne sont pas non plus tout i. lait des gens de la dernière classe du peuple, car le prix du passage est de cinq thitlings ; ce sont donc des personnes de la classe moyenne, peut-être plulAt un peu au-dessous qu'au-dessus. Les livres placés dans le coche d'eau pour l'amusement de ces personnes, étaient, sans aucun doute, <«ux que les entrepreneurs eslimwent leur convenir le mieux, et

Sit MiL&IfOKS BClKNTirtQDKS ET LITTélAIRIS.

qu'il» supposaienl devoir être les plos propres à leur plaire, i la intéresser. Maintenant ces livres étaient :

40 l'Stprit dea moratittes anglatt, contenant tons les morceaux les plu» intéressants sur les mœurs et las usages de la io- . ciété, extraits des recueils célèbres connus sous le nom de Tlifl- Ur,Advmtw«r, Sptetafor, Idler, Guardian, World, RambUr, CotMoitiew, Citixen oftke World, etc.

2° DiteouTs SHT diffifrmtt pointi duSoeimamûme, parRilpb Wardlaw.

3" Elégant extractt (c'est un recueil de morceaux littérsini en prose et en vers des plus estimés).

i' Contes dt la montagnt [Taies or ihe mountain].

B° Voyage du docteur Johmon aux Hébrides.

6° Discours du docteur Chaimers .- Ce sont des discours religieux, où les merveilles de l'astronomie sont employées à établir l'existence de Dieu et la rèvélaUoo. Cet ouvrage récent jouit d'asc immense réputation en Ecosse, et a eu un nombre prodigieBi d'éditions en quelques années.

7* Lettres du lord Chesterfield à son /Ut.

S" Caraetire* po/t(if ww (je 4 S09 d 1 84 0 .

Ainsi tous ces livres, desiioés à l'amusement d'un coche d'can, étaient t^s, que la meilleure compagnie de France ou i'hOtmagne, aurait pu en faire sa lecture habituelle, et 7 tromv autant d'instruction que de plaisir. Il me semble que c'est là iw sorte d'expérience publique très-propre i montrer ie degré d» civilisation auquel ce pays est parvenu *.

J'ai eu l'occasion d'en faire une antre du même geore. Dut chaque paroisee, les fermiers se réunissent en cluàs, non pu pour boire ou jouer, comme on pourrait le croire, mais pov

* Aitlonrd'hui, (Uns l'uinto IB&S, nous aroiu en France om tiblùdAiN des Cbemins de fer, destinée aui vof ageura de U cluse noyenne. Je «xibiitertii qa« quelque moralitie en nt la eompinlMB ««k h genre de Urm 1" Je TiMu tfadM^er. J. B.

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■ iLÀNOKS SClEIfTtPIQUEB BT LlTTikAIREB. 20

T sur des sujets de politique ou d'agriculture, et pouvoir ^iteDir par leur réunion une étendue de connaissances qu'ils l'acqaemûeot point en restant isolés. Ces clubs ont ordinaimneot, tous même, je crois, une bibliolhègue entretenue par les looteriptions périodiques des membres qui les composent. Je me sois procuré )'état des livres d'une d'entre elles, celle de la pa^ ruine d'EddIestone, dans le comté de Peebles. I^i liste eu est UMx curinise pour mériter d'être rapportée.

Encieiûpédit britanniç'ue, 90 vol. in-C. — Supplément d MU Eneyetopédie, S vol. — Bistoire d'Angleterre, par Hume, tio\.~ Le Magasin du fermier (journal périodique de l'ogncallnTe), 47 vol. — Mortimer, Art du fermier, 2 vol.— Voyage t^m fermier dont l'est de tAngletmre, i vol. — Voj/age de ntfliot* darule nord de l'Angleterre, i vol. — Eilis, Fermier 'medmu, i vol. — Ainslie, Tables de mesures, 1 vol. — Beil, Jnil4 des baux à ferme. — Traité de vaccination. — Procès i* neomte de Melville. — Géographie de Playfair, 6 vol. — J)iteûws de lord Grenville sur le bill pour améliorer l'adminis- ■niion de la justice dans les cours d'assises. —Description tofipoffiigue des comtés de Peebles, Roxburg, et Selkirh. — Le GMiMomme laboureur, par loEd Kames. - Hunier, Essais sur Im efcomp», t vol. — Hunier, Lettres. — Jonhsson, Traité des ^éehements, — Estais divers sur ta culture. — Mémoires ^VM todéié d'agriculture. —Essais qui ont remporté les f^ftoposés par la société formée pour l'amélioration du *ori da montagnards écossais. — Traité sur la towbe, par ^^^■^ Rapports sur Fégalisation des poids et meswes.

