‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 14 sur 24 · PAR II. GUSTAVE DE BBÀUMONT · texte numérisé non relu

PAR II. GUSTAVE DE BBÀUMONT

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(EilTMt dn Jownal i*i Satanii, ddceinbre 183B).

L'étude des instilutions politiques qui rigiisent et modifleut lu lociétda bumaÏDes, est une des plus belles, mais des plus dif- ^lu, auxquelles puisse s'appliquer un esprit libre et élevé. H. GaïUive de Beaumont a déjà prouvé par d'autres ouvrages qu'il possédait éminemment les qualités que cette élude exige, au premieT rang desquelles il faut mettre la patieuce de s'y préparer coDsciencieusemeat, et la droiture de cœur, qui fait qu'on s'y brre sans autre passion que celle d'établir des vérités utiles aux bomroes. Après avoir voyagé pendant plusieurs années en Amérique, pour ce noble but, avec son ami H. de Tocqueville, H. de Beaumont a publié, conjointement avec lui, les résultats de leurs communes observations sur le système pénitentiaire des États- Unis, grave sujet de méditations, et de méditations bien urgentes, pour nos sociétés vieillies d'Europe. Puis, tandis que H. de Toc- Quefille décrivait, dans un ouvrage remarquable, les institutions V^'^ues de cette grande association humaine, si jeune, si acu^e, et qu'il en dévdoppait les effets moraux, H. de Beaumont l'^Buail cette lèpre de l'esclavage de la race noire, qui s'y est

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propagée par héritage, et qui en corrompt déjà le présent, comme elle en menace l'avenir. Des esprits sérieux, qui ont pour le n>man hbtorique une aversion assez concevable, ont improavè tHût forme donnée par l'auteur aux faits trop réels qu'il avût obsorès, et dont, au reste, aucun p'a été contesté ni en Amérique, ma Europe. Sans prétendre inBrmer ce jugement, on pourrait »• sayer d'en adoucir la sévérité, eu disant que les personaes qui le portent n'ont peut-être pas assez réfléchi sur les difBcollés qa'l y avait de rassembler dans un autre cadre les tristes détails d'un pareil sujet. Il s'agissait en effet d'exposer, de montrer l'icliwi terrible d'une persécution incessante et implacable, stuvastses victimes dans tous les actes de leur vie intime, jusque denm Dieu même, au pied des autels; et les devinuit encore, pir l'instinct de la hùne, après que toute (race visible de leur cfxtleur maudite s'est éteinte dans le' mélange des géuérafiou. Tout cela, au milieu d'une société qni se croit adnkiraUaDad libre, sage, et se dit chrétienne I Comment montra les détaUi d'uue pareille situation, mieux, ou même autrement qo'ra la appliquant à une famille qui en ressent tous les malheurs? On pourrait, au besoin, citer des exemples d'écrivains très-gniet, d'hommes d'Etat chargés de hautes missions politiques près de gouvernements despotiques de l'Orient, qui n'ont pas cru pOQToir exposer les détails de mœurs si différentes des nêtres, autrenxol qu'en les personnifiant aussi dans une fiction. Au reste, si I'ob rappelle ici les opinions diverses auxquelles a donné liée l> forme d'exposition, employée par H. de Beaumont dans son litre sur l'esclavage aux États-Unis, c'est surtout pour faire remu^ quer qu'ici, dans son ouvrage sur l'Irlande, il s'est efforcé de contenir ses émotions dans le langaise et la sévérité de l'hisloire, malgré la triste el trop évidente analogie du sujet.

Ce fut cette analogie môme de deux conditions sociales oées de circonstances si diverses, qui le conduisit en Irlande à son retour des États-Unis. Après un séjour de plusieurs mois dans

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ce pays, eo 1835, il foulut mettre en ordre les matériaux qu'il tfatt recueillis. Hais il s'aperçut alors que ce premier travail lui afait surtout appris k voir ce qui lui manquait; et après deux louées de noQvtiies éludes fixées sur ce môme fait social, il relotirna une seconde fois visiter l'Irlande avec des yeux et ua esprit mieux pr^rés. L'ouvrage que nous annonçons , et dont il « déjà été donné trois éditions en France, une en Angleterre, dès cette année même, est le résultat de cet examen, long, réitéré, consciencieux .

