IBIS. J. B
HÊLANQES BCienTiriQDBB IT LITTiRilIIBS. Itlt
chose & ce jugemeni, ce serait pour te oonflrmer, en rappelant l'impressioD qu^ produit la lecture des ouvrages de M. Lagrange. Ce a'est pas seulement le plaisir qui résulte d'une rédaction claire et bien ordoonée ; c'est un trait de lumière qui s'élatice, qui répand le Jour sur les effets les plus compliqués, et qui découvre k TDS regards surpris la route sûre et directe qui mène au but ob TOUS vouliez marcher. Lorsqu'on a une fois lu et compris un Mémoire de U. Lagrange, on n'a Jamais besoin d'y revenir; on a tout appris, et pour toujours. Helalivemcnt à cette généralité de Vues, il est bien au-dessus d'ËUler. Eu 1er, il est vrai, compense eu partie ce désavantage par une multiplicité de moyens extraordinaires, par une fécondité d'inveutiou que rien n'arrête. Les géomètres, en le Usant, apprennent tous les secrets de la science des mathématiques; mais M. Lagrange seul peut leur offrir le modèle de cette perfection presque idéale qu'il faut s'efforcer d'atteindre.
Après ce que nous venons de dire, nous n'aurions encore peint U. Lagrange que d'ilne manière très-imparfaite, si nous ne parlions pas de son esprit. Cet esprit était tel, qu'il aurait fait seul la réputation d'un homme qui n'aurait pas été H. Lagrange. Quel penseur que celui qui, pour se distraire des études les plus abstraites, avait choisi l'histoire des religions et celle de la médecine ! Il est vrai que, par suite de cet examen attentif. Il avait fini par ne guère plus croire à celte dernière ; mais son scepticisme était tellement simple, tellement tolérant, que si c'était une erreur, il était impossible de ne pas la lui pardonner. Cet homme, qui savait tant de choses, était surtout émerveillé de tout ce qu'on ne savait pas. Ces mots si simples, je ne sais pas, étaient son exprès- ' sion favorite : il commençait et terminait ordinairement ainsi l'exposition de ses doutes, qui étaient encore ses assertions les pliis prononcées. Il ne se payait pas volontiers de mots, et ne s'ai^ rêlait point aux surfaces. Il âtait aux opinions et aux choses t'enveloppe qui les couvrait ; et quand il les avait ainsi mises k nu.
12i HiLANGES SCIENTIFIQUES KT LtTTÊRAIBBS.
il en disait son avis, ordinairement d'one manière originale et vive, aussi remarquable par la prorondeur du sens que par la finesse de l'expression. On cile de lui une foule de mots heureux. Une personne pour laquelle il avait de l'amitié lui pariait un jour d'nne opinion qui, tour à tour adoptée et rejetée, admise et modiflée par les savants, avait fini par devenir un préjugé popnlûie : « Eh quoi ! dit H . Lagrange, cela vous étonne T cependant il ai € arrive toujours ainsi; les préjugés ne sont que la défroqne des < gens d'esprit qui habille la canaille. > Nous rapportons cette anecdote parce qu'elle montre bien la tournure de son es{H-it oI>servaleur*.
.Quoique sa Bgare fût belle, il n'avait jamab voulu permettre que l'on fit son portrait : il crojait que les productions de la pensée ont seules droit au souvenir. Si ses traits restent inconnas, la mémoire de son génie se conservera aussi longtemps qu'il ; aura sur la terre des peuples civilisés.
' Cette rélleiion philoaophiqDe Tut faite oecasionnellsnient pu tai, i oàai qui écrit cette note, d&in une cOBTenationfMnillèreqalaTiit eu lieakArcusil, diec H. L&place. On en pourrait dter bien d'autres de loi non moio^ piquaatM. n M plaisait dans la sociâté des refflines, peut'^tre en partie à cause de l'avantap qu'elle* ont en général d'Atre étrangères aai discussions ■clenUAquea, Hak leur ignorance même uui ce rapport, était encore pour lui on snjet d'obserration t car il se laissa aller, une fois, i me dire en coofldence : ■ La teie d'une femme est une éponge à préjugés. ■ Ken entendu que Je lui renvoie imite |b re^Kosabililé de ce propoa. J. B.