En tout quatrfr-vingt-sept volumes, au nombre desquels est riocjclopédie d'Edimbourg, qui, par l'étendue et la profondeur ^ articles qu'elle renferme, est comme une collection complète V traités faits sur toutes les parties des connaissances humaines, '■'n par des compilateurs superâciels, mais par des hommes les plDj torts que l'on puisse trouver dans diaque genre, tant en

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Sii HiLANSES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES.

Angleterre que sur le continent. C'est dans des réunions de ce genre, par la lectare de livres utiles, et qui partout aïllenre sen^ bleraieut exclusïTement réservés aux savants de profession, qse les fermiers d'Ecosse prennent les connaissances et les donaés nécessaires pour réaliser tous les perfectionnemeats et toutes te am^orations dont leur agriculture est snscepUble. Il faatremvqaer quo, dans cette t&che délicate, ils sont éclairés et mésie guidés par les grands propriétaires, qui sont fermiers eoimfimes, au moins pour une portion de leurs terres, et comiw tels ne dédaignent pas d'inscrire leur nom au club des fenniot de leur urondissement, d'y contribuer comme les autres, d^ assister de temps en temps, et de préparer par leurs essais Tntroductlon des pratiques nouvelles que leur éducation sapéiieut les met les premiers en état de connaître, et que leur fortnae leur donne aussi plus de moyens d'éprouver. En générai, tonta les relations des propriétaires sont arrangées, en Ecosse, de minière & entretenir entre ce deux classes une mutuelle coofisDce, et même une affection très-vive, fondée, d'un côté, sur la bieo' Tdllance, les bienfaits, et une communication continuelle de Iih mières, et, de l'antre, sur lareconnaissanceet le respect. Mais ce» connexion est trop importante elatropd'influence surlebonbeor du pays, pour être ainsi seulement indiquée; elle mérite d'Jtit exposée à part, et, si on le désire, j'en donnerai les détails ailleuis. Enfin il est reconnu de tout le monde, en Ecosse, que c'est i l'éducation reçue dans la jeunesse, que le peuple écossais doit cette honorable et généreuse fierté qni le distingue dans toutei les (àrconstaoces de sa pénible vie, qui le soutient dans le raie et continuel travail par lequel il achète sa subsistance, et qui l'i fait jusqu'ici, malgré sa pauvreté, résister à l'action démmlisante de la taxe des pauvres; l'honneur et la conscience de sa dignité personnelle animant le paysan écoss^s aux plus grudi efforts de l'industrie et du travail, avant qu'il se résolve à podte ainsi son caractère et son indépendance.

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HiLANGKS SCIENTIFIQUES ET LITTÉBAIHES. Si5

Ed achevant ce tableau d'une civiltsatioQ si parfaite, je dois aire remarquer que les traits doot il se compose n'ont rien l'idéal, et ne sont pas môme embellis par l'imagination. Je les i tous recueillis sur la nature même, soit dans mes obs^vattras ersonnelles, soit dans la conversation des grands propriétaires, iii sont eux-mêmes un instrument si puissant du bonheur de e pays. L'uo d'eux, H. Colin Hackeosie, grand propriétaire, es plus distingués entre les familles qui portent ce nom, et Uaché à la cour suprême d'Edimbourg, a bien voulu se com- Mre à m'explîquer lui-môme la plupart de ces uUles détaijs, lel homme excellent et plein de lumières m'a remis sur ce sujet, tea général sur l'état moral de l'Ecosse, des renseignements icrils dont j'ai fait ici usage, et dans lesquels j'aurai encore plus l'une occasion de puiser. J'ai aussi profité d'un mémoire manus- Tit qui m'a été adressé sur le même sujet par le recteur de ricadémle de Dundee. Enfla j'ai trouvé de fort bons renseignenenlg dans un recueil périodique publié tous les trois mois en ^a»se, sous le nom de IdUerary and statùiieal magazin» for leoiUsRd. Cet ouvrage, dont il n'avait encore paru que trois nunéros en 1817, à l'époque de mon voyage, est principalement lestiné pour les maîtres d'école ; et, ce qui n'est pas moins renurqnabte que cette destination même, il est rédigé par une association de plusieurs d'entre eux.

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