La multitude des documents historiques cités comme autorités, rappelés dans des notes étendues et combinés dans ce travail, est immense ; et ce n'est pas la récolte superficielle d'une éniditioQ de préfaces, comme il arrive trop souvent aujourd'hui, c'est le fruit mftri d'une étude profonde, dirigée longtemps vers un trai but. On avait remarqué le même mérite dans les notes qui iccompagnent le livre sur l'esclavage aux États-Unis, et les perloanes les plus versée dans la connaissance des deux pays ont urlout apprécié l'utilité d'une réunion de documents si conuiaicieuse, comme si complète.

L'ouvrage de H. de Beaumont sur l'Irlaude se compose de trois parties distinctes, qui se suivent dans un ordre logique pour former tout l'ensemble du tableau qu'il a voulu tracer. On y trouve d'abord une introduction historique, exposant la suc- Kssion d'événements qui ont établi l'empire des Anglais sur l'Irlande, depuis leur invasion de ce pays, en 4169, jusqu'à la Sa du siècle dernier. Puis, vient la description de l'état, actuel, résultant de ces premiers faits combinés avec les événements plus modernes. Enfin, l'auteur exposé les modifications, sociales et politiques qu'il suppose les plus propres à guérir tous les maux qn'il a décrits. Ces trois divisions de l'ouvrage offraient des difficultés d'ordre différent, mais incomparablement plus graves dans la dernière que dans les deux autres.

L'introduction historique, aux yeux des meilleurs juges,

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De laisse rien à désirer. Pour rulapter spédiUeroent à l'na^ qu'elle devait avoir, l'auteur l'a dinsée en quatre époques, ajul cha(»iDe produit ud évânement dont l'influence sur l'Iriaodei été grande, spéciale, et nettement distincte. La première est cette de la conquête : elle commence k l'an 1160, par l'inTasion des Anglo-Normands de Henri II, et se continue, pendant quatre siëeles, par la seule force des armes, sans pouvoir «itièroflieiit s'accomplir. L'auteur décrit le cuactère de oette lutte ; il moatra comment elle ne pouvait pas amener la fusion des deui peoplci, parce que les chefs vainqueurs n'entendaienl nullement s'uulgamer arec leurs vassaux; et comment elle était déjà un emtnrru pour l'Angleterre, parce qu'il f en résultùt en Irlande un gw- < vemement mixte, semi-féodal, semi-colonial, dont le rcH ao- « glais était trop éloigné pour que ce fA( une féodalité lùea « réglée, et oà il y avait des vassaux bvp forts pour que oe fAI € une colonie royale obéissante. > L'auteur arrive ainsi à n deuxième époque, qu'il ouvre en 4IUUV. CpUe-ci Mt signalée ptr le grand événement de la réformation, joint fc la concentnticn successive et presque continue du pouvoir de l'Angleterre dsm les mains énergiques de Henri VIII, Elisabeth, et Cromwell. Ce trois despotes, devenus protestants, durent être inévitableoient poussée h terminer à tout prix la coaquéte de l'Irlande, ponrh soumettre au double joug de leur pouvoir temporel et rdigieui. Hais, s'ils atteignirent le premier de ces deux' résultats, ils H réussirent point pour le second. Le protestantisme, implanlj violemment, sur le sol de l'Irlande, n'y jeta aucune nciiw dans les cœurs ; les Irlandais lui résistèrent obstinément, anc la double passion de la religion et de la natioaalilé. la lutaille de \a Boyne acheva de les soumettre, non de les convertir; de sorte que la disjonction morale des vainqueurs et des vaiocof n'en devint que plus profonde et plus irréconciliable.

Alors commença un système général, autant que continu, dt persécution légale, pour opérer graduellement, par une actioD

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gonveniemeDtale constante, la double extinction de !a nationalité et da catholicisme, qu'on n'avait pu réaliser immédiateoiant par b force : c'est la troisième époque de M. de Beaumont; elle s'étend de 4690 k 177S. M. de Beaumont retrace sans amer^ tame, comme sans indulgence, les détails de cette persécution si horriblement analogue h celle que le peuple libre des États-Unis exerce anjourd'hui contre les malheureux noirs ; et Ici, comme U, ii montre les cruels ralours que de telles injustices préparent. Hais la population irïandaise était trop nombreuse pour être aussi aisément contenue ou anéantie ; elle croissait au contraire dans sa misère, en restant invariablement unie par son ancienne foi. Elle l'était encore par sa haine contre les possesseurs du sol, tous protestants, qui en exigeaient, sans pitié, des fermages intolérables et des dîmes plus odieuses encore. De \k les associations secrètes et armées des white boys, oak boys, steel boys, qui, sans auUv connexion qu'une passion commune, couvrirent la surbce de l'Irlande de tous les excès, de toutes les cruautés qu'on peut attendre d'une population grossière, ignorante, et misérable. Mais cette communauté de sentimente, et même de crimes, secrètement partagés ou approuvés, tenait la masse des Irlandais toujours prête à recevoir du temps '^ occasions d'accomplir les longues représailles qu'elle devait h ses oppresseurs.

La pramiëre et la plus menaçante leur fut offerte par la décla^ ration d'indépendance des colonies américaines en 1776, et par la guerre que l'Angleterre eut alors à soutenir avant de se résoudre à leur séparation. C'est là aussi que commence la qua- ^Die époque de H. de Beaumont, qu'il appelle celle de la renaissance et de l'affranchissement de l'Irlande. Hais, heureusement pour les deux pays, l'explosion s'opéra tout autrement que l'on n'aurait pu le prévoir, et sans que l'humanilô eût rien ^ déplorer. Quelques réformes, d'abord apportées aux lois pénales et sociales dirigées contre les catholiques, teurnërent les esprits à réclamer d'autres concessions nécessaires au commerce

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ainsi qu'à I& liberté du pays. L'Angleterre, embarrassée paris guerre, abandonne aux Irlandais la défense de leurs côtes omlie rinvasion étrangère. Aussitôt, par un mouvement uniTersel et spontané, toute l'tle se couvre d'une- milice nationale, & laquelle le vice-roi lui-même donne des armes. Alors, quarante mille volontaires, organisés ainsi par la nécessité, discutent et demindenl le rétablissement de leurs droits politiques. Ils créent-da assemblées délibérantes, où les protestants et les catholiqaes, réunis pour la première fois par un patrioUsme commun, rédiment hautement du roi d'Angleterre l'indépendance de l'iriande, comme royaume uni à sa couronne. Enfin le parlement irlandais, quoique tout composé de protestants, est entraîné par ce moonment général ; et, en 1782, il abolit par un acte solennel les lois dans lesquelles l'Angleterre puisait son droit de suprématie 16gislaUve. Beaucoup d'autres lois, particulièrement dirigées coatre les catholiques, sont réformées sous ta même influence. Ces codcessions, imposées par les circonstances, subsistèrent après que le danger fut passé. Toutefois, comme les catholiques n'avaient pas pu avoir accès dans le parlement, le plus grand nombre des protestants qui composaient cette assemblée se rendit facil^ent aux faveurs de l'Angleterre ; et celle-ci, avec des fonnes no peo plus douces, reprit sur l'Irlande presque toute la réalité de »d pouvoir absolu. La révolution française acheva cet ouvrage, «o excitant dans une petite partie de la population d'Irlande des sympathies républicaines qui la poussèrent à b révolte qjpujêe de l'invasion étrangère. Après une guerre courte, mais readw horrible par les cruautés de tous les partis, l'Angleterre viol aisément à bout d'un mouvement que l'ensemble des masses oe partageait pas. Le fantéme de parlement qui restait à lltiaiMle lui fut âté le 26 mai 1 SOO, ou plutôt son abolition volontaire fut achetée pour la somme de 31,000,000 de francs à ceux quile composaient. L'acte d'union, comme on l'appelait, laissa d'ailleurs & l'Irlande toutes les institutions qui lui étaieol propres;

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mais la sorte de paix qu'elles fireot régner n'était que l'oppreslion silenaeose des catholiques vaincus. Toutefois, en frappant œ grand coup d'état, l'Angleterre avait promis d'en adoucir les rigueurs par l'abolition plus ou moias prochaine des incapacités politiques qui pesaient sur les catholiques irlandais. Ceiis-ci la réclamërent pendant vingt années avec un ensemble et une perse - Téraoce infatigables; mais, par la seule voie des procédés lépux que l'association et la presse pouvaient leur fournir. Enfin, après tant d'efforts, ils l'oblinrent; et, le 13 avril 18S9, le parlement d'Angleterre adopta un bill, ea vertu duquel tout caUiolique peut être admis à y siéger sans élre astreint à renier sa foi. Cet acte brm le dernier chaînon des lois pénales sur lesquelles la persécution prolestante s'appuyait, et il âl entrer l'Irlande dans l'association constitutionnelle de l'Angleterre, dont elle n'avait été jusqu'alors que la sujette. Cette ère nouvelle sépare, donc nettement sa condition passée de ses destinées futures. Elle termine la quatrième époque de M. de Beaumont.

Les faits généraux que j'ai pu seulement indiquer ici sont développés par H. de Beaumont avec tous les détails hisloriqaes qui leur donnent le caractère local, et les marquent, pour ainsi dire, du signe de la vie: mais la courte et sèche analyse, que j'en ai dû faire, suffira du moins pour montrer toute l'utilité d'une introduction, qui établit si nettement, si exactement, les conditions prédisposantes de l'état social actuel que l'auteur voulait décrire. Elles sont en effet tellement fortes et décisives que cet Étal s'en peut déduire d'avance comme conséquence nécessaire, dans ses circonstances générales, et qu'il ne reste plus à l'auteur qu'il spécifier- tes formes particulières sous lesquelles ces conséquences se sont réalisées, ainsi que les limites qne l'obsenalion des résultats leur assigne. VoiU ce que fait H. de Beaumont dans la deuxième partie de son ouvrage.

Il trace d'abord la géographie physique de l'Irlande et décrit la distribution générée de la population qui l'habite. An nord,

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dans ts province d'Ulsler, qui louclia à l'Ecosse, le peuple otin un mélange, ea proportion presque égale, de catboliques indigènes et de presbytériens descendants d'anciens colons écossais. Dans les trois autres provinces, Leinsler, Hunster, et Connauc^t,. le peuple est entièrement catholique. Partout l'aristocratie ot protestante et anglicane : c'est une conséquence de son origine

' étrangère. Par une autre conséquence de la même cause, tout la sol lui ^partieot, la loi d'aînesse et les substitutions lui ajuit intégralement transmis ce que ses ancêtres avaient envahi par li

- conquête féodale, ou obtenu par les confiscations religieuus. Le peuple ne possède plus une seule parcelle de cette terre, qu jadis lui appartenait; il faut qu'il loue ses bras pour la cultirer, ou qu'il meure de faim ; car il n'a pas et ne sait pas d'autre iiH dustrie. Il y a dans le pays qu'il habite des institutions ci?iles, poUtiques, judiciaires ; il y a des universités enseignantes, uoe religion de l'État; en un mot, tous les ressorts de l'oi^anisalin sociale établis sous les formes légales et consLitutionnelles, afipropriées & une nation libre. Tout cela est ra dehors de lui et contre lui. Il est m^trisé, non prot^. Le système social dasi lequel il vit n'est point à son usage ; ce n'est pour lui qu'une fiction. Singulier spectacle dans le siècle où nous sommes, qu'une population, une nation tout entière si longtemps tenue sous ua tel joug, au sein de l'Europe, par un autre peuple que le rapprochement de situation, d'intérêts, de langage, semblerait devoir lui associer; surtout ce peuple étant lui-même éminemmait civilisé, éclairé, libre, et enfin chrétien comme cens qu'il a bsiiès li cruellement. M. de Beaumont développe tous les détails de ce fait soci^ avec une précision, une netteté et un intérêt exlrénics. Il examine et discute successivement la nature des diverses causes qui y concourent; il explique le caractère et l'action de l'aiistocralie irlandaise, des institutions politiques, de la justice légale, des corporations municipales, paroissiales, des corps enseignanls, des établissements rdigieux ; et, les mettant eu parallèle avec

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lei éMamils d'organisation absolument umblablas qui existent a Aiglet«rre, il montre avec évidence comment ici , oà ils sont inlimefltflnt incorporés à la masse de La population, Us penvent pnxtaire la sécurité, la liberté, fortifier le seotimeot religieux, développer les lumières, l'industrie et ta puissance nationale; tandis que 1&, en Irlaade, appropriés à un petit nombre d'indi- TÎdus, et presque seulement & une caste, ilen résulte l'oppression, la misère et l'abrutissement des masses. J'avais voulu extraire de l'onvrage quelques-uns des traits les plus saillants de ce tableau remarquable, mais j'ai renoncé à le faire parce qu'ils sont si iolî- Bement liés et enchaînés les uns aux autres, qu'on les appréderait mal si on les présentait isolés. Il faut les étudier ensemble dus l'ouvrage de H. de Beaumont; et cette impossibilité où je me suit trouvé, de séparer ce qu'il a joint li étroitement, estpeutttre le meilleur éloge que je puisse faire de son travail.

Hais après qu'U a fait ainsi connaître ce que l'on pourrait appdn te gouvernement fictif et superficiel de l'Irlande, il y montre l'existence non moins singulière d'une sorte de gouvernement ialérieur, indépendant du premier, et, pour ainsi dire, propre un masses ; né de la communauté des misères, des sentiments, des croyances, des passions, des intérêts ; aussi intimement incorporéà la nation que l'antre lui est étrauger ; obtenant une obéissance volontaire aussi générale et absolue que l'autre éprouve de ré^taoce et de baioe; renfermant ainsi, dans son essence, tous les principes d'un état républicain. Les deux ressorts de ce gouvernement réellement national, quoique non reconnu, et tout poitsanl, quoique sans légalité, sont le clergé catholique et l'as- «KïatHin irlandaise; deux pouvoirs qui n'ont d'existence que par rastentiment universel du peuple : le premier n'ayant d'autres retenus que les dons du pauvre; le second, de tribut queses onrandes volontaires; tous deux invarl^lement unis, et marchant ensemble sous le joug de la commune nécessité. Dirigés ujourd'hui l'un et l'autre par un cbef habile, auquel ils obéissent

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aveuglément, ils ont déjà réassi k obtenir de l'Angletent dei concessions immenses pour la liberté et la restauration de lar patrie, sans autres armes que des réclamaUonsconstitutionndla, exprimées aa nom de sept millions d'hommes. Le progrès inc«ssantde ctite conquête légale, les mouvements réguliers et di»plinés de cette grande stratégie politique, sont décrits dans I'ogvrage de H. de Beaumont avec une précision et un intérêt proportionnés à leur importance morale; mais ils touchent de trop prés aux intérêts du moment, pour que nous devions nous tn occuper dans un recueil essentiellement étranger à tonte politique actuelle. Nous devons,' par le même moUt, nous imposer une réserve plus grande encore Eur U dernière partie de l'ouvnge de M. de Beaumont, dans laquelle il propose la série des dksures politiques et législatives qu'il croit propres à cicatriser le plaies de l'Irlande, et à détourner les dangers qu'elle loi seniMc préparer h l'Angleterre dans l'aveDir. Les règles qni noos obligent & nous abstenir de traiter de pareils sujets, auraient peotétre été pour l'auteur lui-même des entraves utiles, si le hasiri de sa situation, ou ses réflexions propres les lui eussent- imposée- Car, malgré la sincérité et la droiture de cœur qu'il a poitie dans la discussion de ces matières délicates, malgré les études consciencieuses et profondes par lesquelles il s'y était prépaie, il est infiniment périlleux, sinon tout & fait impossible ponroa éUanger, de conseiller les mesures propres k préparer ravenir politique d'un pays différent du sien ; surtout lorsque l'actiaii d'une société aussi complexe que la société anglaise intervieiil dans ii production des résultats, comme cela a lieu ici nécessairement. Et, quoique cette dernière partie ait été inspirée i m. de Beaumont par des sentiments aussi purs que dilBciles à contraindre, peut-être son ouvrage aurait-il gagné en solidité, même en intérêt, s'il avait eu le courage de ne pas associer dn vues, inévitablement problématiques, & tant de vérités incontestables qu'il avait exposées si parfaitement.

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